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Intrusion à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière : quand deux versions s'affrontent

L'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière a été la cible de manifestants en marge du défilé syndical du 1er mai.
L'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière a été la cible de manifestants en marge du défilé syndical du 1er mai. Kenzo Tribouillard, AFP

L'hôpital de La Pitié-Salpêtrière a-t-il été attaqué en marge de la manifestation du 1er-Mai ? Alors qu'une enquête a été ouverte par le parquet, deux versions s'opposent.

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"Attaque" ou "fuite" ? Au lendemain de l'irruption de plusieurs dizaines de personnes dans l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, en marge de la manifestation du 1er-Mai, une enquête a été ouverte par le parquet de Paris afin de "faire la lumière sur toutes les circonstances de l'intrusion au sein de l'établissement". Cet incident a déclenché une vive polémique, deux versions des faits diamétralement opposées étant avancées.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a dénoncé un geste "totalement irresponsable" tandis que la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui s'est rendue sur place, a évoqué un incident "inqualifiable".

"Ici, à la Pitié-Salpêtrière, on a attaqué un hôpital. On a agressé son personnel soignant. Et on a blessé un policier mobilisé pour le protéger. Indéfectible soutien à nos forces de l'ordre : elles sont la fierté de la République", a tweeté le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Martin Hirsch, directeur général de l'Assistance publique – Hôpitaux de Paris, a quant à lui estimé sur Franceinfo qu'on était "passé au bord d'une catastrophe". "Il aurait pu se produire un drame dont je n'ose même pas imaginer les conséquences", a-t-il ajouté. Une plainte a été déposée.

Mais pour une partie de la classe politique, le gouvernement dramatise un événement qui n'a pas eu de conséquences, l'intrusion étant en partie le fait de personnes qui voulaient échapper aux gaz lacrymogènes.

"Monsieur Castaner est un menteur, en plus d'être un incompétent", a lancé un peu plus tôt à Marseille le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, accusant le ministre de l'Intérieur d'avoir "inventé" l'attaque de l'hôpital parisien.

Le chef de file de La France insoumise a également appelé dans un tweet à la prudence face à une "manipulation du système".

"Le ministre de l'Intérieur doit cesser de mettre de l'huile sur le feu et doit maintenant s'expliquer sur ses déclarations démenties par les faits", a écrit Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat sur Twitter.

"Le Gouvernement pris en flagrant délit de #FakeNews, assez de cette propagande ! @CCastaner a manipulé les faits pour discréditer ses opposants : il doit démissionner. Il y a suffisamment de violences à condamner pour ne pas en inventer", a jugé de son coté Nicolas Dupont-Aignan.

Pour la sénatrice EELV Esther Benbassa, "si @CCastaner s'appelait Pinocchio, on n'ose imaginer quelle longueur aurait son nez". Yannick Jadot, tête de liste des écologistes d'EELV aux élections européennes, a demandé une "commission d'enquête parlementaire" accusant Christophe Castaner et le gouvernement de "souffler en permanence sur les braises de la violence".

Une solution de repli

Mais que s'est-il vraiment passé ? Une vidéo diffusée sur Facebook contredit la version d'une "attaque", défendue notamment par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Du haut d'une passerelle qui dessert la sortie de secours du service de réanimation de l'hôpital, plusieurs soignants ont filmé les manifestants qui sont déjà entrés dans l'enceinte de l'établissement, vaste de plusieurs hectares, par l'accès de la résidence universitaire du Crous.

La vidéo de l'un d'entre eux montre des manifestants fuir soudainement vers eux, dans la panique, alors que des policiers entrent sur le site.

"Après cette vidéo qui infirme définitivement l'"attaque" de la #Salpêtrière, tous les GAV et militants déférés doivent être libérés. CCastaner doit démissionner", a tweeté le député de la France Insoumise Eric Coquerel.

Selon un infirmier, interrogé par l'AFP, les manifestants, qui n'avaient effectivement pas "le visage masqué ni cagoulé (...) voulaient rentrer". "Est-ce qu'ils voulaient nous agresser, est-ce qu'ils voulaient juste échapper à quelque chose ? interroge Michael Matos. On ne savait pas, donc pour le bien des patients, on a juste fermé la porte, on a maintenu et on a attendu que les forces de l'ordre interviennent".

Pour son collègue Jérôme Leclercq, "il n'y avait rien de violent, en tout cas envers nous (...). C'était plus un état de panique, la peur de se faire taper, de recevoir quelque chose de la police, qu'une attaque, mais au final tout s'est passé très calmement".

Une version également confirmée par Le Monde qui a interrogé plusieurs manifestants.

Si des "dégradations" et un vol ont été commis dans l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière "à ce stade aucun lien ne peut être fait" avec l'intrusion de manifestants lors du défilé du 1er-Mai, a indiqué à l'AFP la direction de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Avec AFP

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