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Paris-Roubaix: retour à la poussière

Séance de reconnaissance pour Peter Sagan et ses équipiers de Bora-Hansgrohe sur l'un des secteurs pavés de Paris-Roubaix, le 11 avril 2019
Séance de reconnaissance pour Peter Sagan et ses équipiers de Bora-Hansgrohe sur l'un des secteurs pavés de Paris-Roubaix, le 11 avril 2019 AFP/Archives
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Compiègne (AFP)

Retour aux origines du cyclisme, aux pavés, à la poussière: Paris-Roubaix accorde sa légende dans la 117e édition qui s'élance dimanche de Compiègne sans grand favori.

N'en déplaise à Peter Sagan, le tenant du titre, au Belge Greg Van Avermaet et à l'Allemand John Degenkolb, les deux autres anciens vainqueurs au départ des 257 kilomètres, aucun nom ne s'impose contrairement à l'habitude. Pas même Sagan, le Slovaque dont le rendement, cette saison, épouse l'humeur en ce qui concerne l'inconstance.

"Des pavés, ce sont des pavés. Rouler dessus n'est pas forcément ce qu'il y a de plus agréable", a-t-il coupé court après la traditionnelle reconnaissance. Une deuxième victoire de suite, le dernier à l'avoir fait étant le Belge Tom Boonen voici dix ans ? "Ce serait bien", a répondu Sagan. "Mais je ne veux pas y penser maintenant. Beaucoup de choses peuvent se passer à Paris-Roubaix. On verra bien ce qui arrive..."

- Stybar en pointe -

Riche d'aléas, même si les crevaisons se raréfient du fait de la généralisation des boyaux à large section, la "reine des classiques" exerce une incomparable fascination. A cause de son archaïsme, d'une paradoxale modernité à une époque qui voit les chemins non goudronnés recherchés par tant d'organisateurs. A cause des risques de chutes, de la brutalité des 54,5 kilomètres de pavés, de la frénésie qui s'empare de tous à l'entrée de la Trouée d'Arenberg, aux 500 premiers mètres désormais nettoyés de l'herbe qui rendait le passage encore plus glissant.

La "reine" fait peur aux coureurs de grands tours qui se tiennent au distance. Elle fait peur aussi à ses spécialistes, qui reviennent pourtant chaque année et veulent croire que leur fidélité sera un jour récompensée. Ainsi, le Belge Sep Vanmarcke et le Néerlandais Sebastian Langeveld, inspirés par l'exemple de leur coéquipier Alberto Bettiol (absent à Compiègne) au Tour des Flandres. Ou encore le Tchèque Zdenek Stybar, l'homme de pointe de l'équipe Deceuninck rétabli de ses récents ennuis de santé.

"C'est une course qui convient à notre équipe", rappelle Stybar, deux fois deuxième sur l'anneau du vélodrome roubaisien (2015, 2017). Mais, le constat s'impose: depuis 2014, le groupe de Patrick Lefevere, jadis irrésistible, a toujours trouvé son maître sur les mauvais pavés de l'Enfer. Stybar et ses coéquipiers (Gilbert, Lampaert, Asgreen), habitués à jouer en surnombre, sont prévenus.

- Degenkolb amoureux de la "reine" -

L'absence de grand favori -en attendant le prodige néerlandais Mathieu van der Poel qui a reporté ses débuts- peut inciter à la prise de risques. Comme Sagan, Degenkolb ou même Van Avermaet, le Norvégien Alexander Kristoff et le Belge Oliver Naesen ont les moyens d'attendre un sprint en petit comité. D'autres (Van Aert, Politt, van Baarle, Rowe, Benoot, voire Stuyven) doivent choisir une autre tactique.

Bien que le vent de face prévu puisse contrarier leurs intentions et favoriser une course bloquée, les attaquants sont attendus, mieux qu'espérés, dans une course souvent haletante, toujours épuisante. A coup sûr authentique. Que ce soit à Troisvilles, la porte de l'Enfer à 160 kilomètres de l'arrivée, à Mons-en-Pévèle et au Carrefour de l'Arbre, deux des trois secteurs (avec Arenberg) cotés au plus haut degré de difficulté par les organisateurs.

Pris de lyrisme, Degenkolb, vrai amoureux de la "reine des classiques" (il a contribué de sa poche au sauvetage de la course juniors), l'a dit jeudi: "Celui qui commence Paris-Roubaix est déjà un héros, celui qui le gagne obtient la gloire."

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