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Les ex-otages libérés au Burkina Faso sont arrivés en France

Les trois ex-otages libérés au Burkina Faso ont été accueillis le 11 mai à la base aérienne de Villacoublay par Emmanuel Macron, Jean-Yves Le Drian et Florence Parly
Les trois ex-otages libérés au Burkina Faso ont été accueillis le 11 mai à la base aérienne de Villacoublay par Emmanuel Macron, Jean-Yves Le Drian et Florence Parly François Guillot, REUTERS

Les ex-otages, libérés vendredi par les forces spéciales françaises dans le nord du Burkina Faso, sont arrivés samedi à Paris où ils ont été accueillis notamment par le président Emmanuel Macron et les ministres Jean-Yves Le Drian et Florence Parly.

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Trois des quatre ex-otages libérés le 10 mai au Burkina Faso sont arrivés en France. Patrick Picque, Laurent Lassimouillas ainsi que l’ex-otage sud-coréenne dont l’identité n’a pas été révélée ont atterri, samedi 11 mai à la base aérienne de Villacoublay (Yvelines) aux alentours de 18 h.

Le chef de l’État, Emmanuel Macron, accompagné du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian et de la ministre des Armées, Florence Parly, étaient sur place pour accueillir les ex-otages libérés la veille lors d’une opération à haut risque des forces spéciales françaises au cours de laquelle deux militaires ont perdu la vie.

Pas de prise de parole publique

À la base aérienne de Villacoublay, Emmanuel Macron, qui était également accompagné du le chef d'état-major des armées, le général François Lecointre, a échangé quelques mots avec les ex-otages, mais n'a pas pris la parole publiquement. L'ambassadeur de Corée du Sud était également présent.

S'il n'était pas prévu que le chef de l'État s'exprime publiquement, il devait néanmoins s'entretenir avec les otages et leurs familles dans un bâtiment de la base.

"Il est très important pour les militaires qu'il se rende sur place, il est dans son rôle de chef des armées", a expliqué l'entourage du président français. "C'est une mission dont il a été le chef, qu'il a décidée lui-même en tant que chef des armées donc il veut aller au bout de cela".

"Éviter" cette région

Laurent Lassimouillas, l'un des ex-otages français enlevés au Bénin, et dont la libération a coûté la vie à deux soldats, a affirmé que son compatriote et lui auraient "certainement" dû "éviter" de se rendre dans la région.

"Certainement aurions-nous dû prendre davantage en compte les recommandations de l'État et la complexité de l'Afrique, et éviter de nous rendre dans cette magnifique région du monde, qui malheureusement bascule dans l'instabilité", a-t-il estimé peu après son arrivée à la base aérienne de Villacoublay.

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, venu accueillir les ex-otages aux côtés du chef de l'État, avait précédemment affirmé que "les conseils aux voyageurs que le ministère des Affaires étrangères diffuse régulièrement doivent être respectés intégralement".

Patrick Pique et Laurent Lassimouillas avaient présenté, samedi matin, leurs condoléances aux familles des deux militaires à l'occasion de leur réception à la présidence du Burkina Faso. Ils avaient également eu un mot pour leur chauffeur-guide béninois,tué lors de leur enlèvement, et dont le corps avait été découvert trois jours plus tard dans le parc national de la Pendjari où ils effectuaient un safari.

"Actes inconsidérés"

Pour l'entourage d'Emmanuel Macron, la décision du chef de l'État d'aller accueillir les otages "va de pair avec sa décision de rendre un hommage mardi aux militaires" à Paris. "[Emmanuel Macron] est le président de tous les Français, y compris ceux qui ont commis des actes inconsidérés".

L'accueil réservé aux ex-otages, samedi, n'a en effet pas manqué de faire réagir. À commencer par la classe politique, comme en témoigne notamment la réaction de Hubert Falco, maire LR de Toulon - chef-lieu du département où étaient basés les militaires tués - qui a dit "refuser de "cautionner l'accueil solennel envisagé" pour les ex-otages, qu'il a qualifiés de "touristes inconscients".

"Devoir d'État"

Face aux critiques, Jean-Yves Le Drian, qui s'est exprimé quelques minutes après l'arrivée des ex-otages, aux côtés de Florence Parly a souhaité justifier la posture adoptée par Emmanuel Macron contre laquelle nombre de personnalités politiques ont tiré à boulets rouges. "C'est une opération difficile que le président a souhaité suivre jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à l'arrivée des otages en France", a-t-il justifié avant d'ajouter, "dans le passé, à chaque prise d'otage, quelles que soient les circonstances, quelles que soient les personnes, les présidents de la République ont toujours été présents pour l'arrivée de nos compatriotes sur le territoire national".

"Dans cette affaire, il y a d'abord un devoir d'État. Le devoir de l'État c'est d'assurer la sécurité des Français, où qu'ils se trouvent, y compris dans des conditions extrêmes à l'étranger", a-t-il conclu, coupant ainsi court à toute polémique.

Patrick Picque, 51 ans, et Laurent Lassimouillas, 46 ans, avaient été enlevés le 1er mai pendant un séjour touristique au Bénin, pays jusque-là épargné par l'insécurité en Afrique de l'Ouest, dans une zone déconseillée depuis très peu de temps par le ministère français des Affaires étrangères.

ls ont été libérés dans la nuit de jeudi à vendredi dans le nord du Burkina Faso en même temps qu’une Sud-Coréenne et qu’une Américaine dont l'identité n'a pas non plus été révélée, mais dont le ministre burkinabè des Affaires étrangères a précisé qu'elle se trouvait désormais "avec les Américains".

Un hommage national aux deux commandos marine tués dans l'opération, le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello sera organisée mardi 14 mai aux Invalides.

Leur mort porte à 27 le nombre de militaires français tués depuis l'opération Serval au Mali en 2013, à laquelle a succédé Barkhane en 2014.

Avec AFP et Reuters

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