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Le grand succès du chanteur Aldebert, star des petits

Le chanteur français Aldebert en concert au "Printemps de Bourges" le 25 avril 2015
Le chanteur français Aldebert en concert au "Printemps de Bourges" le 25 avril 2015 AFP/Archives
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Aix-en-Provence (AFP)

C'est une star des cours de récré qui se réclame d'Anne Sylvestre comme de Metallica : après dix ans de succès, le chanteur français Aldebert multiplie les projets, des musiques du monde aux "concerts dessinés".

A 45 ans, Aldebert a écoulé 500.000 albums, avec des titres comme "Poussez-vous les moches", "Du gros son" ou "Pour louper l'école".

Hors du radar des radios, il continue de remplir les salles en France, et tourne en Suisse, en Belgique ou au Québec. Le chanteur se souvient également d'avoir eu "un super accueil" à l'île Maurice ou à la Réunion. Sa tournée "Enfantillages 3" se poursuit, avant une tournée anniversaire avec formation à cordes et invités sur scène.

"Je n'ai pas l'impression que les enfants aient changé", raconte Guillaume Aldebert, avant un concert à Aix-en-Provence, dans le sud-est de la France. "Je trouve toujours cette énergie qu'ils amènent avec leurs parents. Ils sont toujours sincères et authentiques."

Les tempes désormais grisonnantes, mais l'enthousiasme intact après un millier de concerts devant plus de 800.000 spectateurs, Aldebert confie son envie de se "remettre un peu en danger". Il a prêté sa voix à un film (Aïlo: une odyssée en Laponie, sorti au printemps) et prépare une série de concerts-dessinés, avec un dessinateur qui officie en direct pendant les chansons.

En gestation aussi le quatrième volume de sa série d'albums "Enfantillages", qui fera la part belle aux musiques du monde, "un champ des possibles incroyable". Et l'occasion d'aller rencontrer des artistes de plusieurs pays, dont probablement certains d'Afrique francophone.

- "Enfantine mais pas infantilisante" -

Sa carrière musicale, Aldebert la débute dans les années 2000 dans les bacs "chansons françaises". On l'entend à l'époque aussi sur les ondes au Maroc ou en Algérie. Il a alors l'idée de se mettre à "la musique enfantine mais pas infantilisante", un genre qu'il ne quittera plus.

Cela donne une Marseillaise revisitée après l'attentat de 2015 contre Charlie Hebdo ("Aux âmes citoyens"), un hymne à l'environnement ("Madame Nature"), ou "Hyperactif", titre explosif et grinçant qui parle à beaucoup de parents qui "pètent un câble".

La profession ne tarit pas d'éloges lorsque Aldebert, qui multiplie les duos avec d'autres artistes, reçoit en 2017 le premier grand prix du répertoire jeune public de la Sacem, la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique: "son autodérision va au-delà du monde enfantin" (Grand Corps Malade), "un vrai adulte (...) mais avec son jardin des mystères où toute sa part d'enfant est conservée" (Mathias Malzieu, de Dionysos).

Musicalement, "j'ai appris la guitare entre les (accords) barrés de Brassens et les quintes de Metallica (...) Je vois vraiment des passerelles entre mon univers et la scène métal, les enfants sont hyper rock'n'roll", explique celui qui ne rate pas une édition du Hellfest, l'un des plus importants festivals de metal d'Europe.

Sur scène, l'artiste redevient un garçon de sept ans, bondit, chante depuis le fond d'un cercueil ("l'Apprenti Dracula") ou fait jouer le riff d'"Antisocial" au ukulélé. "Jouer devant des enfants, c'est plus risqué. Ils n'ont pas les codes du spectacle, ils ne vont pas faire semblant d'applaudir", témoigne-t-il.

- "Faire les foufous" -

Aujourd'hui, Aldebert a trois enfants avec lesquels il vit au grand air, près de Besançon (est), dans "un village sur une colline". Le dernier hit familial ? "We Will Rock You" de Queen, à fond dans la voiture.

"J'ai passé mon enfance dans les bois à faire des cabanes, j'avais construit plein de miradors reliés ensemble. On se déguisait en ninjas...", se souvient Aldebert. "En concert, je retrouve ce côté libre qu'on avait enfants, de faire les foufous et de monter sur la table !"

Les instits aussi sont séduits et n'hésitent pas à étudier ses textes en classe. "Un petit croche-patte à des profs qui m'ont un peu pourri la scolarité au collège", sourit l'artiste.

Un humour et un succès qui ne peuvent pas plaire à tout le monde : en mars, dans une école de Meurthe-et-Moselle (est), un parent d'élève s'est indigné des paroles de "Pour louper l'école", qui parle de "faire pipi sur un policier"... Une mini-polémique, relayée par la presse locale, qu'Aldebert refuse de commenter.

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