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Brexit : l’intransigeance d’Emmanuel Macron pointée du doigt par la presse britannique

Le président français, Emmanuel Macron, à son arrivée au sommet européen pour le Brexit, au Parlement européen (Bruxelles), le 10 avril 2019.
Le président français, Emmanuel Macron, à son arrivée au sommet européen pour le Brexit, au Parlement européen (Bruxelles), le 10 avril 2019. Aris Oikonomou, AFP

Lors des discussions pour un report du Brexit, dans la nuit de mercredi à jeudi, Emmanuel Macron, opposé à l’idée d’un report trop long, s’est distingué par sa fermeté. La presse britannique n’a pas manqué de réagir.

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Emmanuel Macron aurait aimé qu’il en soit autrement, mais l'UE a donné son accord pour un report du Brexit au 31 octobre. Les dirigeants européens et la Première ministre britannique, Theresa May sont tombés d’accord, dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 avril pour un report du Brexit dans six mois. Le compromis, intervenu à la veille de la date butoir pour le retrait britannique, a été trouvé et soumis à la Première ministre britannique autour de 1h30 du matin. Les discussions ont opposé les défenseurs de l’octroi d’un délai plus long (en majorité) et les partisans d’un court report, au sein duquel la France, représentée par Emmanuel Macron, a fait montre d’une certaine intransigeance.

Point de vue isolé, mais décisif

Critiqué par plusieurs pays, le président français a dit "assumer" ce "rôle de clarté" et de "fermeté". Un rôle largement discuté par la presse britannique au lendemain de l’accord. Le président français est considéré responsable d'un report à octobre 2019 plutôt qu'à 2020.

"Après la pression exercée par la France, fermement opposée à une extension jusqu’à 2020, le Conseil européen a accepté un délai légèrement plus court, jusqu’à fin octobre", écrit The Independent, pour qui le raccourcissement du délai de report du Brexit est exclusivement dû à la France dans les discussions. Un délai qu’Emmanuel Macron avait déjà déclaré ne pas souhaiter voir dépasser le 30 juin 2019.

"Ce qui est indispensable, c’est que rien ne compromette le projet européen dans les mois à venir", a-t-il expliqué dans une vidéo reprise par la version numérique du tabloïd. "Nous avons une Renaissance européenne à conduire, j’y crois très profondément et je ne souhaite pas que le sujet du Brexit vienne nous bloquer sur ce point." Une déclaration que le chef de l’État a également tweetée, mercredi.

Des dirigeants européens "très irrités" par Macron

Mercredi soir, Emmanuel Macron a "irrité". Sa détermination à "maintenir le projet européen dans sa cohérence", lequel passait, selon lui, par une résolution rapide du Brexit alors que le référendum a été voté il y a trente-quatre mois, a fait l’objet d’un article entier du Guardian. Selon le quotidien d’information britannique, qui apporte de plus amples détails, mercredi soir à Bruxelles, le président français aurait insisté pour parler en dernier et insister sur son refus d’une extension du report au 31 décembre.

Si certains pays comme la Belgique se sont montrés attentifs aux arguments d’Emmanuel Macron, la France est restée plus ou moins isolée : la plupart des 27 pays de l’Union européenne (UE) ayant défendu une extension de neuf à douze mois. Une résistance du côté français qui n’a pas manqué d’agacer les dirigeants européens, comme le relate le Guardian en évoquant notamment une Allemagne "très irritée par Macron".

Finalement, au cours de ces quatre heures de discussions, au cours desquelles Emmanuel Macron a tenté, en vain, de convaincre ses homologues de pousser le Royaume-Uni hors de l’UE le plus rapidement possible, le président français a dû lâcher du lest et se résoudre au compromis.

Au terme "d'échanges tendus", évoqués par le Sun, dix-sept dirigeants européens, dont l’Allemagne, ont plaidé pour un long délai jusqu’au réveillon du Nouvel An, le 31 décembre 2019. Quatre ont soutenu la date du 31 octobre, et quatre autres ont soutenu un départ, l’été prochain. Emmanuel Macron, a quant à lui défendu une prolongation fixée au mois de juin, mais a également insisté pour le 7 mai. "Position la plus dure" relevée par le Daily Mail qui rappelle que le président français a insisté sur le fait que la Grande-Bretagne devait être "soumise à des règles strictes, afin d’éviter toute mauvaise conduite au cours du délai [quel qu’il soit]".

"Saboteurs"

La proposition d’extension au 31 octobre, soumise à Theresa May aux alentours de 1h30 a été acceptée, bien que cette dernière ait initialement plaidé pour un report au 30 juin seulement. Le Daily Mail rapporte d’ailleurs que l’ancien ministre britannique de l’Éducation, Tim Loughton, a qualifié les dirigeants européens de "saboteurs", exhortant le président français et la chancelière allemande à opposer leur veto à toute prolongation du délai, afin de "[nous] sortir de notre misère maintenant."

Après la décision de l’UE de reporter le Brexit au 31 octobre – jour de Halloween, avec lequel la presse britannique n’a pas manqué de faire le rapprochement –, la dirigeante conservatrice a annoncé qu'elle s’adresserait aux députés britanniques jeudi 11 avril. Elle poursuivra les discussions avec l'opposition travailliste pour tenter de trouver un compromis à même de rassembler une majorité parlementaire.

Avec AFP

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