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Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, arrêté par la police britannique

Julian Assange dans un fourgon de la police britannique, après son arrestation, le 11 avril 2019.
Julian Assange dans un fourgon de la police britannique, après son arrestation, le 11 avril 2019. Henry Nicholls, Reuters

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a été arrêté, jeudi, par la police britannique dans l'ambassade d'Équateur où il vivait réfugié depuis 2012. Il craignait d'être extradé aux États-Unis pour la diffusion de documents sensibles.

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La police britannique a arrêté, jeudi 11 avril, le fondateur du site lanceur d'alertes WikiLeaks, Julian Assange. Conduit peu après au tribunal, il a été reconnu coupable d'avoir enfreint les conditions de sa liberté conditionnelle en 2012, alors que la Suède réclamait son extradition dans le cadre d'une affaire de viol. Le lanceur d'alertes australien, qui a plaidé non coupable, connaîtra ultérieurement sa condamnation. Il risque au maximum douze mois de prison. Une autre audience concernant la demande d'extradition américaine aura lieu le 2 mai.

Julian Assange a été interpellé jeudi matin dans l'enceinte de l’ambassade d'Équateur à Londres, ce pays ayant mis fin au statut d'asile dont bénéficiait le lanceur d'alerte.

"Julian Assange, 47 ans, a été arrêté aujourd'hui, jeudi 11 avril, par des agents du service de la police métropolitain (MPS) à l'ambassade d'Équateur", a annoncé Scotland Yard, expliquant que l'arrestation a été menée en vertu d'un mandat de juin 2012 délivré par le tribunal londonien de Westminster, pour non présentation au tribunal.

Scotland Yard a ensuite expliqué dans un communiqué qu'il avait aussi été arrêté au terme "d'une demande d'extradition" des autorités américaines. L'Australien est accusé d'avoir aidé l'ex-analyste du renseignement américain Chelsea Manning à obtenir un mot de passe pour accéder à des milliers de documents classés secret-défense ensuite révélés au public. Il encourt 5 ans de prison outre-Atlantique.

"Au Royaume-Uni, personne n'est au-dessus des lois", a peu après commenté la Première ministre britannique, Theresa May, à la Chambre des Communes, louant le "grand professionnalisme" des policiers britanniques qui ont arrêté l'Australien.

Des condamnations de cette arrestation

Le président équatorien, Lenin Moreno, a souligné que Quito avait bien retiré à Julian Assange son statut d'asile diplomatique, en raison de violations répétées des conventions internationales, ainsi que la nationalité équatorienne.

Cette décision a été vivement critiquée par son prédécesseur l'ex-président équatorien Rafael Correa, exilé en Belgique depuis 2017. Il a accusé Lenin Moreno d’être le "plus grand traître de l'histoire latino-américaine".  "Cela met la vie d'Assange en danger et humilie l'Équateur. Jour de deuil mondial", écrit Rafael Correa sur son compte Twitter, dénonçant également "un crime que l'humanité n'oubliera jamais".

Le rapporteur spécial des Nations unies pour le droit au respect de la vie privée, Joe Cannataci, qui devait rencontrer Julian Assange le 25 avril à l'ambassade, a de son côté indiqué aux médias qu'il n'entendait pas annuler son voyage et prévoyait de "lui rendre visite et (de) lui parler dans un poste de police ou partout ailleurs au Royaume-Uni où il pourrait être détenu".

La Russie a aussi dénoncé cette arrestation. "La main de la ‘démocratie’ étrangle la liberté", a réagi sur Facebook la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova. "Nous espérons que tous ses droits seront respectés", a déclaré de son côté le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

Quant au lanceur d'alerte Edward Snowden, il a regretté un "jour sombre pour la liberté de la presse". "Les images de l'ambassadeur d'Équateur invitant la police secrète dans l'ambassade pour traîner dehors quelqu'un dont le travail journalistique,que ça plaise ou non, a été primé finiront dans les livres d'Histoire", a indiqué sur Twitter l'ancien consultant de la NSA.

Dans l’ambassade depuis 2012

C'est dans l'ambassade d'Équateur que l'Australien aux cheveux argentés avait trouvé asile le 19 juin 2012, déguisé en coursier, pour échapper à un mandat d'arrêt pour des accusations de viol et d'agression sexuelle en Suède qu'il a toujours rejetées, défendant la théorie d'un complot.

La justice suédoise a fini par classer l'affaire, mais Julian Assange, 47 ans, refusait de sortir, craignant toujours d'être arrêté par les autorités britanniques et d'être extradé et jugé aux États-Unis pour la diffusion en 2010 de plus de 700 000 documents sur les activités militaires et diplomatiques américaines.

Les explications de notre correpondant

De nouvelles poursuites ?

En accordant sa protection au fondateur de WikiLeaks, l'Équateur, alors présidé par Rafael Correa, une figure de la gauche sud-américaine, avait trouvé une occasion en or de narguer Washington. Mais tout a changé en 2017, avec l'arrivée au pouvoir de Lenin Moreno, pour qui la présence de Julian Assange constitue un "problème".

Le chef de l'État équatorien a accusé l'Australien de "violations répétées" des règles concernant son hébergement. Depuis octobre, Quito appliquait un protocole régissant  notamment ses visites et ses communications dans l'ambassade, en réaction à ce qu'il considérait comme de constantes ingérences d'Assange dans les affaires intérieures de l'Équateur et d'autres pays.

Le changement de ligne de Quito coïncide aussi avec le déclin de la popularité du "cyber-warrior". Son image s'est particulièrement brouillée avec la diffusion par sa plateforme, en 2016, à un moment-clé de la campagne présidentielle américaine, de milliers de courriels piratés provenant du Parti démocrate et de l'équipe d'Hillary Clinton, qui ont contribué à discréditer la candidate.

Mais les ennuis s’accumulent aujourd’hui pour Assange. L'avocate de la femme qui l’accuse de viol en Suède en 2010 a indiqué qu'elle allait demander au parquet la réouverture de l'enquête après cette arrestation.

Avec AFP et Reuters

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