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Changement climatique : en Iran comme en Irak, le danger de la montée des eaux

Des véhicules au bord d'une zone inondée au nord de Bassorah, dans le sud de l'Irak, le 10 avril 2019.
Des véhicules au bord d'une zone inondée au nord de Bassorah, dans le sud de l'Irak, le 10 avril 2019. Hussein Faleh, AFP

Tandis que le bilan des inondations qui touchent l'Iran depuis près d'un mois se monte à 76 morts, la situation s'avère aussi inquiétante en Irak. Le taux de remplissage des barrages dans le pays fait craindre une crue des eaux.

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Les inondations qui touchent l'Iran depuis près d'un mois ont fait 76 morts et causé des dégâts pour environ 2 milliards d'euros, selon de nouvelles estimations officielles publiées dimanche 14 avril alors que l'est du pays reste placé en alerte.

"Le bilan est passé à 76 morts avec le décès de cinq personnes dans les inondations dans la province du Khouzestan et d'une autre dans la province d'Ilam", indique un communiqué publié sur le site Internet de l'institut médico-légal national.

Situées dans le Sud-Ouest, le Khouzestan et Ilam sont les dernières provinces à avoir été frappées par les inondations provoquées par les pluies torrentielles qui s'abattent sur l'Iran depuis le 19 mars. Ces intempéries ont contraint les autorités à évacuer au total plusieurs centaines de milliers de personnes.

Une conséquence du changement climatique

Cité par l'agence officielle Irna, le ministre de l'Intérieur Abdolréza Rahmani Fazli a déclaré dimanche au Parlement que25 des 31 provinces du pays ont été touchées par les inondations et que le montant des dégâts était compris entre 300 000 et 350 000 milliards de rials iraniens (entre 1,93 et 2,25 milliards d'euros au taux du marché libre).

D'après le chef de la météorologie nationale, Sahar Tajbakhch, les inondations sont dues "au changement climatique et au réchauffement" de la planète, et ne signifient pas nécessairement la fin de la sécheresse chronique qui touche l'Iran, selon l'agence semi-officielle Isna. Plusieurs pays ont envoyé une aide matérielle à l'Iran pour l'aider à faire face au fléau. L'ambassade de France à Téhéran a d’ailleurs annoncé samedi avoir remis au Croissant-Rouge iranien "114 motopompes et 210 tentes" pour l'aider à faire face à la situation.

Des niveaux d’eau inédits en Irak

Dans le même temps, le voisin irakien est lui aussi sous la menace d’importantes inondations. Le taux de remplissage des barrages dans le pays atteint en effet des niveaux historiques, inégalés depuis des décennies.

Le réservoir du barrage de Doukan a dépassé sa capacité de sept milliards de mètres cubes, un niveau jamais atteint "depuis 1988" selon sa direction. Les réservoirs des barrages de Darbandikhan et de Hamrine sont "quasiment pleins" et celui du barrage de Mossoul contient actuellement neuf milliards de mètres cubes, pour une capacité de onze, selon le ministère des Ressources hydrauliques.

Les autorités assurent que la situation est sous contrôle, mais le spécialiste de l'environnement Azzam Alwash, interrogé par l’AFP, estime que le barrage de Mossoul présente des risques car il a été construit sur de la gypse, une roche qui se dissout dans l'eau. Si cela n'est pas fait au plus vite, poursuit le scientifique, "il y aura des dégâts irréversibles et qui pourraient avoir des conséquences catastrophiques".

La montée des eaux menace 2 000 familles dans la province de Missane, dans le sud, tandis qu'elle paralyse la ville de Mossoul. Les deux principaux ponts sur le Tigre y sont actuellement hors d'usage et provoquent des embouteillages monstres, notamment de camions de marchandise. Le pont de Samarra, à une centaine de kilomètres au nord de Bagdad, est aussi en passe d'être inondé alors que le lac de Tharthar voisin qui sert de réservoir a atteint un record historique.

Des semaines de précipitations en mars et en avril ont grossi les cours d'eau d'Irak, selon un rapport publié sur le site de la Mission d'assistance des Nations unies en Irak (UNAMI). Le haut niveau du Tigre avait notamment joué un rôle dans un naufrage ayant fait une centaine de morts à Mossoul fin mars.

Avec AFP

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