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Quand le mariage entre personnes de même sexe fait reculer l'homophobie

Bruno Boileau et Vincent Autin, le premier couple homosexuel à se marier officiellement en France, en mai 2013.
Bruno Boileau et Vincent Autin, le premier couple homosexuel à se marier officiellement en France, en mai 2013. Boris Horvat, AFP

S’il a permis aux couples de même sexe de se marier, le mariage pour tous aurait également contribué à faire changer les mentalités des Américains. C’est en tout cas ce qu’une récente étude menée aux États-Unis met en lumière aujourd’hui.

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Il y a six ans, le 23 avril 2013, 331 députés votaient l'autoristation en France le mariage des couples du même sexe. Le projet de loi, présenté par Christiane Taubira, alors ministre de la Justice, est officiellement adopté le 17 mai 2013, après avoir été jugé conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel.

Une loi adoptée depuis dans plusieurs pays du monde, notamment aux États-Unis. Depuis le 26 juin 2015, tous les États américains reconnaissent le mariage homosexuel – bien que certains avaient déjà adopté la loi avant cette date. Et selon une étude de la Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (PNAS), une revue scientifique américaine, la légalisation du mariage enter personnes de même sexe aurait contribué à faire reculer les préjugés homophobes.

Une diminution des préjugés homophobes

Publiée le 15 avril 2019, l’étude a été réalisée sur environ un million de participants de 35 États différents des États-Unis, entre 2005 et 2016. "Notre travail met en lumière la façon dont les lois peuvent influencer les comportements individuels, même lorsque ces opinions sont très ancrées", explique l’un des auteurs de l’étude, Eric Herman, professeur de psychologie à l’Université McGill au Canada. Pour résumer, le chercheur et son équipe ont demandé aux participants au fil des années leur "degré de sympathie" envers les personnes homosexuelles. Et les résultats ont montré que les préjugés homophobes ont diminué deux fois plus vite après l’adoption de la loi. Le passage de la législation fédérale a encore accéléré ce recul des idées homophobes.

"Je pense qu’il est important que les gens au pouvoir se rendent compte que les lois peuvent avoir un impact sur les attitudes des individus à l’égard des groupes sociaux", explique Eric Herman. En effet, ces recherches suggèrent qu’en plus des droits accordés aux personnes homosexuelles, les lois permettraient en plus d’instaurer une nouvelle norme de manière générale.

Des disparités selon les États américains

Cependant, de fortes disparités continuent d’exister entre les États, notamment du côté de ceux qui n’avaient pas approuvé la loi avant qu’elle soit imposée par la Cour suprême. Dans ces États, un effet inverse s’est produit après que la loi ait été mise en place : les préjugés anti-gays auraient globalement augmenté. "Nous imaginons que les individus de ces régions pensent que la politique fédérale ne reflète pas les volontés locales, cela explique la réaction temporaire de rejet", détaille dans l’étude Eric Herman, en précisant qu’il ne s’agit que d’une théorie.

Côté français, un sondage de l’Institut français d'opinion publique (IFOP) daté de 2016 montrait que "63 % des Français voyaient les parents homosexuels ayant des enfants comme 'une famille à part entière'" – un nombre en hausse de 2 % en deux ans –, et 62 % étaient contre l'abrogation de la loi Taubira à la même époque. Si le rapport 2018 mis en ligne par SOS Homophobie montre que les témoignages LGBTphobes ont tendance à baisser depuis 2013, l’association rappelle qu’ils continuent tout de même d’exister, et que "rompre le silence participe à la lutte".

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