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L'oncle de Bachar al-Assad jugé en France pour des biens mal acquis

Une photo de Rifaat al-Assad, datant de juin 2000.
Une photo de Rifaat al-Assad, datant de juin 2000. Arab News Network, AFP

Rifaat al-Assad, l'oncle du président syrien Bachar al-Assad, devra comparaître devant un tribunal en France, cinq ans après le début d'une enquête qui s'est attachée à remonter à l'origine douteuse de son vaste empire immobilier.

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Rifaat al Assad, oncle de Bachar, a été renvoyé devant un tribunal correctionnel en France, où il est accusé de s'être bâti un patrimoine immobilier de plusieurs dizaines de millions d'euros avec de l'argent détourné dans son pays d'origine.

Le juge Renaud Van Ruymbeke, chargé de ce dossier de "biens mal acquis", a retenu contre lui les charges de blanchiment en bande organisée de détournement de fonds publics et de fraude fiscale aggravée mais également de recours au travail dissimulé.

La justice soupçonne Rifaat al Assad, âgé de 81 ans, de s'être constitué frauduleusement une fortune immobilière dans plusieurs pays avec des fonds provenant de Syrie. Le juge s'est notamment appuyé sur des témoignages évoquant des "détournements syriens (...) à l'époque où il occupait des fonctions officielles importantes", selon son ordonnance de renvoi signée le 15 avril.

Un train de vie luxueux

Résident britannique, partageant sa vie entre la France et Londres, le frère de l'ex-président syrien Hafez al-Assad est soumis depuis sa mise en examen en juin 2016 à un contrôle judiciaire qui limite ses déplacements.

Depuis la première plainte de l'ONG Sherpa, qui avait déclenché l'ouverture d'une information judiciaire en avril 2014, la justice française cherchait à comprendre comment l'oncle de Bachar al-Assad, qui se disait sans "aucune fortune" en Syrie, avait pu monter un vaste empire immobilier en Europe, évalué pour la France à 90 millions d'euros, parmi lesquels un hôtel particulier situé avenue Foch, artère cossue de Paris. Il possède également 507 propriétés en Espagne d'une valeur totale de 700 millions d'euros, qui ne sont toutefois pas au coeur de l'enquête française.

Rifaat al-Assad a toujours fermement contesté ces accusations "qui reposent sur des analyses parfaitement erronées, des raccourcis et des témoignages d'opposants politiques historiques qui se contredisent", avaient déclaré ses avocats Pierre Haïk, Pierre Cornut-Gentille, Julien Visconti et Benjamin Grundler, le mois dernier, après les réquisitions du parquet national financier.

>> À lire : Récupérer l’argent des biens mal acquis pour aider les réfugiés

"Le symbole historique est fort qu'un ancien responsable du pouvoir sanguinaire de Damas (...) rende des comptes pour des crimes d'argent qui ne doivent pas faire oublier les crimes de sang qu'il a commis", a réagi auprès de l'AFP William Bourdon, président-fondateur de Sherpa.

Ancien pilier du régime, Rifaat al-Assad fut le chef des forces d'élite de la sécurité intérieure, les Brigades de défense, qui avaient durement réprimé en 1982 une insurrection islamiste à Hama ayant fait entre 10 000 et 40 000 morts, selon les estimations. Deux ans plus tard, il est contraint à l'exil, après un coup d'État manqué contre son frère, qui tenait le pays d'une main de fer de 1971 à 2000.

Cette affaire de biens mal acquis est la deuxième qui arrivera devant un tribunal français après le procès en 2017 du vice-président de Guinée équatoriale, Teodorin Obiang, condamné à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d'euros d'amende, également avec sursis. Il doit être rejugé en appel en décembre.

Avec AFP et Reuters

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