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L'Iran suspend certains de ses engagements sur l'accord nucléaire

Le président iranien Hassan Rohani lors de la Journée mondiale de la technologie nucléaire, à Téhéran, le 9 avril 2018. Présidence iranienne, AFP
Le président iranien Hassan Rohani lors de la Journée mondiale de la technologie nucléaire, à Téhéran, le 9 avril 2018. Présidence iranienne, AFP Présidence iranienne, AFP

Un an après le retrait américain de l'accord sur le nucléaire, l'Iran a annoncé, mercredi, la suspension de certains engagements et a donné 60 jours aux autres signataires pour respecter leurs promesses au regard des sanctions de Washington.

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Téhéran perd patience et passe à l'offensive. L'Iran a décidé de cesser de limiter ses réserves d'eau lourde et d'uranium enrichi, comme il s'y était engagé au titre de l'accord de Vienne en 2015, a indiqué, mercredi 8 mai, le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien.

Un an après la dénonciation de cet accord par les États-Unis, qui ont rétabli leurs sanctions contre l'Iran, la République islamique a donné "60 jours" aux pays restant parties à ce pacte (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) pour "rendre opérationnels leurs engagements en particulier dans les secteurs pétrolier et bancaire", sous peine de voir l'Iran renoncer à appliquer d'autres de ses engagements, a ajouté le Conseil.

La décision a été notifiée officiellement en début de matinée, aux ambassadeurs de ces cinq pays. Selon l'agence Irna, le président iranien, Hassan Rohani, va également adresser une lettre aux chefs d'État et de gouvernement des cinq partenaires de l'Iran au sein de l'accord "pour souligner clairement à quel point l'Iran a fait preuve de patience". Javad Zarif doit également exposer "les détails techniques et légaux de la réduction des engagements de l'Iran" dans une autre lettre adressée à Federica Mogherini, cheffe de la diplomatie européenne.

L’Iran “ne se retirera pas” de l’accord

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a, lui, accusé les pays européens signataires de l'accord sur le nucléaire iranien de n'avoir "rempli aucune de leurs obligations" après le retrait des États-Unis.

Hormis la Chine et la Russie, "les membres restants de l'accord n'ont rempli aucune de leurs obligations" après le départ américain, a-t-il déclaré à l'issue de discussions à Moscou avec son homologue russe Sergueï Lavrov, en visant l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni qui étaient les autres signataires de l'accord. Néanmoins, "l'Iran ne se retirera pas" de cet accord, a insisté le ministre des Affaires étrangères.

À Pékin, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Geng Shuang a déclaré lors d'un point presse que l'accord de Vienne devait être pleinement respecté et que toutes les parties avaient la responsabilité de s'en assurer.

Du côté de la France, la ministre française des Armées a déclaré que la question d'un réenclenchement du mécanisme de sanctions à l'encontre de l'Iran se poserait si Téhéran venait à ne plus respecter les dispositions de l'accord nucléaire de 2015. Pour Florence Parly, "rien ne serait pire" aujourd'hui qu'un retrait de l'Iran de ce même compromis.

"Le pire accord jamais signé" selon Trump

La décision de Donald Trump, qui avait dénoncé "le pire accord jamais signé" par son pays a entraîné le retour des sanctions américaines que Washington avait suspendues en application de l'accord. Les Européens ont essayé jusque-là, en vain, de donner à Téhéran des garanties lui permettant de contourner les sanctions américaines, qui frappent durement l'économie iranienne.

"L'Iran demande clairement que la situation revienne à ce qu'elle était avant le retrait américain en ce qui concerne son système bancaire (isolé du reste du monde par les sanctions américaines et ses ventes de) pétrole", que Washington veut réduire à zéro.

Fin avril, les États-Unis ont renforcé leur campagne de "pression maximale" sur l'Iran, en annonçant la fin des dérogations qui permettaient encore à huit pays d'acheter du pétrole brut iranien sans contrevenir aux sanctions économiques extraterritoriales américaines.

Un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), publié le 22 février, affirmait que Téhéran continuait de respecter les termes de l'accord de Vienne.

Avec AFP et Reuters

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