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Notre-Dame de Paris, un joyau de plus de huit siècles ravagé par les flammes

La construction de Notre-Dame de Paris, entamée au milieu du XIIe siècle, s'est étalée sur environ 200 ans.
La construction de Notre-Dame de Paris, entamée au milieu du XIIe siècle, s'est étalée sur environ 200 ans. Ludovic Marin, AFP

La cathédrale Notre-Dame de Paris, dévastée lundi soir par un incendie, est un édifice emblématique de la France et le monument historique le plus visité d'Europe. Sa construction, qui a démarré au XIIe siècle, s'est étalée sur près de 200 ans.

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C’est un chef-d’œuvre de l'architecture gothique, célèbre dans le monde entier et emblématique du patrimoine français, qui a été ravagé par les flammes, lundi 15 avril. Entre 12 et 14 millions de personnes, soit une moyenne de plus de 30 000 par jour, visitent chaque année la cathédrale de Notre-Dame de Paris, situé sur l'île de la Cité, au cœur du Paris médiéval.

>> Retrouvez notre liveblog sur l'incendie de Notre-Dame de Paris

La construction de cette église, entamée au milieu du XIIe siècle, s'est étalée sur environ 200 ans. Au cours de la Révolution française, de nombreux actes de vandalisme visent la cathédrale, qui voit sa flèche démontée, son trésor pillé et les grandes statues du portail détruites.

Épargnée par deux conflits mondiaux

Les révolutionnaires y ont même organisé un "Culte de la raison" le 10 novembre 1793, peu avant que le culte catholique ne soit interdit à Paris. La cathédrale se retrouve transformée en entrepôt.

Rendue au culte en 1802, elle sera le personnage central d'un roman de Victor Hugo publié en 1831. Peu après, l’architecte Eugène Viollet-le-Duc sera notamment chargé de sa restauration. Il travaillera jusqu'à la fin de ses jours sur ce vaste chantier d'une vingtaine d'années.

Notre-Dame a été épargnée par les deux conflits mondiaux et ce sont ses cloches qui ont annoncé, le 25 août 1944, la libération de Paris. Plus récemment, les neuf cloches géantes de la cathédrale ont été remplacées en 2013.

Les trésors de Notre-Dame de Paris

L'édifice renferme des reliques vénérées par les catholiques, un orgue aux dimensions remarquables et de nombreuses oeuvres d'art.

La plus précieuse relique conservée à Notre-Dame est la Sainte Couronne, posée, selon la croyance des catholiques, sur la tête de Jésus peu avant sa crucifixion. Elle se compose d'un "cercle de joncs réunis en faisceaux et retenus par des fils d'or, d'un diamètre de 21 centimètres, sur lequel se trouvaient les épines", selon le site de la cathédrale. Cette relique a été "sauvée" des flammes ce lundi, tout comme la tunique de saint Louis, également conservée dans la cathédrale, selon son recteur.

Notre-Dame dispose aussi de trois orgues dont le plus remarquable a cinq claviers, 109 jeux et près de 8 000 tuyaux. Construit à partir du XVe siècle, l'orgue s'étoffe progressivement, jusqu'à atteindre au XVIIIe siècle sa taille actuelle. Il traverse la Révolution sans dommages, "grâce sans doute à l'interprétation de musiques patriotiques" selon le site de la cathédrale.

Entre 1630 et 1707, la corporation des orfèvres parisiens offrait chaque 1er-Mai une toile à la cathédrale. Sur ces 76 "grands Mays", 13 sont aujourd'hui présentés dans les différentes chapelles de la nef.

Sur le mur ouest de la Chapelle Saint-Guillaume est accroché l'un des plus beaux tableaux de la cathédrale, La Visitation de Jean Jouvenet (1716) chef d'oeuvre du XVIIIe siècle, et vestige du choeur baroque de la cathédrale.

La flèche, qui fut l’œuvre de l’architecte Viollet-le-Duc, datait du XIXe siècle. Elle culminait à 93 mètres et s'est effondrée lundi.

La charpente de la cathédrale, totalement partie en fumée, faisait elle aussi partie des trésors de l'édifice, du fait de sa taille (une centaine de mètres de long et 13 mètres de large) mais aussi de la "forêt" et des chênes centenaires qui la composaient. Certaines poutres dataient même du XIIe siècle.

Deux mille offices chaque année

En ses murs ont été célébrés la victoire de la Seconde Guerre mondiale, le début du procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc, le mariage d'Henri de Navarre, futur Henri IV, avec Marguerite de Valois, le sacre de Napoléon Ier et, plus récemment, les cérémonies funèbres en l'honneur de chefs de l'État, comme Raymond Poincaré et le général de Gaulle, et de grands personnages, comme Paul Claudel ou l'Abbé Pierre.

La cathédrale, qui est aussi un sanctuaire marial élevé au rang de basilique continue d'assurer ses fonctions d'édifice religieux : cinq offices y sont célébrés quotidiennement, et sept les dimanches. Avec les fêtes et célébrations exceptionnelles, ce sont plus de 2 000 offices qui résonnent chaque année sous ses voûtes.

Elle est aussi le point de départ kilométrique de toutes les routes nationales qui partent de Paris.

Ces dernières années, l'édifice a vécu au rythme des tragédies du pays, sonnant par exemple le glas au lendemain de l'assassinat des caricaturistes du journal satirique Charlie Hebdo en janvier 2015. Les plus hautes autorités civiles et religieuses s'y étaient aussi rassemblées en juillet 2016 pour une messe d'hommage au père Jacques Hamel, égorgé par deux jihadistes dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen.

En septembre 2016, non loin de ce symbole de l'Europe "croisée" combattue par la propagande de l'organisation État islamique (EI), une voiture chargée de bonbonnes de gaz avait été découverte. Un commando de trois femmes de 19, 23 et 39 ans, téléguidé de Syrie par l'EI selon le procureur, avait été arrêté dans l'Essonne.

En juin 2017, un policier avait été attaqué au marteau sur le parvis de la cathédrale par un jihadiste disant agir "pour la Syrie".

Avec AFP

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