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En Libye, la bataille pour Tripoli s'intensifie, l'UE appelle à un cessez-le-feu

Des miliciens locaux, appartenant à un groupe opposé à l'homme fort libyen Khalifa Haftar dans la ville côtière de Zawiya, à l'ouest de Tripoli, le 5 avril 2019.
Des miliciens locaux, appartenant à un groupe opposé à l'homme fort libyen Khalifa Haftar dans la ville côtière de Zawiya, à l'ouest de Tripoli, le 5 avril 2019. Mahmud Turkia, AFP

Lundi, les forces du maréchal Khalifa Haftar ont tenté d'avancer vers la capitale libyenne alors que le pays doit organiser une conférence nationale de la paix soutenue par la communauté internationale mi-avril.

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La Libye pourrait sombrer encore une fois dans le chaos. Lundi 8 avril, l'Union européenne a appelé une dernière fois le maréchal Khalifa Haftar à arrêter son offensive contre Tripoli et à revenir à la table des négociations pour éviter une guerre civile en Libye.

"J'ai appelé très fermement tous les dirigeants libyens, et en particulier Haftar, à arrêter toutes les opérations militaires et à revenir à la table des négociations sous l'égide de l'ONU", a annoncé la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, après une réunion avec les ministres des Affaires étrangères de l'UE au Luxembourg. "Nous n'avons pas adopté de conclusions, mais il y a eu un clair consensus pour appeler à arrêter toutes les opérations militaires en Libye", a-t-elle précisé.

Federica Mogherini a ensuite expliqué que l'appel était essentiellement adressé à l'homme fort de l'est libyen. "Qui a lancé une offensive, sinon Haftar ?", a-t-elle souligné. "Les États membres se sont montrés extrêmement unis", a-t-elle affirmé.

>> À lire aussi : "Qui s’affrontent sur le terrain en Libye ?"

Les combats se sont intensifiés autour de Tripoli, la capitale libyenne vers laquelle avancent les forces de Haftar. Lundi 4 avril, les autorités aéroportuaires libyennes ont suspendu le trafic aérien à Tripoli après la frappe aérienne qui a visé l'aéroport de Mitiga, le seul fonctionnel à Tripoli, selon la compagnie nationale Libyan Airlines et une source aéroportuaire.

Le gouvernement du Premier ministre Fayez al-Sarraj, reconnu par la communauté internationale, a annoncé avoir reçu le renfort de miliciens alliés venus de Misrata, une ville à l'est de la capitale. 

Déjà 2 800 déplacés selon l'ONU

L'Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar, qui a pendant des années combattu avec l'appui de l'Égypte et des Émirats arabes unis les groupes islamistes dans l'est du pays, a progressé ces derniers mois vers le sud du pays et annoncé la semaine dernière son intention de prendre le contrôle de Tripoli.

À la suite de la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est divisée entre un gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale, qui siège à Tripoli, et un gouvernement parallèle soutenu par Khalifa Haftar, qui dirige l'est du pays. L'ANL a annoncé que 19 de ses combattants avaient été tués ces derniers jours dans les combats pour Tripoli.

Le ministère de la Santé du GNA a quant à lui avancé lundi un bilan d'au moins 25 morts et 80 blessés dans les combats de ces jours-ci dans le sud de Tripoli. Ce bilan concerne aussi bien les combattants que les civils – une famille entière ayant péri dans les violences, a précisé à Reuters le porte-parole du ministère. Selon les Nations unies, les affrontements ont déplacé 2 800 personnes.

Dimanche, l'ANL a mené des frappes aériennes sur le sud de la capitale et tenté de progresser vers le centre à partir de l'ancien aéroport international. Les hommes d'Haftar étaient alors à une dizaine de kilomètres du centre de la capitale. Le gouvernement de Fayez al-Sarraj a fait état de 11 morts dans les affrontements et a précisé avoir reçu des renforts de Misrata, une ville côtière située à moins de 200 km à l'est de la capitale. L'opération "Volcan de la colère" a été lancée pour défendre la ville face à l'offensive d'Haftar.

La Conférence nationale de paix maintenue

L'ONU, qui a demandé une trêve pour évacuer les blessés, entend toujours organiser une conférence nationale de paix du 14 au 16 avril à Ghadamès, dans le sud-ouest du pays. L'émissaire spécial de l'ONU Ghassan Salamé a rencontré lundi Serraj à Tripoli pour étudier les moyens de l'aider "dans cette situation critique et difficile", indique sur Twitter la mission de l'ONU en Libye.

Après l'ONU, les États-Unis et le G7, l'Union européenne a réclamé lundi un cessez-le-feu et un retour à la table des négociations. La France a assuré lundi qu'elle n'était pas au courant des intentions du maréchal Haftar et qu'elle n'avait "aucun plan caché" à ce sujet, a déclaré une source diplomatique française en réaffirmant le soutien de Paris au gouvernement de Fayez al-Sarraj. "L'urgence en Libye est de protéger la population civile, faire cesser le feu et remettre les acteurs libyens autour de la table", a dit cette source.

>> À lire aussi sur France 24 : "Comment le silence de l'Occident a encouragé le maréchal Khalifa Haftar en Libye"

Signes des crispations, les zones d'ombres présumées entourant le rôle joué par la France ont fait l'objet samedi d'un entretien selon Paris – une convocation selon Tripoli – entre l'ambassadrice de France pour la Libye Béatrice le Fraper
du Hellen et le Premier ministre Fayez al-Sarraj.

Ce dernier "a été direct en demandant des explications sur notre rôle", a confirmé la source diplomatique française. "L'ambassadrice lui a redit que nous n'avions rien à voir avec cette offensive militaire, qu'au contraire nous avions fait passer des messages à Haftar pour le dissuader de marcher sur Tripoli et que nous allions refaire passer des messages".

Avec AFP et Reuters

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