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Vote contre William Barr, convocation de Donald Trump Jr. : l'enquête russe secoue Washington

Le ministre américain de la Justice, William Barr, devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants, le 1er mai.
Le ministre américain de la Justice, William Barr, devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants, le 1er mai. Win McNamee, AFP

À Washington, la commission judiciaire de la Chambre des représentants a voté mercredi pour déclarer que le ministre de la Justice avait entravé les pouvoirs d'investigation du Congrès. Le fils aîné de Donald Trump a lui été convoqué au Sénat.

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Nouveaux rebondissements dans l'enquête russe à Washington, mercredi 8 mai. La commission judiciaire de la Chambre des représentants a tenu un vote rare pour déclarer que le ministre de la Justice, William Barr, avait entravé les pouvoirs d'investigation du Congrès ("contempt of Congress"). Sa faute : refuser de livrer à la commission la version complète du rapport d'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'ingérence russe dans la présidentielle américaine de 2016.

"Nous sommes désormais en pleine crise constitutionnelle", a tonné Jerry Nadler, le chef démocrate de la puissante commission, soulignant "une étape très grave et capitale". Du pur "théâtre politique", a rétorqué le ministère de la Justice. Cette procédure – qui n'avait été jusqu'ici appliquée qu'à un autre ministre de la Justice, Eric Holder, sous l'administration du démocrate Barack Obama – ne sera conclue qu'après un vote en séance plénière dont la date doit encore être fixée.

Dans son rapport de près de 450 pages, Robert Mueller a exonéré Donald Trump des soupçons de collusion avec Moscou, mais a décrit une dizaine de pressions exercées par le président sur l'enquête. S'estimant totalement blanchi, Donald Trump n'a de cesse de dénoncer une coûteuse "chasse aux sorcières".

Prérogatives présidentielles

Convaincus au contraire qu'il a "entravé la justice", les démocrates veulent poursuivre l'enquête sur la base du rapport complet, afin de déterminer si les faits relatés justifient l'ouverture d'une procédure de destitution contre Donald Trump. Pas question, leur a répondu le ministère, alors que les démocrates n'ont pas même accepté son offre de consulter, en comité restreint, une version bien moins expurgée que celle publiée le 18 avril.

Face à la "menace" des démocrates contre William Barr, le ministère a demandé à Donald Trump qu'il applique ses prérogatives présidentielles lui permettant de refuser de livrer les documents même sous le coup d'une injonction parlementaire. Ce qu'il a fait mercredi, pour la première fois depuis son arrivée à la Maison Blanche.

Si la Chambre estime, lors du vote final, que William Barr a entravé les prérogatives d'enquête du Congrès, cela reviendra à constituer un dossier d'inculpation. La justice devra alors décider ou non d'enquêter sur cette base, ce qui n'avait pas eu lieu dans le cas d’Eric Holder. William Barr pourrait risquer une amende, voire une peine d'emprisonnement, mais ces peines restent largement improbables.

Donald Trump Jr. convoqué au Sénat

Peu après dans la journée, des médias américains ont annoncé que le fils aîné du président républicain, Donald Trump Jr., avait été convoqué par la commission du Renseignement du Sénat dans le cadre de la même enquête russe.

C'est la première fois que le Congrès use de ses pouvoirs d'enquête pour convoquer un membre de la famille Trump, dont certains ont témoigné de leur plein gré dans le cadre de cette investigation tentaculaire.

Fait marquant : la chambre haute est contrôlée par les républicains, qui ont donc donné leur feu vert en commission à cette décision, contrairement à la Chambre des représentants à majorité démocrate.

Donald Trump Jr., 41 ans, qui gère les affaires familiales à la tête de la Trump Organization, a lui-même déjà été entendu pendant de longues heures par des commissions du Sénat en 2017. D'après les médias américains, qui citent des sources anonymes, la commission sénatoriale du renseignement, contrôlée par les républicains, veut le revoir pour l'interroger sur ses déclarations de l'époque, notamment au sujet d'un projet de Trump Tower à Moscou.

Selon le Wall Street Journal, il a refusé une invitation à comparaître, offrant de répondre aux questions des sénateurs par écrit. Il aurait désormais l'intention de s'opposer à sa convocation, ajoute le quotidien.

Avec AFP

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