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Au Sénégal, le Parlement adopte la réforme constitutionnelle

Le président sénégalais Macky Sall lors de sa prestation de serment, le 2 avril 2019.
Le président sénégalais Macky Sall lors de sa prestation de serment, le 2 avril 2019. Seyllou, AFP

Les députés sénégalais ont adopté samedi la révision de la Constitution devant mener à la suppression du poste de Premier ministre, une initiative du pouvoir dénoncée par l'opposition et la société civile.

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Deux mois après la réélection du président Macky Sall, le Parlement sénégalais a approuvé, samedi 4 mai, la réforme constitutionnelle qui prévoit la suppression du poste de Premier ministre.

Dans un hémicycle quasi complet, à l'issue d'une séance marathon de neuf heures, parfois agitée, 124 députés ont voté pour, et seulement 7 contre, a annoncé le président de l'Assemblée nationale, Moustapha Niasse, peu après 19 h.

Cette révision, qui porte sur une vingtaine d'articles de la Constitution, établit un nouvel équilibre entre les pouvoirs, en renforçant le caractère présidentiel du régime sénégalais.

Outre la suppression du poste de Premier ministre, l'autre grand changement sera que le président de la République ne pourra plus dissoudre l'Assemblée nationale, laquelle ne pourra plus déposer une motion de censure pour renverser le gouvernement.

Cette réforme n'est pas "politique", mais "uniquement technique et administrative", a déclaré le ministre de la Justice, Malick Sall, face aux critiques de l'opposition. "L'objectif n'est pas d'accroître les pouvoirs du président de la République", a-t-il plaidé.

Des arrestations

Le Parti démocratique sénégalais (PDS) de l'ex-président Abdoulaye Wade l'a qualifié de "sans intérêt", déplorant que cette réforme ait été "volontairement dissimulée pendant la campagne électorale".

De fait, Macky Sall ne l'avait pas évoqué pendant sa campagne, et il a surpris les Sénégalais en l'annonçant le 6 avril, quatre jours après avoir prêté serment pour son second mandat.

Ses quatre rivaux malheureux à la présidentielle du 24 février, l'ex-Premier ministre Idrissa Seck, le député Ousmane Sonko, l'ancien ministre Madické Niang et l'universitaire Ibrahima Sall, ont aussi dénoncé cette réforme.

Quatre figures de la société civile, qui avaient appelé à manifester contre la révision, ont été arrêtés de façon musclée par la police devant l'Assemblée dans la matinée. Parmi eux figurait le leader du mouvement Frapp France Dégage, Guy Marius Sagna, qui scandait "Macky Sall dictateur !", avant de se faire embarquer.

Plusieurs organisations de la société civile avaient appelé à des manifestations devant l'Assemblée, mais les forces de l'ordre avaient bouclé les accès au quartier du Plateau, le centre de Dakar, où toute manifestation est interdite en vertu d'un arrêté ministériel de 2011.

Avec AFP

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