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Fuites sur Huawei au Royaume-Uni : Theresa May limoge son ministre de la Défense

Gavin Williamson (à gauche) et Penny Mordaunt, nouvelle ministre britannique de la Défense, le 8 avril 2019 à Londres.
Gavin Williamson (à gauche) et Penny Mordaunt, nouvelle ministre britannique de la Défense, le 8 avril 2019 à Londres. Daniel Leal-Olivas, AFP (archives)

La Première ministre britannique Theresa May a limogé mercredi son ministre de la Défense, mis en cause dans les fuites concernant la décision du Royaume-Uni d'autoriser une participation de l'équipementier chinois Huawei au réseau 5G.

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Les fuites dans la presse concernant la participation de l'équipementier chinois Huawei au réseau 5G au Royaume-Uni emportent Gavin Williamson. Le ministre britannique de la Défense, jugé responsable de la divulgation de ces informations sensibles a été limogé mercredi 1er mai, ont annoncé les services de la Première ministre, Theresa May.

"La Première ministre a demandé ce soir [mercredi] à Gavin Williamson de quitter le gouvernement, après avoir perdu confiance dans sa capacité à assumer les fonctions de ministre de la Défense et de membre de son cabinet", a indiqué dans un communiqué Downing Street, précisant que la cheffe du gouvernement avait été "informée de (la) conduite" du ministre à l'issue d'une enquête sur ces fuites.

Dans une lettre envoyée à son ministre, Theresa May écrit avoir des "preuves irréfutables" de sa responsabilité, ajoutant qu'il n'y a "aucune autre version crédible des événements pour expliquer cette fuite". La dirigeante conservatrice a qualifié l'affaire d'"extrêmement grave et de profondément décevante".

Soupçons d'espionnage

Dans une lettre à Theresa May publiée sur son compte Twitter, Gavin Williamson "nie vigoureusement" toute responsabilité. Il a affirmé à Sky News que son limogeage était une "décision prise pour des raisons politiques".

Gavin Williamson, 42 ans, est remplacé par la ministre au Développement international, l'eurosceptique Penny Mordaunt, a également annoncé Downing Street. À 46 ans, elle devient la première femme à obtenir ce poste stratégique.

Le scandale lié aux fuites dans la presse concernant la décision d'autoriser une participation de Huawei au réseau 5G au Royaume-Uni ébranle depuis plus d'une semaine le gouvernement britannique.

Tout avait commencé avec l'annonce, dans le quotidien The Telegraph, de la décision prise par Theresa May d'autoriser le groupe chinois à participer de manière limitée au déploiement de la 5G, malgré les avertissements des États-Unis, qui soupçonnent le fabricant d'espionnage pour le compte de Pékin.

>> À lire aussi : Huawei, le géant chinois au cœur du conflit entre Pékin et Washington

Huawei ne serait pas impliqué dans le cœur du réseau mais sur des infrastructures moins sensibles, comme les antennes, selon le choix qu'aurait fait la Première ministre britannique, en dépit des réserves de plusieurs poids lourds du gouvernement.

Devoir de confidentialité

Ce feu vert aurait été donné lors d'une réunion du Conseil de sécurité nationale (National Security Council, NSC), composé de ministres et de hauts responsables de la sécurité, et présidé par Theresa May. Les participants de cette réunion sont tenus à un devoir de confidentialité, selon l'Official Secrets Act .

La fuite, alors que la décision officielle du gouvernement est attendue d'ici le mois de juin, a conduit le secrétaire du cabinet Mark Sedwill, le plus haut fonctionnaire du Royaume-Uni, à écrire aux personnes présentes à la réunion pour leur demander si elles en étaient ou non responsables. Il a étendu sa requête à l'ensemble des conseillers des ministres et à tous les fonctionnaires ayant eu accès à l'information.

Cette affaire survient alors que les membres du gouvernement britannique soignent leur image pour se positionner en tant que successeur potentiel à Theresa May, très affaiblie dans son camp par sa gestion du dossier du Brexit, et qui a d'ores et déjà annoncé qu'elle démissionnerait dès qu'un accord de divorce avec l'UE serait approuvé au Parlement.

Avec AFP et Reuters

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