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"Dégage Bensalah !" : les manifestants évacués par la police à Alger

La police d'Alger a fait intervenir un canon à eau contre les étudiants rassemblés devant la Grande Poste, dans la capitale algérienne, le 9 avril 2019.
La police d'Alger a fait intervenir un canon à eau contre les étudiants rassemblés devant la Grande Poste, dans la capitale algérienne, le 9 avril 2019. Ramzi Boudina, Reuters

La police d'Alger a tiré mardi des grenades lacrymogènes et fait usage d'un canon à eau pour évacuer des milliers d'étudiants qui protestent contre la désignation d'Abdelkader Bensalah au poste de président de l'Algérie par intérim .

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Des manifestants réunis dans le centre d'Alger, la capitale algérienne, se sont fait disperser, mardi 9 avril, par les forces de l'ordre qui ont fait usage de grenades lacrymogènes et de canons à eau, devant la Grande Poste, épicentre du mouvement de contestation.

Pour la première fois depuis le début de la contestation contre le système Abdelaziz Bouteflika, il y a plus de sept semaines, la police a tenté d’évacuer des milliers d’étudiants qui protestaient pacifiquement contre la nomination d’Abdelkader Bensalah en tant que président de l’Algérie par intérim le jour même.

Malgré l'intervention de la police, les étudiants, qui scandent "Bensalah dégage !", "Système dégage!" sont toujours présents devant ce bâtiment emblématique du cœur d'Alger, encerclés par des cordons de policiers anti-émeutes.

Selon plusieurs journalistes présents sur place, témoins directs de l’avancée du canon à eau, les manifestants ont répondu aux jets en chantant "djiboulna shampoing nwellou labes" ("Ramenez-vous du shampoing et on sera bien").

Par ailleurs, selon Hamdi Baala, journaliste au Huffington Post Algérie, les étudiants se rendaient par l’avenue Pasteur à la place Audin. Ils se sont fait stopper par les forces de l’ordre, qui ont tiré des grenades lacrymogènes à l’entrée du tunnel des facultés.

Un autre journaliste du même média, Mehdi Alioui, a constaté plusieurs interpellations de manifestants.

Les étudiants manifestent traditionnellement chaque mardi matin, sans incident, depuis le début de la contestation, avant de se disperser d'eux-mêmes en début d'après-midi. Amnesty Algérie, la branche algérienne de l'ONG de défense des droits de l'Homme a dénoncé la repression de la marche pacifique.

"Cette marche pacifique des étudiants est la première à être réprimée à Alger depuis le début de la mobilisation dont le pacifisme et le civisme ont été salués par l’opinion nationale et internationale. Nous rappelons que les manifestations massives se sont majoritairement déroulées dans le calme à Alger et dans le reste du pays depuis le 22 février. Les autorités algériennes se doivent de respecter le droit de manifester pacifiquement garanti par la Constitution. Les arrestations arbitraires de manifestants sont une violation flagrante du droit à la liberté d’expression et de réunion", a écrit l'ONG dans un communiqué partagé sur les réseaux sociaux.

"La force ne doit être utilisée qu’en dernier recours et, même à ce moment-là, elle doit être proportionnée et absolument nécessaire", a ajouté Hassina Oussedik, Directrice d’Amnesty International Algérie.

Dans la rue pour protester contre "3B"

Les Algériens continuent de manifester en masse chaque vendredi pour réclamer un changement du "système". Mardi 8 avril, Abdelakder Bensalah, proche de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika et président du Conseil de la Nation, chambre haute du Parlement, a été chargé mardi, comme le veut la Constitution, d'assurer un intérim de quatre-vingt-dix jours à la tête de l'État.  Outre Bensalah, deux autres responsables sont visés. La rue les nomme "3B", en référence aux trois hommes clés de l'appareil à qui la Constitution confie les rênes du processus d'intérim. Il s’agit le président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz et le Premier ministre, Noureddine Bedoui.

Avec AFP

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