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Mort du rockeur français Dick Rivers

Le chanteur de français Dick Rivers photographié à Paris, en 2006.
Le chanteur de français Dick Rivers photographié à Paris, en 2006. Stéphane de Sakutin, AFP

Le chanteur Dick Rivers, figure du rock'n'roll français, est mort mercredi à l'âge de 74 ans, des suites d'un cancer, a annoncé son manager. Interprète de 35 albums depuis les années 60, il incarnait une certaine authenticité musicale.

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Le chanteur de rock français Dick Rivers est décédé d'un cancer mercredi 24 avril, le jour de son 74e anniversaire, a indiqué son manager, Denis Sabouret. "Il s'est éteint cette nuit d'un cancer à l'hôpital américain", a-t-il précisé.

Connu notamment pour sa célèbre "banane", Hervé Forneri – de son vrai nom – était l'un des plus célèbres ambassadeurs du rock'n'roll à la française au début des années 1960 avec Johnny Hallyday et Eddy Mitchell. Contrairement à ces anciens des yéyés, lui était résolument resté ancré dans cette esthétique sans s'essayer au chanteur de variété, quitte à être bien moins médiatisé. Malgré ses 35 albums, il a vendu moins de disques qu'eux mais il incarnait une certaine authenticité musicale.

Dick Rivers s'était composé de toutes pièces un personnage de rockeur-crooner à la française d'une longévité record. Toute sa vie d'artiste, il tentera de marcher dans les pas de ses idoles, qui ont pour nom Elvis Presley, Johnny Cash, Gene Vincent, Jerry Lee Lewis dont les tubes lui ont permis d'apprendre à parler l'anglais et de chanter assez souvent dans leur langue.

"Je n'ai jamais enregistré de soupe"

Né le 24 avril 1945 à Nice, fils unique d'un boucher, Hervé Forneri fonde Les Chats Sauvages à quinze ans et devient Dick Rivers en s'inspirant de Deke Rivers, personnage joué par Elvis Presley dans le film de Hal Kanter "Loving You" (1957). Il adopte banane gominée et bottes de cow-boy. "Cela fait cinquante ans que je chante, que je vis ma vie, la vie que j'invente (...), les années 1960 c'est hier, je respire encore leur poussière", chantera en 2011 l'ex-blouson noir qui a pris avec l'âge des allures de vieil Indien, en gardant les bottes.

Avec Les Chats Sauvages, il publie en avril 1961 son premier 45 tours, "Ma p'tite amie est vache", monte à Paris : "Je suis passé brutalement de la Mobylette à la Cadillac", dit-il. Deux ans plus tard, après "Twist à Saint-Tropez" et autres succès adaptés de tubes anglo-saxons, il se lance en solo. Auteur de 35 albums, en 55 ans de carrière, il a connu le succès dans les années 60 et 70, avec des tubes tels que "Tu n'es plus là", "Rien que toi" ou "Maman n'aime pas ma musique".

Il reste fidèle à ses choix malgré les traversées du désert : "Je n'ai jamais enregistré de soupe pour être à la mode". Il rencontre Elvis à Las Vegas en 1969, mais le mouvement hippy de la fin des années 1960 lui est presque fatal. À partir des années 80, il est bien moins visible, ses succès sont plus rares, tels "Nice baie des Anges" et il apparaît comme le parent pauvre des ex-idoles yéyés, là où Johnny, Eddy et Jacques Dutronc remportent toujours autant de succès.

"Didier l'Embrouille" le remet sur le devant de la scène

Les années 1990 marquent un tournant. Il retrouve la scène en 1995 après 19 ans d'absence, la popularité de sa caricature télévisée "Didier l'Embrouille" lui profite.

Au cinéma, il débute en 1999 dans "La candide Madame Duff" de Jean-Pierre Mocky qu'il retrouvera pour "Le Furet" (2003). Il est invité au Festival de Cannes 2005 par George Lucas, alors compagnon de sa fille adoptive. Il joue aussi au Théâtre National de Chaillot dans "Les Paravents" de Jean Genet (2004).

Ses disques deviennent de plus en plus personnels, il fait appel à de jeunes talents  : Benjamin Biolay ou Mickey 3D, puis Joseph d'Anvers pour "L'homme sans âge" (2008) ou Oli le Baron pour "Mister D", sorti pour ses cinquante ans de carrière. L'an passé, il s'était fait remarquer dans un duo réussi avec Julien Doré pour la reprise du tube de Rose Laurens "Africa"

En 2018, bien que n'appréciant pas trop la nostalgie, il a participé à la tournée "Âge tendre" dans toute la France avec plusieurs autres stars des années 60 et 70. "Il ne faut jamais se prendre au sérieux, et toujours remettre le couvert. Chaque fois que je fais un nouveau disque, j'ai l'impression que c'est le premier", assurait-il.

Avec AFP

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