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Européennes: pour son premier meeting, Jadot veut donner à voir "l'écologie en action"

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Villeurbanne (AFP)

La tête de liste EELV pour les européennes, Yannick Jadot, tient mercredi son premier grand meeting à Villeurbanne (Rhône), avec la volonté, dans un paysage où de nombreuses listes se réclament de l'écologie, d'imposer la sienne comme la seule réellement "cohérente".

Entre 800 et 1.000 personnes sont attendues au "Double Mixte", en présence notamment de la députée européenne et ancienne magistrate Eva Joly, et de Ska Keller, la présidente du groupe Verts-ALE. EELV ne prévoit qu'un second grand meeting, au Cirque d'Hiver à Paris le 22 mai, avec entretemps des "agora" sur un plus petit format.

Objectif de ce rassemblement: "montrer à quel point notre liste est pleine de gens divers qui sont l'écologie en action (...) Ce qui compte c'est l'écologie des faits, pas des mots", souligne l'entourage du député européen.

Des militants de la cause écologique interviendront dans la salle, dont le lanceur d'alerte Paul François, un agriculteur intoxiqué au Lasso qui bataille depuis 12 ans contre Monsanto et dans l'attente d'un nouveau jugement jeudi.

La liste EELV est confrontée pour cette élection à une vive concurrence sur son terrain, avec en numéro deux de la liste LREM l'ancien député européen EELV Pascal Canfin, en tête de la liste PS/Place publique Raphaël Glucksmann, chantre de la "social-écologie", et une liste France insoumise qui fait de l'"écologie populaire" son mantra.

Engagée auprès de M. Glucksmann, la militante écologiste Claire Nouvian n'a pas pris de gant mercredi matin sur France Inter, qualifiant EELV de "petite chapelle" incapable de "bousculer le jeu politique".

Réaction immédiate de Yannick Jadot sur Twitter: "Chère Claire Nouvian, la +petite chapelle verte inutile+ que vous méprisez sur France Inter a fait gagner tous les combats sur la pêche, y compris contre vos nouveaux amis du Parti socialiste".

Peut-être aussi une réponse à Jérémy Decerle, 4e sur la liste du parti d'Emmanuel Macron aux Européennes que M. Jadot a comparé à "une troupe de théâtre". "Je n'ai pas l'impression qu'il ait révolutionné les choses", a lancé l'ex-président des Jeunes agriculteurs sur France Info.

- "Parti charnière" -

Depuis le début de sa campagne, M. Jadot martèle lui la "cohérence" de sa liste, sur le fond comme sur la stratégie. "La cohérence, c'est qu'on dise et qu'on fasse à Paris ce qu'on dit et ce qu'on fait à Bruxelles", répète-t-il à l'envi, ne croyant à la conversion écologique ni du PS ni de LREM.

Il pointe aussi du doigt la stratégie selon lui brouillonne de M. Glucksmann, qui pourrait siéger au sein du groupe PSE, tandis que sa colistière Aurore Lalucq irait chez les Verts. "Regardez la crédibilité de son dispositif quand ils ne savent même pas où ils vont siéger les uns les autres !", ironise-t-il.

Le dernier sondage pour les élections européennes crédite EELV de 8% des intentions de vote, devant la liste de M. Glucksmann (5,5%), et au coude à coude avec celle de la France insoumise (8,5%).

Tête de liste de LFI, Manon Aubry tiendra au même moment que M. Jadot un meeting à Amiens, en présence des députés François Ruffin et Jean-Luc Mélenchon.

L'occasion peut-être pour le chef de file des Insoumis de réitérer ses critiques envers M. Jadot, après ses déclarations en faveur de la "libre entreprise et l'écologie de marché", et son évocation d'un "contrat de gouvernement" avec le prochain président de la commission.

Interrogé par l'AFP mardi, M. Jadot a clarifié sa position sur le sujet, rappelant que les Verts européens avaient leurs propres candidats à la présidence de la commission, Ska Keller et Bas Eickout.

Mais il s'est aussi dit prêt à soutenir un candidat qui s'engagerait sur trois points: réorienter la politique économique de l'UE pour se mettre "sur une trajectoire de 1,5° maximum de réchauffement climatique", "sortir en 15 ans des pesticides" et "en finir avec les accords de libre-échange".

Portés par la vague des "marches climat" à travers l'Europe, les écologistes espèrent représenter une force incontournable à l'issue du scrutin du 26 mai. "On risque d'être un parti charnière. A nous de fixer notre feuille de route !", dit la numéro 2 de la liste EELV, Michèle Rivasi.

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