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Dans le camp républicain, Donald Trump a un boulevard pour la présidentielle de 2020

Des partisans de Donald Trump lors d'un meeting à Green Bay, dans le Wisconsin, le 27 avril 2019.
Des partisans de Donald Trump lors d'un meeting à Green Bay, dans le Wisconsin, le 27 avril 2019. Saul Loeb, AFP

Alors que Donald Trump fourbit ses armes contre ses rivaux démocrates pour la présidentielle de 2020, plusieurs républicains tentent de le défier dans son camp. Difficile cependant d’imaginer le président sortant perdre l’investiture républicaine.

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En 2016, Donald Trump défiait tous les pronostics en remportant la primaire du parti républicain au nez et à la barbe de tous, puis la présidentielle face à Hillary Clinton. En 2020, c’est un mur de 21 candidats démocrates qui se dresse sur le chemin de sa réélection. Mais ce ne sont pas les seuls à vouloir défier l’actuel locataire de la Maison Blanche : dans son propre camp, plusieurs républicains souhaiteraient remettre en cause l'investiture du milliardaire new-yorkais.

Mais le scénario d’un Donald Trump privé d’une seconde investiture au sein de son parti reste pour le moment improbable. "Le président sortant n'est jamais battu en primaire. C'est un bulldozer", résume Jean-Éric Branaa, maître de conférences à l'Université Paris II Assas et auteur de "Et s'il gagnait encore ?" (Éd. VA Press), interrogé par France 24. "La primaire devrait être une formalité pour lui."

Il faut remonter à 1884 pour voir un président sortant perdre le soutien de son camp. Chester A. Arthur avait alors perdu la nomination républicaine au profit de James G. Blaine. Ce dernier perdit ensuite la présidentielle face au candidat démocrate Grover Cleveland.

Pas de candidat crédible pour le moment

Pourtant, selon plusieurs sondages publiés en mars, les électeurs républicains verraient d’un bon œil l'émergence dans leur camp d'un candidat crédible face à Donald Trump. Selon CNN, 40 % des républicains de l’Iowa – où les primaires débutent en février 2020 – aimeraient voir ce scénario. Figure du parti et candidat malheureux à l’investiture en 2016, Jeb Bush a fait part de sa volonté de voir quelqu'un se dresser face au milliardaire.

"À l'occasion des [élections de mi-mandat], les opposants à Donald Trump au sein du parti républicain ont été poussés vers la sortie", explique Jean-Éric Branaa, qui souligne l'immuable côte de popularité de Trump auprès de sa base : plus de 90 % annoncent actuellement vouloir voter à nouveau pour lui. "Le parti républicain est aujourd'hui 'trumpiste'".

Si le quotidien britannique The Guardian dénombre tout de même 52 micro-candidatures déjà enregistrées pour les primaires, seul l'ancien gouverneur du Massachusetts (1991-1997), William Weld, dispose d’une relative notoriété nationale. Le 16 avril, ce dernier a annoncé qu'il était de son devoir de briguer l'investiture de son parti face à Donald Trump.

"Je pense vraiment que si nous avons six années supplémentaires avec ce que propose la Maison Blanche depuis deux ans, ce serait une tragédie politique", a déclaré William Weld àCNN. "J’aurais honte de moi si je ne me dressais pas pour participer à cette élection."

Âgé de 73 ans, Bill Weld n'est pas un novice en politique mais appartient à une espèce républicaine en voie de disparition : conservatrice sur le plan fiscal mais libérale sur les questions de société, comme l’avortement ou le mariage homosexuel. Après son passage à la tête du Massachussetts, il a entamé une carrière politique iconoclaste : soutien de Barack Obama contre John McCain en 2008, soutien de Mitt Romney contre Barack Obama en 2012 et enfin sur le ticket du parti libertarien aux côtés de Gary Johnson en 2016. Aujourd'hui, il appelle à la démission, voire la destitution de Donald Trump.

"Une puce contre Goliath"

Donald Trump a royalement ignoré l'entrée en campagne de son concurrent malgré les questions de journalistes à ce sujet. La direction du Parti républicain a aussitôt dénoncé une candidature "vouée à l’échec". Peu étonnant, vu que le GOP (Great Old Party, le surnom des républicains) avait annoncé dès janvier 2019 qu'il donnait son "indéfectible soutien" au président sortant.

"Pour le parti républicain, Donald Trump remplit le contrat et est en train de tenir ses promesses aux électeurs", explique Jean-Éric Branna. "Le parti a donc logiquement annoncé qu'il mettrait ses moyens humains et financiers à son service. Partir contre Donald Trump, c'est donc partir tout seul contre un homme qui aura plus d'un milliard d'euros dans son escarcelle. Ce n'est même plus David contre Goliath, c'est une puce contre Goliath."

L'improbabilité d'un troisième homme

Un combat perdu d'avance, qui explique qu'aucun grand nom républicain anti-Trump n'ose se déclarer : Bob Corker, Jeff Flake, Mitt Romney, tous ont écarté cette hypothèse. "Les plus grosses pointures n'ont pour le moment aucun espace politique. Il faudrait qu'une place au centre se libère", analyse Jean-Éric Branaa.

Paradoxalement, la dynamique du vétéran socialiste Bernie Sanders, qui pointe actuellement à la deuxième place des sondages sur la primaire démocrate, pourrait être la clé pour ouvrir cet hypothétique espace au centre.

"Si Bernie Sanders apparaissait comme capable de l'emporter, il y aurait alors un espace où pourrait se glisser un candidat républicain très modéré capable de repousser Trump sur sa droite et d'unir républicains anti-Trump et démocrates modérés", pronostique le spécialiste des États-Unis. Et de relativiser : "Cela reste peu probable. Ce serait inédit dans le système bipartisan américain où un troisième homme n'a jamais dépassé les 15 %."

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