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Lyon et Nantes, épicentres du 26e samedi de mobilisation des Gilets jaunes

Des manifestants au cours de l'acte XXVI des Gilets jaunes, le 11 mai 2019, dans le quartier Bellecour à Lyon.
Des manifestants au cours de l'acte XXVI des Gilets jaunes, le 11 mai 2019, dans le quartier Bellecour à Lyon. Jean-Philippe Ksiazek, AFP

Pour leur 26e samedi de mobilisation, les Gilets jaunes avaient appelé à manifester en province, notamment à Lyon et Nantes, où les autorités redoutaient la présence de casseurs. Selon l'Intérieur, 18 600 personnes ont battu le pavé en France.

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Les Gilets jaunes ont battu le pavé en province pour le 26e acte de leur revendication. Après bientôt six mois de mobilisation, les manifestants avaient appelé plus particulièrement à se réunir samedi 11 mai à Lyon et Nantes, où les autorités redoutaient la présence de casseurs.

À la fin de la journée, le ministère de l'Intérieur a évalué à 18 600 le nombre de manifestants en France, dont 1 200 à Paris.

Dans la capitale, ils étaient plusieurs centaines de manifestants à défiler, sous la pluie, dès 13 h. "On est là, on est là" chantaient-ils dans le secteur de Jussieu, point de départ du cortège choisi "en soutien aux enseignants", afin de protester contre la loi Blanquer.

"Aujourd’hui, ça va être calme" avait prédit Laurence. Cette comptable, âgée de 57 ans, avait confié ne pas croire à l'essoufflement du mouvement, bien que les cortèges aient été moins fournis. "Ça va, ça vient, ça dépend des jours."

Heurts à Lyon et à Nantes

À Lyon, quelque 3 000 personnes venues de toute la France se sont rassemblées. Des échauffourées ont éclaté entre manifestants, forces de l'ordre et black blocs, malgré le déploiement d'un important dispositif policier.

À Nantes, où les forces de l'ordre ont dit avoir relevé la "présence de nombreux individus hostiles masqués" et ont fait usage de gaz lacrymogènes, 2 200 manifestants ont été recensés. À 15 h, douze individus avaient été interpellés.

Il y a une semaine, le ministère de l'Intérieur avait recensé moins de 19 000 manifestants - contre plus de 40 000 pour les organisateurs - soit la plus faible participation depuis le 17 novembre. Des chiffres bien inférieurs à ceux du 1er mai ou de la mobilisation des fonctionnaires jeudi.

Lente décrue

Signe d'un essoufflement dans les rangs ? À Bordeaux par exemple, longtemps l'un des plus solides bastions, la mobilisation connaît depuis le début du printemps une lente décrue, avec des cortèges qui plafonnent généralement sous les 1 500 personnes. Pour l'acte 26, ils n'étaient que 700 à s'être mobilisés, selon la préfecture. Les forces de l'ordre ont procédé à 11 interpellations et à plus de 70 verbalisations alors que l'hyper-centre de la capitale girondine était interdit aux manifestants.

Concernant la décrue du mouvement, les Gilets jaunes interrogés par l'AFP avaient confirmé la tendance mais sans renoncer. "Nous serons à la manif' de samedi avec l'appel national, logiquement ceux du nord et de l'ouest (de la France) seront à Nantes et le sud à Lyon. Après comme habituellement la répression fait peur...", avait anticipé Kevin O., Gilet jaune nantais habitué d'un rond-point près de l'aéroport Nantes Atlantique.

"Il y a une forme de lassitude et de crainte face aux violences policières et il y a aussi le côté économique : ça coûte cher de manifester à Paris ou dans d'autres villes. On constate le même essoufflement qu'en décembre mais ça peut repartir aussi sec", assure de son côté Thierry Boirivant, comptable de 44 ans et Gilet jaune de la périphérie lyonnaise.

"Ne pas lâcher"

Pour Anaïs, auxiliaire de puériculture âgée de 26 ans et co-organisatrice de la manifestation de Douai, la mobilisation va "stagner" d'ici les élections européennes. "On est un peu en attente", a-t-elle déclaré, même si à titre personnel elle "ne va pas lâcher, pour le RIC [référendum d'initiative citoyenne, NDLR], la hausse du pouvoir d'achat, la baisse des taxes pour les handicapés et retraités".

"Pour tous ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté, c'est malheureux qu'il y en ait qui s'arrêtent là", a renchéri Christian, 58 ans, qui avait prévu de manifester dans le Nord.

Des Gilets jaunes de Besançon et Marseille notamment étaient attendus à Lyon, où étaient aussi présent l'une des figures du mouvement, Jérôme Rodrigues. La préfecture du Rhône avait élargi le périmètre d'interdiction de la manifestation à quatre zones commerçantes.

Idem à Nantes, où le préfet de Loire-Atlantique Claude d'Harcourt avait anticipé "le rassemblement de 500 membres de l'ultra-gauche". "Nous aurons un niveau de forces de l'ordre inédit", avait-il annoncé sans en préciser les effectifs.

"Je n'ai pas de restriction mentale concernant l'emploi de la force si nécessaire et évidemment la réalisation d'interpellations d'individus qui violent les lois de la République", avait déclaré à ses côtés Jean-Christophe Bertrand, directeur départemental de la Sécurité publique.

Reprise des ronds-points

Des périmètres d'interdiction avaient également été mis en place à Lille, Dijon, Toulouse ou Orléans. À Montpellier, la tendance était à la reprise des ronds-points, avec deux mobilisations en matinée avant la marche de l'après-midi.

À Paris, l'accès aux Champs-Élysées était de nouveau fermé dans un périmètre comprenant le palais présidentiel et l'Assemblée nationale, ainsi que le secteur de Notre-Dame.

À Strasbourg, le groupe Gilets Jaunes Alsace appellait à se rassembler devant le Palais des Congrès, où la tête de liste LREM pour les européennes, Nathalie Loiseau, tenait un meeting dans l'après-midi avec le Premier ministre Édouard Philippe. Le texte de l'appel évoquait un "contre-meeting" face au "parti de Macron, président des riches", qui "vient faire sa propagande".

Avec AFP

 

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