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Rattrapée par son passé, Nathalie Loiseau regrette "une vraie connerie"

Nathalie Loiseau, le 4 avril 2019, lors du débat entre les têtes de liste françaises aux élections européennes sur France 2.
Nathalie Loiseau, le 4 avril 2019, lors du débat entre les têtes de liste françaises aux élections européennes sur France 2. Bertrand Guay, AFP

La tête de liste LREM Nathalie Loiseau, qui fait campagne sur la lutte contre le populisme, a tenté mardi d'éteindre l'incendie provoqué par la révélation de sa présence sur une liste d'extrême droite lorsqu'elle était étudiante en 1984.

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Décidément, la campagne de Nathalie Loiseau a du plomb dans l’aile. La tête de liste de La République en marche aux élections européennes (26 mai), Nathalie Loiseau, a été la cible de l'opposition, mardi 23 avril, après des révélations de Mediapart sur son engagement passé aux côtés de militants d'extrême droite, alors qu'elle était étudiante.

L'ancienne ministre des Affaires européennes s'était présentée en 1984, lorsqu'elle était à Sciences-Po Paris, sous l'étiquette de l'UED, un syndicat issu du Groupe union défense (GUD) prônant l'union des droites, a révélé lundi le site d'information Mediapart. Il s'agissait d'élections des délégués étudiants au conseil de direction et à la commission paritaire de l'établissement.

Parmi les sept autres candidats sur cette liste figurait Christophe Bay, un haut fonctionnaire ayant contribué officieusement au programme de la candidate du Rassemblement national (RN) en 2017, précise le média en ligne.

>> À lire : Élections européennes : "Les questions sociale et environnementale seront au cœur de la campagne"

La candidate aux élections européennes, qui se présente comme un rempart contre Marine Le Pen, chef de file du RN aux élections de mai prochain, a d'abord nié les faits avant de répondre qu'elle avait "complètement oublié cet épisode".

Elle a expliqué au site d'information avoir été "approchée pour participer à une liste qui voulait accentuer le pluralisme à Sciences-Po, et qui cherchait des femmes" et ne s'est pas "plus que cela intéressée à cette liste".

"J'aurais sans doute dû regarder de plus près de quoi il s'agissait", a-t-elle dit à Mediapart. "Si ceux qui étaient sur la liste avaient un agenda extrémiste, je ne les ai pas fréquentés, je ne l'ai pas perçu, et si c'est le cas c'est une erreur. Si j'avais identifié des membres du GUD sur cette liste, évidemment que je n'aurais pas accepté d'y figurer."

Vives critiques de l’opposition

"Pas surprenant qu'elle ne veuille débattre qu'avec Jordan Bardella, cela doit lui rappeler sa jeunesse !", a réagi la tête de liste de La France insoumise (LFI), Manon Aubry, sur Twitter.

"Je regrette de découvrir que Mme Loiseau a tenté de nier l'évidence avant d'être mise devant les faits", a réagi sur Radio Classique la tête de liste des Républicains (LR), François-Xavier Bellamy. Selon lui, "il faudrait montrer un peu plus d'humilité quand on a ces expériences passées."

"Comment mettre en scène cet espèce de discours moralisateur qui voudrait opposer d'un côté les discours progressistes, populistes, quand soi-même on a eu ce type d'engagement dans sa jeunesse ?", a-t-il ajouté.

Pour la tête de liste du Parti communiste français (PCF), Ian Brossat, qui s'est exprimé sur Twitter, "on a le droit de changer d'avis, mais pour une formation politique qui fait toute sa com' autour de l'idée qu'elle constitue LE rempart face à l'extrême-droite, ça fait drôle..."

"J’aurais dû regarder qui étaient les autres colistiers"

Face au tollé suscité par ces révélations et des explications qui n’ont pas convaincu grand monde, Nathalie Loiseau a tenté mardi de se justifier une nouvelle fois. "C'est une erreur d'il y a 35 ans mais j'ai 35 ans de vie, d'engagement personnel politique pour porter les valeurs de liberté, de démocratie, de respect, de tolérance", a-t-elle ajouté sur Twitter à la mi-journée. "J'entends certains aujourd'hui me prêter une proximité avec l'extrême droite. C'est révoltant. C'est le contraire de ma vie, de mon engagement depuis 35 ans."

Un peu plus tard, l’ancienne ministre des Affaires européennes a qualifié sur Franceinfo cette candidature remontant à 1984 de "vraie connerie". "J’aurais dû enquêter, j’aurais dû regarder qui étaient les autres colistiers", a-t-elle concédé.

Du côté de La République en marche, on fait le dos rond. La députée LREM Sonia Krimi a déclaré sur Sud Radio avoir été "choquée" mais dit avoir compris les explications de Nathalie Loiseau. "C'était une liste qui rassemblait la droite, peut-être était-elle comme Raphaël Glucksmann (candidat Place publique) qui veut rassembler la gauche", a-t-elle ajouté. "Je considère que c'est une erreur de jeunesse."

"Rien de mieux pour nuire à Nathalie Loiseau qu’une erreur d’aiguillage qui remonte à 35 ans ? Rassurant, non ? Toute sa vie de fonctionnaire et de politique démontre son aversion pour les extrémismes", a plaidé sur Twitter le chef de file des députés LREM, Gilles Le Gendre.

Avec AFP et Reuters

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