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Au Bénin, des législatives sans opposition, un mauvais signe pour la démocratie

Une bannière électorale géante montrant des membres du parti de l'Union progressiste (UP) orne le bord d'une route à Cotonou, le 16 avril 2019.
Une bannière électorale géante montrant des membres du parti de l'Union progressiste (UP) orne le bord d'une route à Cotonou, le 16 avril 2019. Yanick Folly, AFP

Les Béninois sont appelés aux urnes dimanche pour choisir leurs 83 députés mais, pour la première fois, aucun candidat de l’opposition n’est en lice. Les ONG de défense des droits de l’Homme s’inquiètent de cette exclusion.

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C’est un pays d’Afrique de l’Ouest réputé pour son bon respect des principes démocratiques. Le Bénin organise pourtant dimanche 28 avril des élections législatives sans candidat de l’opposition.

Dans la matinée, les rues de Cotonou, la capitale économique de ce petit pays d'Afrique de l'Ouest, étaient particulièrement calmes et tous les marchés et magasins étaient fermés, ont constaté les journalistes de l'AFP.

Sur Twitter, des internautes ont dénoncé le blocage des réseaux sociaux en utilisant le hashtag #BeninShutDown.

Dans les bureaux de vote, ouverts depuis 7 heures, l'affluence était très timide. "Les populations ne sortent pas, mais c'est à cause des cultes du dimanche", a justifié Jacques Noutaïs, représentant de la Céna (Commission électorale), à Zè, à une trentaine de kilomètres de Cotonou.

Mais certains internautes donnent une autre analyse de la situation.

Seuls deux partis politiques – appartenant au camp présidentiel – ont été autorisés par la Commission électorale à présenter des candidats aux élections. Toutes les listes d'opposition étant exclues.

Une décision qui a entraîné un mouvement de protestation durement réprimé. Depuis le mois de février, tout mouvement social ou manifestation de l'opposition ont été interdits et dispersé par des gaz lacrymogènes.

"Interdire les manifestations pacifiques et arrêter les personnes qui dénoncent l'exclusion des partis d'opposition ne fera qu'accroître l'agitation politique", a mis en garde vendredi Amnesty international.

L'Union européenne, "embarrassée", n'a pas fait de commentaire, mais a décidé de suspendre sa délégation d'observateurs la semaine dernière. Une manière de signifier qu'elle ne se "prêterait pas au jeu", confie à l'AFP un observateur étranger.

Réformes du code électoral

Le nouveau code électoral voté par le Parlement fin 2018 vise à assainir la multitude de partis enregistrés : près de 250 pour un pays de 12 millions d'habitants et 5 millions d'électeurs enregistrés.

Les partis devaient notamment avoir des représentations sur l'ensemble du territoire, éliminant de fait les plus petits d'entre eux et les forçant aux alliances. Les grands partis de l'opposition, eux, n'ont pas réussi à présenter à temps tous les documents rendus obligatoires par la nouvelle loi.

"L'objectif des réformes n'a jamais été d'empêcher les gens d'aller à l'élection. Les listes sont tombées d'elles-mêmes", explique le conseiller en communication de la présidence, Wilfried Houngbedji.

Les Béninois s’attendaient à ce que la présidence repousse le scrutin de façon à ce que l’opposition puisse être prête pour le vote. Plusieurs organisations civiles locales ont retiré leurs observateurs pour dénoncer sa légitimité.

Avec AFP

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