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Libye : intensification des combats au sud de Tripoli

Les forces loyales au gouvernement d'union nationale (GNA) venant de prendre le contrôle de la zone d'al-Aziziyah, à 40 km au sud de Tripoli, le 18 avril 2019.
Les forces loyales au gouvernement d'union nationale (GNA) venant de prendre le contrôle de la zone d'al-Aziziyah, à 40 km au sud de Tripoli, le 18 avril 2019. Mahmud Turkia, AFP

Les combats redoublent d'intensité à Tripoli, alors que les forces du gouvernement d'union nationale, reconnu par la communauté internationale, ont lancé une attaque contre les troupes du maréchal Haftar.

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Plusieurs frappes aériennes et des explosions ont secoué la capitale libyenne, Tripoli, dans la nuit de samedi à dimanche, après une journée de violences dans les quartiers sud de la ville.

Les combats se sont intensifiés samedi 20 avril aux portes de Tripoli, après l'annonce par les forces loyales au gouvernement d'union nationale (GNA) d'une "phase d'attaque" contre les troupes du maréchal Khalifa Haftar lancées à la conquête de la capitale libyenne.

Les troupes de l'Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar, l'homme fort de l'est du pays, ont lancé cette offensive le 4 avril contre le GNA, seul gouvernement reconnu par la communauté internationale.

Depuis plusieurs jours, les positions étaient figées dans la banlieue sud de Tripoli. Mais après avoir contenu la progression de l'ANL, "nous avons commencé la phase d'attaque", a déclaré samedi à l'AFP Moustafa al-Mejii, un porte-parole de l'opération militaire du GNA.

"Des ordres ont été donnés dès les premières heures de la matinée pour avancer et gagner du terrain", a-t-il affirmé.

Cette contre-attaque intervient après l'annonce par la Maison Blanche d'un entretien téléphonique entre le président Donald Trump et Haftar sur une "vision commune pour la transition de la Libye vers un système politique démocratique et stable".

Les deux hommes ont notamment discuté "de la nécessité de parvenir à la paix et à la stabilité en Libye", selon la Maison Blanche, indiquant que le président américain a "reconnu le rôle significatif du maréchal Haftar dans la lutte contre le terrorisme et la sécurisation des ressources pétrolières de Libye".

Frappes aériennes

Dans plusieurs quartiers de la capitale libyenne, de lourdes détonations de tirs de roquettes et d'obus ont été entendus dans la matinée.

Une équipe de l'AFP sur place a confirmé une progression des forces pro-GNA à Ain Zara, dans la banlieue sud de Tripoli, où la ligne de front s'est déplacée de quelques kilomètres vers le sud.

La Force de protection de Tripoli – coalition de milices tripolitaines pro-GNA et appuyée par la force anti-terroriste de la ville de Misrata – a aussi avancé à Wadi Rabie, également dans la banlieue sud de Tripoli, à la faveur d'une attaque à "l'artillerie lourde et aux armes de calibre moyen dès les premières heures de la matinée", a indiqué à l'AFP un commandant de cette force sur le terrain.

Ce commandant, qui s'exprimait sous couvert d'anonymat, déplorait "huit blessés seulement jusqu'ici".

Sept frappes aériennes ont été menées contre des positions militaires de l'ANL, notamment au sud de Gharian, située à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Tripoli, ainsi que contre la base aérienne d'al-Wotya, à une cinquantaine de kilomètres plus loin, selon un autre porte-parole, le colonel Mohamad Gnounou.

De son côté, l'ANL a affirmé qu'elle "prenait le contrôle de plusieurs nouvelles positions sur les fronts des combats à Tripoli".

"Nos forces progressent alors que les milices du GNA battent en retraite sur tous les fronts", a-t-elle indiqué sur sa page Facebook officielle, ajoutant que "des renforts sont arrivés sur les fronts – des brigades militaires, des bataillons de l'armée – pour (remporter) la bataille le plus tôt possible".

Situation bloquée à l'ONU

Depuis le début de l'offensive de Haftar, le 4 avril, les combats ont fait au moins 220 morts, 1 066 blessés et plus de 30 000 déplacés, selon l'ONU, qui redoute d'une reprise des affrontements dans ce pays régulièrement secoué par les conflits depuis la chute de Mouammar Khadafi en 2011.

Son émissaire en Libye, Ghassan Salamé, a mis en garde jeudi 18 avril contre un "embrasement généralisé" du pays, jugeant dans un entretien à l'AFP que l'offensive d'Haftar avait été "encouragée" par les divisions internationales.

Avec AFP

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