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Courte victoire des sociaux-démocrates en Finlande, juste devant l'extrême droite

Le patron du parti social-démocrate finlandais, Antti Rinne, le 14 avril 2019, célébrant sa victoire aux élections législatives.
Le patron du parti social-démocrate finlandais, Antti Rinne, le 14 avril 2019, célébrant sa victoire aux élections législatives. Antti Aimo-Koivisto, Lehtikuva, AFP

Les sociaux-démocrates ont remporté dimanche les élections législatives en Finlande, disposant d'une courte avance sur le parti d'extrême droite des Vrais Finlandais. Les négociations pour former un gouvernement s’annoncent compliquées.

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Cela faisait vingt ans que ce n’était plus arrivé. Les sociaux-démocrates ont remporté une très courte victoire en Finlande sur le parti d'extrême droite des Vrais Finlandais aux élections législatives, dimanche 14 avril, selon les résultats définitifs du scrutin, dans un contexte d'inquiétude pour l'avenir du système de protection sociale et la politique migratoire.

Le Parti social-démocrate (SDP) finlandais d'Antti Rinne est donné vainqueur avec 17,7 % des voix, contre 17,5 % pour la formation anti-immigration et eurosceptique dirigée par Jussi Halla-aho, selon les résultats publiés par le ministère de la Justice.

Le Parti de Coalition nationale (centre droit) du ministre des Finances sortant Petteri Orpo est troisième avec 17,0 % des voix, et le Parti du Centre du Premier ministre Juha Sipila, quatrième avec 13,8 %.

Augmenter les impôts pour renforcer l'État-providence

Antti Rinne, un ancien syndicaliste âgé de 56 ans, pourrait être le premier chef de gouvernement social-démocrate en Finlande depuis vingt ans, à condition de réussir à mettre en place une alliance au sein d'un Parlement fragmenté. "Pour la première fois depuis 1999, nous sommes le plus grand parti en Finlande", s'est félicité Rinne. "Le SDP est le parti du Premier ministre", a-t-il ajouté.

Le SDP n'a plus gagné de législatives depuis sa victoire au scrutin de 1999 mais a servi par la suite de force d'appoint à différentes alliances gouvernementales.

Une victoire des sociaux-démocrates, qui ont mené campagne sur la nécessité d'augmenter les impôts pour renforcer l'État-providence et combattre les inégalités économiques, marque aussi une inflexion des tendances observées dans les pays scandinaves.

Mais la poussée dans les urnes des Vrais Finlandais, avec qui la plupart des autres partis excluent de coopérer, pourrait compliquer la tâche de Rinne.

Un résultat observé à Bruxelles

Le résultat devrait également être largement commenté à Bruxelles. À l'issue des élections européennes de la fin mai, les Vrais Finlandais comptent s'allier à la Ligue italienne de Matteo Salvini et à d'autres partis d'extrême droite au Parlement européen afin de peser sur la politique continentale.

La campagne a été marquée par un climat de tension. À trois semaines du scrutin, le ministre des Affaires étrangères, Timo Soini, ex-membre fondateur des Vrais Finlandais qui en est parti en 2017 pour créer le parti Réforme bleue, a été menacé en pleine tournée électorale par un homme portant un sweat-shirt marqué du logo des Soldats d'Odin, un groupuscule d'extrême droite. L'agresseur a été maîtrisé par la sécurité avant de pouvoir le frapper.

La présidente du parlement sortant, Paula Risikko, s'est publiquement interrogée sur l'impact des discours politiques. "Les mensonges et les confrontations sont le carburant des violences politiques. On devrait les traiter avec une égale gravité", a-t-elle dit.

Au total, 19 partis étaient en lice aux législatives, dont huit sont actuellement représentés à l'Eduskunta, le parlement monocaméral finlandais.

Avec Reuters

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