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"48 heures de l’agriculture urbaine" pour "reconnecter les citadins avec la nature"

Des scientifiques à la FUL (ferme urbaine lyonnaise), pionnière en matière d'agriculture urbaine dans l’Hexagone, en 2016.
Des scientifiques à la FUL (ferme urbaine lyonnaise), pionnière en matière d'agriculture urbaine dans l’Hexagone, en 2016. Jeff Pachoud, AFP

Le week-end du 4 et 5 mai, dans 13 villes françaises, les "48 heures de l'agriculture urbaine" permettront de mettre en valeur cette activité. L’idée : donner de la visibilité aux initiatives locales qui permettent de cultiver en ville.

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Cultiver des fruits et légumes sur des toits d’immeubles, des friches ou dans des sous-sols, installer des ruches dans les centres… En bref, mettre l’agriculture au cœur de nos villes. Depuis quelques années, les projets d’agriculture urbaine se multiplient en France. Le week-end du 4 et 5 mai, pour la 4ème année consécutive, les "48 heures de l’agriculture urbaine" auront lieu dans treize villes de l’Hexagone, dont Paris, Grenoble, ou encore Saint-Étienne et Angers.

"L’objectif est de donner de la visibilité à quantité d’initiatives locales, de faire connaître auprès du grand public ce modèle appelé à se développer dans les années à venir", explique César Lechémia, l’un des organisateurs de l’événement à Grenoble. Le jeune homme est également coordinateur de l’association "Cultivons nos toits", née en 2011, fer de lance de l’agriculture urbaine à Grenoble.

Selon le FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), l’agriculture urbaine et périurbaine "consiste à cultiver des plantes et à élever des animaux à l’intérieur et aux alentours des villes". L’activité comprend deux écoles, explique César Lechemia : "Le courant le ‘lowtech’, qui s’appuie beaucoup sur la récup’, et un courant plus ‘hightech’, qui consiste à proposer des solutions plus innovantes pour développer l’agriculture urbaine, l’un n’excluant évidemment pas l’autre".

Ainsi, même si l'opération "48 heures pour l’agriculture urbaine" est d'abord associative, organisée par des collectifs de citoyens, "souvent soutenus par les municipalités comme à Paris, Strasbourg ou Saint-Étienne", elle associe aussi "plusieurs start-up d'agriculture urbaine", détaille auprès de l’AFP Swen Deral, ducollectif parisien d’agriculture urbaine La Sauge.

À Grenoble, dès vendredi soir et jusqu’au dimanche, divers événements sont prévus : conférences, visites de jardins urbains, d’une micro ferme urbaine, échanges avec des acteurs du secteur, dont les membres de "Cultivons nos toits".

En 2017, l’association a réussi à produire près d’une tonne de légumes sur les 300 m2 du toit de la Casemate, dans le quartier Saint-Laurent.Une vingtaine d’espèces ont poussé sur ces hauteurs : tomates, courges, poivrons, piments, aubergines, concombres, plantes aromatiques, fleurs...

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la production agricole urbaine n’est pas forcément affectée par la pollution, et la tomate des villes s’avère en moyenne de meilleure qualité que celle des champs, souligne César Lechémia. "Quand on travaille hors sol comme c’est souvent le cas sur un toit, on sélectionne le substrat de bout en bout, ce qui nous permet d’en choisir un de qualité, composé par exemple de compost bio ; nos sols ne sont pas pollués comme la terre peut l’être, par des pesticides ou autre", détaille-il. Par ailleurs, les particules fines et métaux lourds ne s’élèvent pas : un légume cultivé en hauteur est donc moins pollué que celui produit au sol.

"Gagner en autonomie alimentaire"

Pour ce militant, l’agriculture urbaine est "complémentaire" de l’agriculture classique, et doit permettre aux villes de "gagner en autonomie alimentaire". Surtout, estime-il, elle constitue un moyen "de reconnecter les citadins avec la nature et l’agriculture, de créer du lien social, de susciter un questionnement sur ce que l’on met dans nos assiettes".

Comme nombre d’acteurs associatifs du secteur, outre l’accompagnement de structures qui souhaitent développer des projets d’agriculture urbaine, "Cultivons nos toits" a à cœur de créer des lieux de dialogue sur cette thématique.

Le "Bar Radis", un projet de l’association qui verra le jour fin 2020 à Grenoble, devrait favoriser ces rencontres. Il s’agit d’une terrasse panoramique de 2 000 m² comprenant un jardin potager, une serre,un restaurant qui proposera les produits cultivés sur place, et une scène pour des concerts ou débats.

Les débats ne manqueront pas tout au long de ce week-end. Samedi, l'opération prévoit surtout des initiatives de "végétalisation" de rues, ateliers ou visites, et dimanche, un rassemblement sur un lieu emblématique par région.

Pour l'Ile-de-France, il aura lieu à la "prairie du canal" à Bobigny (Seine Saint-Denis), une ferme urbaine qui a bénéficié de fonds de la région pour se lancer il y a trois ans, et qui vole désormais de ses propres ailes, grâce à de nombreuses activités pédagogiques.

Le programme des 48 heures dans les villes concernées (Paris, Nantes, Angers, Toulouse, Montpellier, Albi, Marseille, Aix, Nice, Saint-Étienne, Grenoble, Lyon, Strasbourg, mais aussi Bruxelles et Tournai en Belgique) est disponible sur le site www.les48h.fr.

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