Accéder au contenu principal

En Libye, la situation humanitaire est "gravement détériorée", selon le CICR

Les combats se poursuivent aux alentours de Tripoli.
Les combats se poursuivent aux alentours de Tripoli. LNA War Information Division, AFP

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s'est alarmé, jeudi, de l'intensification des violences en Libye. Parallèlement, l'envoyé spécial des Nations unies pour la Libye, Ghassan Salamé, a dit espérer voir une avancée dans les pourparlers.

Publicité

La Croix Rouge est préoccupée par la situation en Libye. Jeudi 25 avril, le CICR s'est alarmé de l'intensification des violences dans le conflit qui ravage le pays depuis trois semaines. L'organisation humanitaire s'inquiète notamment de la dégradation de la situation humanitaire dans l'agglomération de Tripoli où "des quartiers résidentiels deviennent progressivement des champs de bataille".

"La situation humanitaire dans et autour de Tripoli s'est gravement détériorée depuis trois semaines" avec le lancement par les forces du maréchal Khalifa Haftar d'une offensive pour s'emparer de la capitale libyenne où siège le Gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale, affirme le CICR dans un communiqué. "Plus de 30 000 personnes ont quitté leurs maisons et ont trouvé refuge chez des proches ou dans des bâtiments publics."

"Les coupures de courant sont fréquentes dans les zones où se déroulent les affrontements. Les services et infrastructures de base à Tripoli, comme les hôpitaux ou les stations d'approvisionnement en eau, qui ont déjà souffert des violences depuis huit ans, sont encore affaiblis", détaille le CICR.

"Notre principale inquiétude porte sur les civils qui vivent près des lignes de front. Des quartiers densément peuplés deviennent progressivement des champs de bataille", a déclaré le directeur du bureau du CICR à Tripoli, Youness Rahoui. Il souligne par ailleurs qu'il est "de plus en plus dangereux pour les travailleurs médicaux d'aller secourir les blessés", au moment où des informations font état d'un accroissement des "bombardements aveugles".

Après une rapide progression, les forces de l'Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar font face à une contre-offensive des troupes loyales au GNA, qui les ont repoussées au sud de la capitale Tripoli.

L'ONU espère des avancées

Mercredi, l'envoyé spécial des Nations unies pour la Libye, Ghassan Salamé, a dit à Rome espérer que les contacts qu'il a pu avoir avec les belligérants sur le terrain "portent leurs fruits" avant le ramadan, qui doit débuter le 5 mai au soir.

"J'espère que les contacts que nous avons rétablis avec les deux belligérants puissent porter leurs fruits avant le début du ramadan", a déclaré Ghassan Salamé lors d'un point de presse à l'issue d'une rencontre avec le ministre italien des Affaires étrangères, Enzo Moavero Milanesi.

Ghassan Salamé n'a pas caché les difficultés qu'il reste à résoudre avant que le processus de stabilisation de ce pays, en proie au chaos depuis 2011, puisse reprendre avec quelque chance de réussite.

Tout était prêt pour la conférence nationale, prévue mi-avril et censée préparer le terrain à des élections en Libye, avant que le maréchal Khalifa Haftar ne lance son offensive contre la capitale Tripoli, a affirmé l'envoyé de l'Onu.

Elle est aujourd'hui en suspens, mais pas annulée, a-t-il ajouté, précisant toutefois qu'il fallait aussi "un fort soutien de la part de la communauté internationale". Or, a-t-il déploré, celle-ci est divisée, notamment au niveau du Conseil de sécurité de l'Onu, qui n'est pas parvenu à se mettre d'accord sur un projet de résolution sur la Libye.

"Je suis autant préoccupé par les combats sur le terrain que par les divisions de la communauté internationale", a déclaré Ghassan Salamé.

Haftar cherche le soutien de Moscou

Patrallèlement, Kheiri Al Tamimi, chef de cabinet de Haftar, a pris part à la Conférence de Moscou sur la sécurité internationale, organisée par l'armée russe. Les ministres de la Défense et des Affaires étrangères russes ont pris la parole lors de la session inaugurale de cette conférence.

L'armée russe ne fait pas mystère de son soutien à Haftar, basé à Benghazi en Cyrénaïque, et dont l'Armée nationale libyenne (LNA) a lancé une offensive contre Tripoli, où siège le gouvernement d'union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale.

Interrogé quant au soutien militaire de la Russie à Haftar, Al Tamimi a répondu que "La Russie n'aura pas les mains libres tant que l'embargo (sur les armes) ne sera pas levé. Lorsque ce sera le cas, nous intensifierons notre coopération".

Le président français, Emmanuel Macron, s'est retrouvé sous le feu des critiques de Fayez Sarraj, chef du gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale. Dans un entretien au quotidien Libération, il dénonce le jeu trouble de Paris.

>> À lire : Khalifa Haftar, le mauvais pari de l'Occident en Libye ?

"Pour la France, […] nous sommes étonnés. […] En mars 2011, votre pays a, au nom de ses valeurs de liberté et de démocratie, empêché la destruction de Benghazi par Kadhafi. Pourquoi, cette fois-ci, la France n'a-t-elle pas la même position ? Nous sommes surpris que la France ne soutienne pas notre gouvernement qui est démocratique, mais soutienne un dictateur. Nous ne voulons pas que les Libyens haïssent la France, la France a encore un rôle positif et important à jouer en Libye", plaide-t-il

Au moins 278 personnes ont été tuées et 1 332 blessées en plus de trois semaines de conflit, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Avec AFP et Reuters

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.