Accéder au contenu principal

Affaire Laporte/Altrad: l'enquête avance, des personnages clés entendus

4 mn
Publicité

Paris (AFP)

Les policiers ont entendu plusieurs personnages clés dans l'enquête sur les pressions qu'aurait exercées en 2017 le patron du rugby français Bernard Laporte pour réduire des sanctions disciplinaires contre Montpellier, le club de Mohed Altrad, avec lequel il avait été en affaires, a-t-on appris jeudi lors d'un autre procès sur l'affaire à Paris.

Devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris, spécialisée dans la presse, l'affaire ne devait être abordée que sous l'angle des poursuites pour diffamation engagées par le président de la Fédération française de rugby (FFR) contre L'Equipe et l'un de ses journalistes, Frédéric Bernès, pour sept articles parus entre le 30 août et le 18 octobre 2017.

En l'absence du patron de la FFR, qui ne s'est pas déplacé, l'audience a permis d'apprendre que l'enquête menée par le parquet national financier (PNF) avance. Ainsi, les trois membres de la commission d'appel fédérale, qui avait infligé les sanctions au club, fin juin 2017, ont été entendus en février dernier par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE), a-t-on appris lors des débats.

- Coup de fil -

Deux d'entre eux, le président de la commission Jean-Daniel Simonet et l'avocat Robert Malterre, ont été interrogés en garde à vue, a confirmé à l'AFP une source proche du dossier.

C'est Jean-Daniel Simonet qui avait reçu un coup de fil controversé de Bernard Laporte, avant que la sanction soit revue à la baisse pour Montpellier. Le troisième membre de la commission, Philippe Peyramaure, qui assure s'y être opposé en vain, a été entendu comme témoin par les enquêteurs.

Bernard Laporte n'a, à ce stade, pas été convoqué dans le cadre de cette enquête préliminaire, a précisé à l'AFP son avocat, Me Jean-Pierre Versini-Campinchi.

Début 2018, plusieurs perquisitions avaient eu lieu au siège de la FFR, dans des sociétés du groupe Altrad, et aux domiciles de Bernard Laporte et Mohed Altrad.

Jeudi, en fin d'après-midi, lors du procès en diffamation, Philippe Peyramaure est venu réitérer sa version, gênante pour Bernard Laporte.

D'après cet avocat honoraire de 76 ans, les trois membres de la commission s'étaient bien accordés le 29 juin 2017 pour punir le déploiement par les supporteurs héraultais de banderoles hostiles par 70.000 euros d'amende et un match de suspension pour le stade de Montpellier, conséquence d'une révocation de sursis. Mais le lendemain, Jean-Daniel Simonet aurait appelé Philippe Peyramaure pour lui raconter avoir reçu un coup de fil de Bernard Laporte, "pas content".

- "Intérêt supérieur" -

A Simonet, celui qui fut joueur, entraîneur, sélectionneur des Bleus (1999-2007) puis secrétaire d'Etat aux Sports de Nicolas Sarkozy (2007-2009) "avait dit, de manière plutôt brutale, qu'Altrad était un sponsor important de l'équipe de France (premier sponsor maillot), un soutien important pour la candidature" victorieuse de la France pour le Mondial-2023, "et qu'il fallait supprimer ces sanctions", a raconté Philippe Peyramaure à l'audience. "C'est l'intérêt supérieur du rugby", aurait ajouté Jean-Daniel Simonet, selon cette version.

Le 30 juin, une nouvelle décision était prise: 20.000 euros d'amende et pas de suspension de stade. Le 13 août, le JDD avait révélé l'affaire, ainsi que l'existence d'un contrat pour 150.000 euros de prestations d'image entre BL Communication, société gérée par Laporte, et Altrad Investment Authority.

Bernard Laporte avait finalement renoncé à ce contrat. Il avait aussi confirmé, dans un entretien au Parisien le 30 août 2017, qu'il avait bien appelé Jean-Daniel Simonet, mais pour lui "donner un éclairage politique" sur la crise secouant le rugby français, pas pour faire pression.

Robert Malterre était lui aussi venu témoigner à l'audience jeudi, mais la 17e chambre a dû s'en passer... car son train repartait trop tôt. Le procès se poursuivait dans la soirée.

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.