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Après Notre-Dame, Macron contraint de revoir sa sortie du grand débat

Emmanuel Macron à l'Elysée après son allocution sur Notre-Dame de Paris, le 16 avril 2019
Emmanuel Macron à l'Elysée après son allocution sur Notre-Dame de Paris, le 16 avril 2019 POOL/AFP/Archives
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Paris (AFP)

Après la trêve politique imposée par l'incendie de Notre-Dame, Emmanuel Macron se prépare à défendre face aux Français ses réponses au grand débat et à la crise des "gilets jaunes", déjà en bonne partie dévoilées par les médias.

Drôle de semaine pour le chef de l'Etat. Alors qu'il espérait lancer "l'acte II" du quinquennat par une allocution puis une conférence de presse, il a dû tout annuler à la dernière minute lorsque la cathédrale de Paris a été ravagée par les flammes lundi.

Mais les annonces qu'il devait faire ont fuité dans les médias, annihilant ainsi l'effet de surprise escompté.

De ce fait, Emmanuel Macron est contraint de revoir sa communication: il ne peut reprendre exactement le même discours. Ni, par souci de cohérence, supprimer ou changer profondément ses décisions. En revanche il peut les préciser, nombre d'entre elles étant au départ assez vagues, puisqu'elles devaient être détaillées deux jours plus tard lors d'une conférence de presse mercredi, annoncée en "format long".

"Tout est susceptible d'être amélioré et approfondi", souligne l'entourage du président de la République. "Certaines annonces ne seront pas modifiées, comme celles sur la baisse des impôts, sur la réindexation des petites retraites ou sur la suppression de l'ENA. Pour le reste, rien n'interdit de les compléter ou d'en ajouter". Et cette fois, tout devrait être annoncé et expliqué en une seule vague.

L'Elysée n'avait pas encore précisé vendredi la nouvelle date et la nouvelle forme de l'intervention présidentielle, qui pourrait avoir lieu en milieu de semaine prochaine, devant les médias. Mais le timing est serré en raison de la proximité des élections européennes du 26 mai, un enjeu majeur pour Emmanuel Macron.

Il lui est difficile de faire une nouvelle allocution télévisée après celle de mercredi sur Notre-Dame. S'adresser "par écrit" aux Français peut être une solution, mais au vu de la nécessité de longues explications, plusieurs autres hypothèses restent sur la table, comme une interview ou une conférence de presse.

- "A la hauteur" -

Trêve oblige, les réactions politiques aux mesures ayant fuité sont restées timides, même si elles ont commencé à enfler avant le week-end de Pâques.

Le membre dirigeant du Rassemblement national Nicolas Bay a ainsi déclaré vendredi ne se faire "aucune illusion": Emmanuel Macron "va faire comme en décembre: un propos solennel, et finalement rien". Il a jugé "dérisoires" les annonces ayant fuité.

"C'est du rafistolage", a critiqué Manon Aubry, tête de liste de LFI aux européennes tandis que, pour le Premier secrétaire du PS Olivier Faure, Emmanuel Macron "a renversé un tabouret" alors qu'"il promettait de renverser la table". Les écologistes ont regretté l'absence d'annonces sur la biodiversité et l'environnement.

Les principales mesures annoncées semblent pourtant répondre aux attentes des Français, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting publié jeudi par Le Figaro et Franceinfo: 77% approuvent une baisse d'impôt pour les personnes payant les premières tranches de l'impôt sur le revenu, 74% la réindexation sur l'inflation des retraites inférieures à 2.000 euros et 74% la suspension des fermetures d'écoles et d'hôpitaux jusqu'à la fin du quinquennat.

En revanche, la suppression de l'Ecole nationale d'administration (ENA), l'annonce la plus commentée, ne répond aux attentes que pour 37% des personnes interrogées.

En ayant décidé de consacrer l'essentiel de son temps à la catastrophe de Notre-Dame - visite sur les lieux, conseil des ministres dédié, hommage aux pompiers, annonce très ambitieuse d'une reconstruction dans les cinq ans - Emmanuel Macron est jugé "à la hauteur de l'événement" par 62% des Français, selon un sondage BVA publié vendredi.

Ce dernier montre une hausse de 3 points de sa popularité, à 32% de bonnes opinions, soit son niveau de septembre 2018, avant la crise des "gilets jaunes". Mais son impopularité reste massive avec 67% d'opinions négatives.

L'exécutif passe samedi un nouveau test cinq mois après le début du mouvement social. Plus de 60.000 policiers et gendarmes seront mobilisés pour l'acte 23 des "gilets jaunes", avec la crainte de nouvelles violences de la part des casseurs, a annoncé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

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