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En images : au Japon, 30 ans de règne de l'empereur Akihito

L'empereur japonais Akihito salue la foule avec l'impératrice Michiko (à d.), le prince-héritier Naruhito et la princesse Masako (à g.), à Tokyo, le 2 janvier 2019.
L'empereur japonais Akihito salue la foule avec l'impératrice Michiko (à d.), le prince-héritier Naruhito et la princesse Masako (à g.), à Tokyo, le 2 janvier 2019. Issei Kato, Reuters

Après 30 ans et 5 mois d'un règne marqué par sa proximité avec le peuple et sa volonté de dépoussiérer le trône, l'empereur japonais Akihito abdique mardi. Son fils aîné, le prince héritier Naruhito prend sa succession. Retour en images.

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C'est un première en 200 ans. L'empereur japonais Akihito cède de son vivant, mardi 30 avril, son trône à son fils, le prince héritier Naruhito. À la tête de la dynastie la plus ancienne du monde, l'homme de 84 ans a gagné l'admiration du peuple japonais, notamment par sa volonté de briser, au cours de ses 30 ans de règne, la rigueur de la tradition qu'accompagnait son rôle. Alors que l'empereur était considéré comme un demi-dieu jusqu'à la Seconde Guerre mondiale – les Japonais avaient l'interdiction de le regarder dans les yeux –, Akihito a brisé plusieurs codes.

Né en 1933, le fils aîné de l'empereur Hirohito et de l'impératrice Nagako a été le dernier prince à grandir à l'écart de ses parents. Selon les coutumes impériales, les enfants du couple impérial doivent être élevés non par leurs parents, mais par un grand chambellan. Une tradition qu'il a lui-même brisée par la suite.

Akihito a 11 ans lorsque la Seconde Guerre mondiale s'achève le 15 août 1945, sur une humiliante capitulation sans condition du Japon. Hirohito est déchu de son statut semi-divin et devient, en vertu de la Constitution pacifiste imposée par l'occupant américain, "symbole de l'État et de l'unité du peuple", dénué de pouvoir politique.

Le prince héritier Akihito court vers son école, à Tokyo, en décembre 1945.
Le prince héritier Akihito court vers son école, à Tokyo, en décembre 1945. Kyodo, Reuters

En 1957, Akihito tombe amoureux de Michiko Shōda, fille d'un marchand de céréales, qu'il a rencontrée sur un cours de tennis. En 1959, cette roturière devient impératrice du Japon. Une première en 2 000 ans. L'union suscite un énorme engouement auprès des Japonais, car Akihito a choisi lui-même son épouse et il s'agit d'un mariage d'amour.

Le prince Akihito et sa fiancée Michiko lors d'un match de tennis à Tokyo, le 6 décembre 1958.
Le prince Akihito et sa fiancée Michiko lors d'un match de tennis à Tokyo, le 6 décembre 1958. Kyodo, Reuters

"Une 'Michiko-mania' a explosé dans tout le pays, car elle était intelligente, belle et sportive, raconte à CNN Yukiya Chikashige, journaliste pour le magazine féminin Josei Jishin, spécialiste de la famille impériale depuis trois décennies. Les femmes japonaises l'adoraient : pour sa coiffure, ses habits, ses accessoires, sa manière de parler. Tout le monde a acheté une télévision pour voir leur mariage." La cérémonie est l'un des premiers événements à être diffusés en direct dans le pays. Près de 15 millions de Japonais ont regardé Michiko épouser Akihito, 500 000 personnes ont gagné les rues de Tokyo pour voir le couple passer.

En 1960, lors de la naissance de leur premier fils Naruhito, les jeunes mariés s'émancipent d'un autre rite ancestral et décident d'élever leur fils sous le même toit qu'eux. Celle qui avait été diplômée de littérature anglaise à Oxford et Harvard dira plus tard se lever à l'aube pour préparer elle-même les repas de ses trois enfants.

Le prince Akihito et la princesse Michiko lors de leur mariage, le 10 avril 1959.
Le prince Akihito et la princesse Michiko lors de leur mariage, le 10 avril 1959. Kyodo, Reuters

La rupture avec la tradition attire les regards, et les faits et gestes de Michiko seront constamment observés après son mariage. Malgré l'hostilité de sa belle-mère, qui fera d'ailleurs sombrer Michiko dans la dépression, le couple continue à briser les codes en se montrant proche des médias et du peuple. À la mort de l'empereur Hirohito en 1989, l'ascension d'Akihito au trône renforce encore cette proximité.

"L'empereur n'a pas le droit d'exprimer ses idées politiques, explique Kiyonobu Date, professeur à l'université de Tokyo, à La Croix. Mais durant tout son règne, avec son épouse Michiko, il s'est rapproché du peuple en voyageant dans tout le Japon et en délivrant sans cesse des messages de paix et de réconfort." Au lendemain du tsunami et de la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011, Akihito et Michiko se sont rendus dans les zones touchées, s'agenouillant et parlant aux victimes. Autant d'images, impensables sous les empereurs précédents, qui ont conquis le cœur des Japonais.

L'empereur japonais Akihito et l'impératrice Michiko parlent à des déplacés après le tremblement de terre et le tsunami à Fukushima, ici à Tokyo, le 30 mars 2011.
L'empereur japonais Akihito et l'impératrice Michiko parlent à des déplacés après le tremblement de terre et le tsunami à Fukushima, ici à Tokyo, le 30 mars 2011. Issei Kato, Reuters

Après 30 ans de règne, marquée par l'absence de tout conflit – une première au Japon –, Akihito a décidé d'abdiquer en faveur de son fils aîné, Naruhito. Celui qui deviendra le 1er mai le 126e empereur du Japon promet de s'inscrire dans la lignée de son père, continuant à dépoussiérer le trône. Car comme son père, Naruhito, 59 ans, s'est marié à une roturière, Masako, ancienne diplomate et brillante diplômée de Harvard.

L'empereur Akihito et l'impératrice Michiko s'adressent à la foule lors du 77e anniversaire de l'empereur le 23 décembre 2010, à Tokyo. À leurs côtés, leur fils Naruhito et la princesse Masako.
L'empereur Akihito et l'impératrice Michiko s'adressent à la foule lors du 77e anniversaire de l'empereur le 23 décembre 2010, à Tokyo. À leurs côtés, leur fils Naruhito et la princesse Masako. Kim Kyung-Hoon, Reuters

L'arrivée du nouveau couple impérial pourrait marquer un nouveau tournant dans la dynastie. Naruhito et Masako ont tous les deux eu une éducation supérieure, parlent plusieurs langues et ont vécu à l'étranger pendant plusieurs années.

Comme sa belle-mère, la future impératrice de 55 ans a connu la dépression en raison du carcan imposé par le Bureau de la Maison impériale, chargé de préserver la tradition et d'appliquer de manière implacable les règles. Depuis 2004, elle souffre officiellement d'un "trouble d'adaptation" pour lequel elle fait l'objet d'un traitement. "En pensant aux jours à venir, je suis parfois inquiète de savoir dans quelle mesure je pourrai rendre service aux gens, mais je m'efforcerai de faire de mon mieux pour pouvoir contribuer à leur bonheur", avait-elle déclaré dans un communiqué officiel en décembre dernier. Ces "jours à venir" commencent demain.

Le prince Naruhito et la princesse Masako à Tokyo, le 23 décembre 2007.
Le prince Naruhito et la princesse Masako à Tokyo, le 23 décembre 2007. Issei Kato, Reuters
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