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En France, un match de Ligue 1 interrompu après des cris racistes

Prince-Désir Gouano interpelle les supporters lors du match entre Amiens et Dijon, le 12 avril 2019.
Prince-Désir Gouano interpelle les supporters lors du match entre Amiens et Dijon, le 12 avril 2019. Jeff Pachoud, AFP

La rencontre de Ligue 1 entre Dijon et Amiens a été interrompue plusieurs minutes vendredi en raison de cris racistes visant un joueur noir amiénois, dernière manifestation du racisme qui continue de gangréner le football en Europe.

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Après des incidents en Italie et en Angleterre, c’est au tour du championnat de France de football de connaître une interruption de match en raison de cris racistes. La rencontre entre Dijon et Amiens, vendredi 12 avril, a été provisoirement arrêtée après 77 minutes de jeu, le défenseur et capitaine d'Amiens, Prince-Désir Gouano, ayant été victime d’insultes.

"Je sors le ballon en corner, puis je me retourne pour encourager mes équipiers. Là, j'ai entendu des cris de singe. Je me suis dit :'Ce n'est pas vrai, on est au XXIe siècle, on est en France', a-t-il raconté au journal L’Équipe. "Je me suis retourné pour regarder d'où ce bruit provenait et s'il était bien en ma direction. Effectivement, il l'était."

Le joueur s’est alors dirigé vers l’auteur de ces cris : "J'ai décidé d'aller donner une seconde chance au monsieur en lui demandant si c'était bien à moi qu'il criait cela. Et il a confirmé en continuant ces bruitages-là." Prince Gouano a ensuite commencé à quitter le terrain en lançant vers son banc de touche : "C'est fini, on joue plus, je ramène mes coéquipiers, on rentre dans le vestiaire."

Solidaires, les joueurs se sont arrêtés et certains, dont Prince-Désir Gouano sont allés échanger avec les supporters. L'arbitre Karim Abed a également demandé à la personne en charge des annonces dans le stade de faire "bien passer le message, que si ça se reproduit, on arrête". Le match a finalement repris pour se terminer sur le score de 0 à 0.

Un individu interpellé

À l’issue de la rencontre, les réactions de soutien se sont multipliées. Réagissant à cet incident, l'entraîneur d'Amiens Christophe Pélissier a dit espérer des sanctions "contre la personne qui a fait ça". Le président du club de Dijon, Olivier Delcourt, a précisé qu'une plainte serait déposée "contre l'individu qui a fait cette chose inadmissible". "Ce qui est arrivé est très grave", a-t-il insisté.

De son côté, le coach dijonnais Antoine Kombouaré a également appelé de ses vœux à des sanctions contre l'"idiot qui a fait ça". "Il va falloir trouver des solutions, prendre des mesures car ce n'est plus admissible", a ajouté le technicien originaire de Nouvelle-Calédonie, à qui "cela rappelle de mauvais souvenirs".

Cet incident a aussi été condamné par la Ligue de football professionnel (LFP), qui a assuré le soir-même qu'elle allait "étudier les suites judiciaires à donner" à ces faits. "Dès ce soir, le club de Dijon a identifié l'auteur des insultes racistes qui a ensuite été interpellé", a ajouté la LFP dans son communiqué, tandis que la commission de discipline "se saisira du dossier" mercredi.

La condamnation du club de Dijon

Des incidents racistes qui se répètent

En l'espace de dix jours, les incidents racistes, bien ancrés dans les stades de football de longue date, ont assombri de nombreuses rencontres en Europe. La veille du match Dijon - Amiens, les équipes anglaises de Liverpool et Chelsea avaient déjà condamné les propos tenus jeudi par plusieurs supporters qui avaient entonné un chant dans lequel la superstar égyptienne des Reds, Mohamed Salah, était qualifié de "poseur de bombes". La vidéo avait largement circulé sur les réseaux sociaux avant que Chelsea n'affronte le Slavia Prague en Ligue Europa. Trois personnes identifiées sur la vidéo ont vu leur accès au stade refusé.

Arsenal a pour sa part ouvert une enquête afin d'identifier le supporter qui, dans une vidéo, tient des propos racistes envers le défenseur franco-sénégalais de Naples Kalidou Koulibaly pendant son quart de finale aller de Ligue Europa. En décembre, l'attaquant de Manchester City Raheem Sterling avait aussi été la cible d'insultes à Chelsea tandis qu'un supporter de Tottenham avait jeté une peau de banane en direction du Gabonais d'Arsenal Pierre-Emerick Aubameyang.

La semaine dernière, le champion du monde français Blaise Matuidi et le jeune international italien Moise Kean ont été la cible de cris de singe lors de la victoire de la Juventus Turin à Cagliari. Les deux joueurs noirs avaient fini le match excédés par les cris venus des tribunes, et la situation, récurrente dans le pays, a provoqué une nouvelle introspection en Italie.

Mais au lieu de dénoncer les agissements de leurs supporters, des dirigeants de Cagliari ont préféré stigmatiser la célébration de but de Moise Kean, immobile, silencieux et les bras écartés devant la tribune hostile. Même Leonardo Bonucci, propre coéquipier de Kean à la Juventus, a estimé que "la faute" était "partagée à 50-50", avant de concéder qu'il avait parlé trop vite et de condamner "toute forme de racisme".

Avec AFP

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