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Le monde de plus en plus dangereux pour les journalistes, selon RSF

Une manifestation de soutien aux journalistes de Reuters emprisonnés en Birmanie, Wa Lone et Kyaw Soe Oo, à Rangoun, le 16 septembre 2019.
Une manifestation de soutien aux journalistes de Reuters emprisonnés en Birmanie, Wa Lone et Kyaw Soe Oo, à Rangoun, le 16 septembre 2019. Ann Wang, Reuters

Selon le rapport 2019 de l'ONG Reporters sans frontières (RSF), la liberté de la presse ne cesse de se dégrader dans le monde, avec "un accroissement des dangers et un niveau de peur inédit dans certains endroits".

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"La haine des journalistes a dégénéré en violence", prévient l'ONG Reporters sans frontières (RSF) dans son rapport 2019 sur la liberté de la presse dans le monde, publié jeudi. Sur la carte du monde, seulement 24 % des 180 pays et territoires étudiés affichent une situation "bonne" ou "plutôt bonne" pour la liberté de la presse, contre 26 % en 2018.

"Globalement, les journalistes ne travaillent plus dans des conditions idéales", relève Pauline Ades-Mevel, responsable du bureau Europe et Balkans de RSF, invitée de France 24. "On retient donc la peur des journalistes d'investigation, les pressions subies et une méfiance à l'égard de la profession."

Dans son rapport, l'ONG constate "un accroissement des dangers et, de ce fait, un niveau de peur inédit dans certains endroits" pour les journalistes. Le harcèlement, les menaces de mort, les arrestations arbitraires, font de plus en plus partie des "risques du métier".

Aux États-Unis (48e, -3 places), un climat toujours plus hostile s'est installé : "Jamais les journalistes américains n'avaient fait l'objet d'autant de menaces de mort", et jamais non plus ils n'avaient "autant sollicité d'entreprises privées pour assurer leur sécurité", souligne RSF. En juin, quatre journalistes et une employée d'un quotidien du Maryland, la Capital Gazette, ont été tués dans une fusillade.

Au Brésil (105e, -3 places), la campagne présidentielle ponctuée de "discours de haine" et de désinformation "augure d'une période sombre pour la démocratie et la liberté de la presse" selon l'ONG.

En queue du classement, le Turkménistan succède à la Corée du Nord : la plupart des médias y sont contrôlés par l'État, les derniers correspondants clandestins de médias en exil sont "pourchassés sans relâche", condamne Reporters sans frontières.

"RSF appelle les parlementaires européens à prendre position"

En Europe, qui reste la zone la plus sûre en principe, les journalistes "doivent aujourd'hui faire face aux pires menaces", décrit RSF : le meurtre à Malte, en Slovaquie et en Bulgarie, des attaques verbales et physiques en Serbie ou au Monténégro, ou un niveau inédit de violences lors des manifestations de Gilets jaunes en France (32e, +1 place), de la part des policiers comme des manifestants.

"Il y a un certain nombre de pays où la situation était correcte, voire bonne, et où elle l'est de moins en moins", souligne Pauline Ades-Mevel. "Pour les journalistes, l"Europe est plus facile à appréhender que d'autres continents mais RSF profite des élections européennes qui se profilent pour appeler les futurs parlementaires à prendre position pour la liberté de la presse", ajoute-t-elle.

Avec AFP

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