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"Il s'appelait Fiacre Gbédji" : sur Twitter, les hommages au guide béninois assassiné se multiplient

Le parc national du Pendjari où le guide béninois Fiacre Gbédji a été assassiné, lors de l'enlèvement de deux touristes français, le 1er mai 2019.
Le parc national du Pendjari où le guide béninois Fiacre Gbédji a été assassiné, lors de l'enlèvement de deux touristes français, le 1er mai 2019. Stefan Heunis, AFP

Après la libération de deux ex-otages français enlevés au Bénin, nombre d'internautes ont réclamé qu'un hommage soit rendu au guide qui les accompagnait, et dont le corps a été retrouvé le 4 mai dans le parc de la Pendjari.

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Le nom de Fiacre Gbédji se propage sur les réseaux sociaux. Assassiné lors de l’enlèvement des deux ex-otages français, début mai dans le parc de la Pendjari, le guide béninois fait l’objet de très nombreux hommages, notamment sur Twitter.

La plupart des témoignages partagés sur la Toile, mais aussi sur place au Bénin, regrettent le peu d'échos qu'a eu sa mort en comparaison avec la médiatisation accordée à l'enlèvement des deux ressortissants français. Ces derniers ont été libérés sains et saufs dans le nord du Burkina Faso dix jours après leur enlèvement, et accueillis par le président français à leur retour en France.

"Il n’aura pas d’émission spéciale"

"Il s'appelait Fiacre Gbédji. Il était guide dans le parc de la Pendjari, au Bénin. Il n'aura pas d'hommage, pas d'émission spéciale... Qu'il ait au moins ici sa photo", a écrit un internaute sur Twitter, générant plus de 20 000 mentions "j’aime" et plus de 500 commentaires de remerciements et de condoléances.

"Paix à ton âme fils d'Afrique #FiacreGbédji", a écrit un autre utilisateur du réseau social, utilisant le mot-clé créé pour honorer la mémoire du guide touristique.

Le gouvernement béninois interpellé sur Twitter

Face au silence des autorités béninoises, certains internautes se sont directement adressés au gouvernement du Bénin, demandant à ce qu'un hommage national soit rendu à Fiacre Gbédji.

Des messages auxquels le gouvernement béninois a répondu. Dans un message publié dimanche 12 mai, celui-ci a expliqué via son compte Twitter que le ministre du Tourisme, de la Culture et du Sport s'était rendu au parc de la Pendjari puis au domicile de Fiacre Gbédji, pour présenter à sa famille les condoléances du gouvernement et du peuple béninois.

"Une séance de travail a ensuite eu lieu à la salle de conférence de la Préfecture de l'Atacora avec l'union des guides et transporteurs touristiques du Bénin pour les soutenir et recueillir leurs doléances" poursuit le communiqué inséré en lien dans son tweet.

Liens avec la Belgique

En Belgique, le journal La Libre lui a consacré un article. Le quotidien a en effet affirmé que "beaucoup de jeunes Belges et leurs professeurs le connaissaient." À travers un projet baptisé Move With Africa, mis en place avec le journal, Fiacre Gbédji "faisait découvrir sa culture et son pays aux élèves venus dans une démarche d'éducation à la citoyenneté".

Le frère de Fiacre Gbédji, Alexandre, a raconté à l’AFP avec quelle passion son frère  faisait découvrir son pays, expliquant que leur maison familiale, à Natitingou (nord du Bénin), "a vu défiler des centaines de touristes".

"Fiacre va beaucoup nous manquer, c'est l'un des meilleurs guides que nous avions", a également déclaré James Terjanian, le directeur du complexe touristique de la Pendjari où le drame a eu lieu.

Père de six enfants, fondateur d’un orphelinat

Guide professionnel très apprécié de ses collègues comme de la plupart des gens qui l'ont connu, Fiacre Gbédji allait bientôt fêter ses 30 ans. Il était le père de six enfants.

Au-delà de ses activités de guide, il avait fondé un orphelinat avec le soutien de certains touristes. Selon un de ses proches amis, il donnait lui-même régulièrement des cours aux enfants du centre et leur était très "dévoué."

Une cagnotte solidaire a été mise en place le 9 mai en soutien à la famille de Fiacre Gbédji. Plus de 1 300 euros ont d'ores et déjà été récoltés.

Le corps du guide touristique avait été retrouvé le 4 mai, très abîmé, tout près de la frontière dans le parc de la Pendjari où les ravisseurs l'ont assassiné avant de fuir au Burkina voisin, où opérent de nombreux groupes terroristes.

Avec AFP

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