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Débat des "Spitzenkandidaten" sur France 24 : qui sont Manfred Weber et Frans Timmermans ?

Le débat de France 24, mercredi 17 avril, oppose la tête de liste du PPE Manfred Weber (à gauche) à Frans Timmermans, chef de file du PSE.
Le débat de France 24, mercredi 17 avril, oppose la tête de liste du PPE Manfred Weber (à gauche) à Frans Timmermans, chef de file du PSE. AFP

France 24 diffuse, mercredi, à 21 h, un débat entre Manfred Weber (PPE), et le numéro 2 de l'exécutif européen, Frans Timmermans (PSE), tous deux candidats à la succession de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne.

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En toile de fond des élections européennes se joue un tout autre enjeu : la présidence de la Commission européenne. Alors que le mandat de Jean-Claude Juncker prend fin en novembre, les prétendants à sa succession ont été investis en tant que chefs de file de leur groupe parlementaire. Dans le jargon européen, on les appelle les "Spitzenkandidaten". 

France 24 organise, mercredi 17 avril, le premier face-à-face entre les deux principaux Spitzenkandidaten. D’un côté, Manfred Weber, du premier groupe au Parlement européen, le Parti populaire européen (PPE) et de l'autre, la tête de liste du Parti socialiste européen (PSE), Frans Timmermans. Depuis 2014, le président de la Commission est nommé par le Conseil européen et le Parlement.

En tant que chef de file du groupe le plus important au Parlement, Manfred Weber semble bien placé pour accéder au poste. Ce Bavarois de 46 ans est soutenu par le parti allemand CSU, l'aile conservatrice bavaroise de la CDU d'Angela Merkel. Avec son slogan "le pouvoir du nous", Manfred Weber mise sur la proximité avec les citoyens, persuadé qu’il faut “se reconnecter avec les gens, avec leurs préoccupations, prendre en compte leurs craintes et y apporter des réponses".

Weber, homme de compromis

Le chef du groupe PPE au Parlement européen depuis 2014 défend aussi une “Europe unie et forte”. Dans cette optique, ce catholique affiché se pose en homme de compromis entre l’est et l’ouest de l’Union européenne et assure vouloir “ériger des ponts”. En matière d’immigration - enjeu clé de la campagne - il joue à l’équilibriste en défendant à la fois l’approche humaniste de l’ouest et les revendications de l’est sur la protection des frontières extérieures. Il veut notamment privilégier le traitement des demandes d’asile en dehors de l’Europe. En revanche, il ne transigera pas sur son refus de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.

Parmi ses autres propositions : la mise en réseau de la recherche médicale européenne pour parvenir à vaincre le cancer, une juste imposition pour les GAFA et la création d'une brigade européenne de cyberdéfense pour parer aux attaques informatiques.

Soutien d’Orban

Néanmoins, son profil n’est pas conforme à celui d’un président de Commission : contrairement à tous ceux qui ont occupé cette fonction, il n’a jamais été ministre et n’a donc pas d’expérience du pouvoir exécutif. Il n'est pas non plus connu du grand public et il ne parle pas français.

Mais ce qui reste bel et bien de l'encombrer, c'est le soutien de Viktor Orban, leader du Fidesz et membre du PPE, dont les idées sont loin d’être chrétiennes-démocrates. Pour éviter tout reproche vis-à-vis des dérives d’Orban, le PPE a suspendu la formation hongroise jusqu’aux élections européennes du 26 mai prochain. L’expulser aurait été trop délicat pour le groupe conservateur qui aurait dû se priver de ses 12 eurodéputés…

Timmermans, défenseur de l’État de droit

Face à lui, Frans Timmermans (PSE), 58 ans, aura à cœur de se positionner comme le fervent défenseur de l’État de droit. Principe qu’il a largement défendu durant cinq ans en tant que vice-président de la Commission européenne, face aux récentes politiques controversées des gouvernements conservateurs de Pologne, Hongrie et Roumanie.

Dans une interview accordée au Financial Times, ce Néerlandais de centre-gauche a récemment affirmé que la lutte contre le nationalisme et la protection des valeurs de l’UE constituerait sa priorité lors des élections. Il est aussi connu pour défendre la liberté de circulation et des règles de taxation plus justes concernant les multinationales.

Formation fragilisée

Autre avantage sur son CV : la renommée de l’ancien ministre des Affaires étrangères des Pays-bas (2012-2014) qui n'est plus à faire sur la scène européenne. Certains le qualifient de "meilleur communicant de l’UE du XXIe siècle".

Mais ses ambitions pourraient être freinées par l’affaiblissement à la fois aux Pays-bas de sa formation sociale-démocrate, le PvdA, passée dans l'opposition depuis 2017, mais aussi au Parlement européen de son groupe parlementaire. Pour avoir une chance de décrocher le poste, il mise sur une remobilisation des troupes pour limiter les dégâts mais n’exclut pas de constituer une majorité progressiste avec les libéraux de l’ALDE (qui pourraient compter dans leurs rangs les eurodéputés La République en Marche d’Emmanuel Macron). En revanche, il ne veut d'une "alliance politique avec l’extrême droite sous aucun prétexte".

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