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1er-Mai : la police redoute un défilé "tendu" à Paris où 2 000 "black blocs" sont attendus

Des manifestants connus comme "black blocks" défilent à Paris, le 22 mai 2018, contre les politiques du président Emmanuel Macron.
Des manifestants connus comme "black blocks" défilent à Paris, le 22 mai 2018, contre les politiques du président Emmanuel Macron. Éric Feferberg, AFP

Les autorités françaises se préparent à un "contexte tendu" lors des traditionnels défilés du 1er-Mai, les services de renseignement s'attendant à l'afflux de 1 500 à 2 000 activistes "black blocs" à Paris, selon des sources policières.

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Le président français Emmanuel Macron a demandé une réponse "extrêmement ferme" à l'encontre des "black blocs" et de ceux n'ayant pour objectifs "que le désordre et la violence" sur le traditionnel défilé du 1er-Mai, a annoncé mardi 30 avril la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye.

En plus des 1 500 à 2 000 "blacks blocs" attendus à Paris, les services de police estiment qu'un millier de "Gilets jaunes radicalisés", pourraient également s'infiltrer dans les cortèges du 1er-Mai, selon une source policière.

Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, a pris les devants et ordonné la fermeture des commerces, débits de boisson et restaurants sur le parcours du cortège intersyndical parisien, le temps de la manifestation. Les terrasses et étalages le long du parcours de la manifestation devront notamment être vidés de tout mobilier pouvant servir de projectile ou d'arme.

Il a justifié dans un communiqué cette mesure par les risques de violences et de dégradations commises "par des casseurs extérieurs au mouvement syndical". Il cite comme exemple celles qui ont marqué le 1er mai 2018.

Environ 5 000 policiers et gendarmes mobilisés à Paris

L'arrêté préfectoral souligne que ce 1er mai se déroulera "dans un contexte social et revendicatif des plus tendus" et cite un florilège de mots d'ordre accompagnant les appels à des rassemblements de Gilets jaunes : "1er mai, acte ultime, Paris capitale de l'émeute", "Apocalypse à Paris", "La guerre est déclarée", "1er mai (...), une journée en enfer".

"Compte tenu de ce contexte, il existe des raisons sérieuses de penser que les violences et dégradations que subit la capitale depuis le début du mouvement dit des Gilets jaunes sont susceptibles de se reproduire sur le parcours de la manifestation intersyndicale", ajoute l'arrêté.

Selon des sources policières, 5 000 policiers et gendarmes seront mobilisés à Paris, dont 22 compagnies de CRS et une trentaine d'escadrons de gendarmes mobiles.

La préfecture de police prévoit la mise en place d'un dispositif de contrôle aux abords des principales gares et stations de métro ou de RER dès mardi à 18 h.

Vigilence étendue aux trains venant de l'étranger

"Une attention particulière sera accordée (...) aux trains en provenance de l'étranger", lit-on dans une note, selon laquelle cette vigilance sera étendue, dans les communes limitrophes de Paris, aux voitures et autocars immatriculés à l'étranger ou en province.

Selon cette note, 30 unités d'une trentaine de policiers chacune auront notamment pour mission de détecter tout groupe susceptible de se diriger vers des sites sensibles, de contrôler identités, sacs et bagages en dehors des cortèges officiels et d'interpeller les auteurs d'infractions en marge de ces défilés.

Comme lors des samedis de manifestations de Gilets jaunes, la consigne est d'intervenir "dès qu'il y aura le début d'un problème", précise David Michaux, du syndicat Unsa police. "Nous revenons à des équipements que nous n'utilisions pas depuis longtemps, comme les gilets pare-coups lourds", ajoute-t-il. Un autre signe de la crainte de débordements violents.

Selon lui, des rassemblements "à risques" sont également redoutés dans plusieurs grandes villes de province comme Nantes, Bordeaux, Montpellier ou Toulouse.

Les syndicats assurent veiller également à la sécurité

Au total, quelque 54 compagnies de CRS et 64 escadrons de gendarmes mobiles devraient être mobilisés dans l'ensemble de la France, spécifiquement pour encadrer les manifestations du 1er-Mai, a précisé une source policière.

Les syndicats assurent pour leur part qu'ils entendent bien veiller à la sécurité des cortèges, ne serait-ce que pour éviter un impact négatif sur la mobilisation. Mais c'est au gouvernement "de veiller à ce qu'autour des manifestations les choses se passent bien", a fait valoir à RTL le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

"Ce climat n'est pas sain car il va dissuader de participer à la manifestation (...) Il ne faut pas que les gens cèdent à la peur", a renchéri Fabrice Angeï, secrétaire confédéral CGT, dans une déclaration à Reuters.

Avec Reuters

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