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Au Venezuela, pro-Maduro et pro-Guaido poursuivent la guerre d'usure

Des soutiens à l'opposant Juan Guaido manifestent à Caracas, le 6 avril 2019.
Des soutiens à l'opposant Juan Guaido manifestent à Caracas, le 6 avril 2019. Matias Delacroix, AFP

La journée de samedi a été marquée par une nouvelle mobilisation au Venezuela. Les partisans de Nicolas Maduro et ceux de Juan Guaido ont une fois de plus manifesté par dizaines de milliers.

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Des dizaines de milliers de Vénézuéliens ont manifesté samedi 6 avril pour soutenir le chef de l'opposition Juan Guaido et protester contre le président Nicolas Maduro, qu'ils considèrent responsable de la crise économique.

Juan Guaido a présenté les marches de samedi comme le début d'une nouvelle vague de manifestations "définitives" ayant pour but de chasser Nicolas Maduro du pouvoir. "On est là et on va y rester ! Tous dans la rue, pour la phase définitive qui mettra fin à l'usurpation !", a déclaré Juan Guaido, juché sur un camion équipé d'enceintes devant des milliers de partisans rassemblés dans l'est de Caracas, qui agitaient des drapeaux du Venezuela et des pancartes portant l'inscription "Liberté".

Pour que la mobilisation ne retombe pas, Juan Guaido a appelé à une nouvelle manifestation pour mercredi prochain. Celui qui à 35 ans préside le Parlement, seule institution vénézuélienne tenue par l'opposition, avait annoncé vendredi "la montée en pression la plus grande de l'histoire".

À Maracaibo, la deuxième ville du Venezuela, dans l'ouest, les forces de l'ordre ont violemment dispersé une manifestation et deux députés de l'opposition, Renzo Prieto et Nora Bracho, ont été arrêtés et brièvement détenus.

"Mettons toutes les cartes sur la table"

Le pouvoir chaviste, qui n'entend pas laisser la rue à l'opposition, a lui aussi fait descendre dans la rue des milliers de fidèles vêtus de rouge contre l'"impérialisme". "Ensemble, toujours mobilisés, continuons à défendre la paix et l'indépendance nationale. Halte à l'ingérence !", a écrit Nicolas Maduro sur Twitter.

Devant une foule de ses partisans rassemblés près du palais présidentiel de Miraflores, Nicolas Maduro a appelé plusieurs pays de la région à contribuer à l'établissement d'un dialogue intervénézuélien. "Le Venezuela demande un soutien et un accompagnement pour un grand dialogue de paix, d'entente", a-t-il déclaré.

Le Mexique et l'Uruguay avaient proposé en janvier de faciliter un dialogue entre Nicolas Maduro et Juan Guaido. Outre ces deux pays, le président socialiste a sollicité samedi la Bolivie et les pays des Caraïbes. "Mettons toutes les cartes sur la table", a-t-il dit, "et avec l'accompagnement du Mexique, de la Bolivie, de l'Uruguay et de la Caraïbe, le Venezuela peut organiser au plus tôt une table de dialogue avec tous les secteurs."

Jusqu'à présent, Juan Guaido a rejeté toute discussion avec le camp Maduro. Le pouvoir chaviste a renforcé ces derniers jours sa pression politique sur l’opposant, le privant de son immunité parlementaire, ce qui permet la poursuite de la procédure pénale engagée à son encontre. Juan Guaido a aussi été déclaré inéligible pour 15 ans.

Avec AFP et Reuters

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