Accéder au contenu principal

Contre les "fake news", l’accès aux réseaux sociaux bloqué au Sri Lanka

Des gens prient dans la rue au lendemain des attaques perpétrées au Sri Lanka.
Des gens prient dans la rue au lendemain des attaques perpétrées au Sri Lanka. Mohd Rasfan, AFP

Après les attaques dimanche dans plusieurs églises et hôtels du Sri Lanka, le gouvernement a décidé de réduire temporairement l’accès aux réseaux sociaux. Une mesure d’urgence rare, mais déjà utilisée dans le pays l’an passé.

Publicité

Pour la nuit de lundi à mardi, le gouvernement du Sri Lanka a décrété la mise en application d’un couvre-feu, de lundi 20 h, heure locale, à mardi, 4 h du matin. Une décision prise après la série d’attaques perpétrées dans des églises et des hôtels de luxe du pays, faisant 290 morts et plus de 500 blessés. Une restriction s’applique par ailleurs aux réseaux sociaux, puisque depuis dimanche, l’accès à Facebook, WhatsApp, Instagram ou encore Twitter était fortement ralenti, voire impossible.

Dans un bref communiqué officiel, le secrétaire d’État à la présidence Udaya Seneviratne a justifié cette décision prise "dans le but d'empêcher la propagation d'informations incorrectes et fausses", avant de préciser que "ceci est seulement une mesure temporaire". Les réseaux sociaux seront à nouveau disponibles "à la fin des investigations en cours".

Bien que cette mesure soit assez rare, le Sri Lanka avait déjà bloqué ponctuellement l’accès aux réseaux sociaux en 2018, et ce pendant plusieurs jours. Après la mort le 3 mars d’un Cinghalais bouddhiste à la suite d'une dispute dans une station-service, une série de "fake news" répandues via plusieurs sites, dont Facebook, mettait en cause des musulmans. Cela avait mené à une vague de violences envers la communauté musulmane du pays, qui représente environ 10 % de la population.

Les réseaux sociaux peuvent être utilisés à bon escient lors d’attaques terroristes ou de catastrophes naturelles. Depuis octobre 2014, Facebook a mis en place l’outil "Safety Check", un bouton qui permet de prévenir ses proches que l’on se trouve en sécurité en cas d’événement dramatique. En 2015, l’outil avait été déployé en France pour la première fois lors des attentats du 13 novembre. Plus de 5 millions de personnes s’en étaient alors servi.

Mais les réseaux sociaux peuvent également être source de désinformation ou de rumeurs dangereuses pour la sécurité des pays. En juillet 2018, Whatsapp a ainsi décidé de limiter en Inde l’utilisation du bouton "partager un contenu" à cinq conversations au maximum dans le pays, dont la population est l’une des plus actives au monde sur le réseau social. Une mesure considérée comme efficace contre les fake news, et donc étendue dès janvier 2019 à tous les utilisateurs de l’application.

En Nouvelle-Zélande, une polémique était née il y a quelques semaines lors de l’attentat de Christchurch. La diffusion de la tuerie en direct sur Facebook pendant 17 minutes avait suscité une vague d’indignation, et surtout rappelé les défaillances dans la modération des contenus sur les réseaux sociaux. Des réseaux sociaux qui doivent répondre à une pression de plus en plus forte pour que les propos incitant à la violence et/ou au terrorisme soient davantage contrôlés.

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.