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Le rapport Mueller ne permet pas de blanchir Donald Trump des soupçons d'entrave à la justice

Le ministre américain de la Justice, William Barr, lors d'une conférence de presse le 18 avril 2019.
Le ministre américain de la Justice, William Barr, lors d'une conférence de presse le 18 avril 2019. Win McNamee, Getty Images / AFP

Le procureur spécial Robert Mueller n'a pas été "en mesure" d'exonérer le président américain Donald Trump des soupçons d'obstruction à la justice, peut-on lire dans son rapport rendu public jeudi.

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Le procureur spécial Robert Mueller, chargé de mener l'enquête russe, a indiqué ne pas être "en mesure" d'écarter les soupçons d'entrave à la justice pesant sur le président américain Donald Trump, selon son rapport publié jeudi portant sur 22 mois d'investigations.

"Si nous étions sûrs, après une enquête rigoureuse, que le président n'a clairement pas commis d'entrave à la justice, nous le dirions. Sur la base des faits et des standards légaux applicables, nous ne sommes pas en mesure de prononcer ce jugement", a écrit Robert Mueller.

Selon le rapport, Donald Trump a cherché à limoger le procureur spécial. Le 17 juin 2017, le président américain a "ordonné" au chef des services juridiques de la Maison Blanche, Don McGahn, d'accuser Robert Mueller de "conflits d'intérêt" et de demander "sa révocation". Don McGahn a refusé de s'y plier, écrit le procureur spécial dans son rapport.

Il existe également des "preuves substantielles" selon lesquelles l'ancien directeur du FBI James Comey a été évincé pour avoir refusé de déclarer publiquement que le président n'était pas visé par une enquête.

L'analyse de Jean-Éric Branaa, maître de conférences à l'Université Paris II Assas

"Pas de collusion. Pas d'entrave. Game over"

Quelques instants avant la publication du texte, le ministre américain de la Justice, William Barr, avait déclaré dans une conférence de presse que le procureur spécial n'avait trouvé aucun élément permettant de dire que le président Donald Trump s'était rendu coupable d'entrave à la justice.

"Le gouvernement russe a essayé d'interférer dans notre processus électoral mais grâce à l'enquête minutieuse du procureur spécial, nous savons que les agents russes qui ont entrepris ces desseins n'ont pas reçu l'aide du président Trump ou de la campagne Trump", a-t-il déclaré lors d'une allocution avant la publication du rapport.

Après 22 mois d'investigations, Robert Mueller a remis le 22 mars son rapport confidentiel à William Barr, lequel a publié deux jours plus tard une note de synthèse de quatre pages résumant les "principales conclusions" de l'enquête.

"Pas de collusion. Pas d'entrave (à la justice). Game over", a réagi jeudi le locataire de la Maison Blanche sur Twitter avec une affiche inspirée de "Game of Thrones", pendant l'allocution de William Barr.

"Une partialité regrettable"

L'opposition démocrate a de son côté critiqué le ministre de la Justice, nommé par Donald Trump, l'accusant de gérer avec "une partialité regrettable" la communication autour du rapport que lui a remis par le procureur spécial Robert Mueller, un ancien chef respecté du FBI.

Ce document pourrait permettre à Donald Trump de se tourner résolument vers sa campagne de réélection à la Maison Blanche. Mais les démocrates se tiennent à l'affût, convaincus que Donald Trump et William Barr ont œuvré ensemble pour dissimuler des actes à mettre au passif du président. Si c'est le cas, ils useront de tous les moyens en leur pouvoir, à commencer par leur contrôle de la chambre basse du Congrès, pour relancer les poursuites.

Les démocrates ont demandé jeudi à Robert Mueller de témoigner à la chambre des représentants d'ici le 23 mai. William Barr a dit qu'il ne s'y opposerait pas.

Avec Reuters et AFP

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