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Rapport sur la biodiversité : un million d'espèces menacées, mais des solutions existent

Le Ras Mohammed abrite l'un des plus beaux écosystèmes coralliens au monde.
Le Ras Mohammed abrite l'un des plus beaux écosystèmes coralliens au monde. Emily Irving-Swift, AFP

La directrice générale de l'Unesco, Audrey Azoulay, livre lundi, en direct sur France 24, les conclusions d'un rapport sur la biodiversité rédigé pendant trois mois par un groupe d'experts. Un document accablant pour l'Homme et la planète.

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Après trois ans de travail, le groupe d'experts de l'ONU sur la biodiversité (IPBES) a rendu publique son étude, lundi 6 mai. Un rapport d’une envergure inédite qui dresse sur 1 800 pages un bilan alarmant de l’état de la planète : 75 % de l'environnement terrestre a été "gravement altéré" par les activités humaines, tandis que 66 % de l'environnement marin est touché. Cette destruction accélérée entraine la disparition de la biodiversité : un million des espèces animales et végétales (sur 8 millions recensées sur Terre) sont menacées d’extinction à court ou moyen terme. Mais le rapport, présenté par la directrice générale de l'Unesco Audrey Azoulay, affirme aussi qu’il n’est pas trop tard pour agir et que les solutions existent.

Cinq phénomènes qui détruisent la biodiversité

Pour les experts, la cause numéro un de la destruction des environnements naturels et des espèces est la transformation des terres. Agriculture intensive, déforestation, mais aussi la construction d’infrastructures et l’urbanisation galopante ont occasionnés des dégâts irréversibles et menacent le futur de la planète. La surexploitation des ressources naturelles, notamment avec la pèche et la chasse, le changement climatique (causé par les énergies fossiles), la pollution et la prolifération des espèces invasives complètent le tableau.

Un enjeu majeur pour l’humanité

"Nous sommes en train d'éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier", explique Robert Watson, président de l'IPBES. La disparition des espèces pose toutes sortes de dangers pour les humains, avec en première ligne les plus pauvres et les peuples autochtones qui dépendent directement de la nature. Si le risque d’une extinction de l’espèce humaine semble lointain, c’est la détérioration des conditions de vie qui inquiètent les scientifiques : "Nous ne voulons pas seulement survivre. C'est tout l'enjeu de ce rapport", souligne l’un des auteurs, Josef Settele. En effet, la disparition de la biodiversité représente un enjeu sanitaire majeur pour l’être humain, sur la qualité de l’air, l’eau potable ou bien encore la disparition de certaines denrées alimentaires.

Initier un "changement transformateur"

Alors que de nombreux scientifiques considèrent que nous sommes au début de la sixième "extinction de masse" (non mentionnée dans le rapport) et la première dont l’homme est responsable, les chercheurs appelent à une action décisive et immédiate pour éviter la catastrophe. Car pour les scientifiques, il n’est pas trop tard pour agir et les solutions existent. L’enjeu est d’initier un "changement transformateur" de notre société affirme Mark Tercek, président de l'ONG Nature Conservancy.

Le rapport préconise une transformation du système agro-alimentaire vers une solution durable en optimisant la gestion de l’eau, et la lutte contre le gaspillage. Autre aspect clé : l’importance du changement des régimes alimentaires en mettant l’accent sur les végétaux "pour réduire la consommation de viande et de produits laitiers qui a des impacts négatifs bien connus sur la biodiversité, le changement climatique et la santé humaine", a commenté Eric Darier, de Greenpeace. Parmi les pistes privilégiées, on trouve la restauration des écosystèmes, la multiplication des aires protégées, des quotas de pêche "efficaces", ainsi qu’un changement de dogme sur la croissance.

Beaucoup espèrent que cette évaluation sera le prélude à l'adoption d'objectifs ambitieux lors de la réunion en octobre 2020 en Chine des États membres de la Convention de l'ONU sur la diversité biologique (COP15).

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