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Nouvelle crise à La France insoumise en conflit avec l'un de ses candidats aux européennes

Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon en meeting pour les européennes à Nîmes, le 5 avril 2019
Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon en meeting pour les européennes à Nîmes, le 5 avril 2019 AFP
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Paris (AFP)

Critique au vitriol d'un Jean-Luc Mélenchon "autocrate" et aux "méthodes staliniennes", accusation en retour de "harcèlement sexuel": la confrontation jeudi entre la France insoumise et son candidat aux élections européennes Thomas Guénolé ouvre une nouvelle crise chez les Insoumis.

Après le départ fracassant du candidat aux européennes Djordje Kuzmanovic fin novembre, l'exclusion de l'ancien porte-parole François Cocq en janvier par un simple tweet de Jean-Luc Mélenchon et une lettre interne de cadres dénonçant quelques jours plus tard le manque de démocratie en interne, c'est un nouveau conflit qui éclabousse la campagne de LFI, qui a déjà du mal à décoller. Le parti est aussi visé par des enquêtes sur les comptes de la campagne 2017 et sur les conditions d'emploi d'assistants d'eurodéputés.

Le politologue Thomas Guénolé, responsable de l'Ecole de formation de LFI et candidat en 14e position - non éligible en l'état actuel des intentions de vote, autour de 8% - a ouvert les hostilités publiques tôt jeudi matin avec un communiqué explosif sur le fonctionnement interne du mouvement.

"Comment peuvent-ils plaider sans relâche pour une vraie démocratie en France, eux qui organisent LFI comme une dictature?", s'y interroge-t-il. "Tandis que le soulèvement historique des +gilets jaunes+ exige le RIC (référendum d'initiative citoyenne, ndlr) et la démocratie directe, Jean-Luc Mélenchon, lui, gouverne LFI en autocrate."

"Distant des militants de terrain, l'appareil central fonctionne comme une toile d'araignée: des cercles de plus en plus étroits, jusqu'à +JLM+ au centre qui in fine décide de tout ce qui compte en symbiose avec Sophia Chikirou", dont le retour pour les européennes avait provoqué le retrait de la tête de liste pressentie, Charlotte Girard, attaque Thomas Guénolé.

Sophia Chikirou, au centre de l'enquête en cours sur les comptes de la campagne LFI de 2017 pour des soupçons de surfacturation de prestations de communication, ne figure pas dans l'organigramme de campagne pour les européennes du 26 mai.

Mais interrogée en mars par l'AFP, elle indiquait que sa société Mediascop était prestataire, tandis qu'elle s'occupait à titre personnel de la coordination de l'alliance européenne "Maintenant le peuple" et d'opérations "comme la levée de fonds pour financer la campagne ou autres productions qu'on me demande".

- "Contre-feu" -

Sollicitée jeudi par l'AFP, La France insoumise a réagi sans tarder par la voix de son comité électoral: "Nous découvrons avec stupeur le communiqué de Thomas Guénolé qui instrumentalise des prétextes politiques pour sa défense".

Le comité explique ainsi "avoir reçu un signalement d'une jeune femme dénonçant des faits pouvant s'apparenter à du harcèlement sexuel de la part de Thomas Guénolé", et avoir en conséquence saisi sa "cellule de veille et de vigilance".

Une mise en cause à laquelle Thomas Guénolé faisait allusion dans son communiqué: "Fort +opportunément+, les dirigeants de la France insoumise se mettent à employer contre moi des méthodes staliniennes: m'accuser de choses sur la base de rumeurs mais refuser de me communiquer le moindre document m'incriminant précisément ; faire pression sur moi pour que je retire +spontanément+ ma candidature LFI à l'élection européenne."

Un cadre du Parti de gauche, composante fondatrice de LFI, raconte à l'AFP qu'une "longue enquête" a été menée dans la discrétion, à l'issue de laquelle "il avait été proposé à Thomas Guénolé d'être entendu".

Pour la députée LFI de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain, qui a par le passé exprimé publiquement des doutes sur le fonctionnement interne du mouvement, "les questions qu'il soulève comme le poids de Jean-Luc Mélenchon et les modes de décisions existaient avant même qu'il soit candidat sur la liste", et devront en effet "être à l'ordre du jour après les européennes".

"Qu'est-ce qui lui prend de publier une telle charge, à un mois d'une élection? Il lui prend qu'il a une plainte pour harcèlement sexuel", fulmine-t-elle, regrettant "qu'il décide d'opérer un contre-feu".

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