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Accusé de collusion avec Steve Bannon, le Rassemblement national veut porter plainte

Steve Bannon (à gauche) en compagnie de Marine Le Pen (à droite) lors d'un meeting anti-immigration organisé par Vlaams Belang (au centre) à Bruxelles le 8 décembre 2018.
Steve Bannon (à gauche) en compagnie de Marine Le Pen (à droite) lors d'un meeting anti-immigration organisé par Vlaams Belang (au centre) à Bruxelles le 8 décembre 2018. Nicolas Maeterlinck, Belga, AFP

Le Rassemblement national a menacé, dimanche, de porter plainte pour diffamation, après que plusieurs parlementaires français ont demandé une commission d'enquête sur ses liens avec Steve Bannon, ex-stratège de Donald Trump.

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Steve Bannon, un encombrant ami pour le Rassemblement national (RN) ? Marine Le Pen a annoncé, dimanche 12 mai, qu'elle comptait porter plainte pour diffamation, alors que plusieurs élus accusent le RN de "collusion" et réclament la constitution d'une commission d'enquête parlementaire sur les liens présumés entre le parti d'extrême droite et l'ex-conseiller de Donald Trump.

Les sénateurs Rachid Temal (PS) et Nathalie Goulet (UDI), ainsi que les députés Jean-Michel Mis (LREM), Vincent Ledoux (Agir) et Bertrand Pancher (Libertés et Territoires), ont répondu à l'appel de l'ancien député et ministre sarkozyste Frédéric Lefebvre, allié à la majorité présidentielle via le parti de centre-droit Agir. Tous demandent la constitution d'une commission d'enquête sur les liens entre le RN et Steve Bannon après la diffusion, jeudi 9 mai, d'un reportage d'Envoyé spécial. Dans celui-ci, on voit notamment les dirigeants RN Louis Aliot et Jérôme Rivière proposer à Steve Bannon d'assister à des réunions régulières entre Marine Le Pen et des hauts fonctionnaires français.

La séquence obtenue par France 2 est tirée de rushes non utilisés par la documentariste américaine Alison Klayman, auteure du documentaire "The Brink" sur Steve Bannon.

"Une pauvre petite manœuvre politicienne"

Marine Le Pen a dénoncé auprès de l'AFP "une pauvre petite manœuvre politicienne et électoraliste d'un mouvement qui est en train de perdre la première place dans les sondages", désignant ainsi LREM, avec qui le RN est au coude-à-coude en tête des intentions de vote aux élections européennes du 26 mai.

"Il n'y a strictement rien à nous reprocher", a-t-elle fustigé, expliquant que le groupe évoqué dans le reportage est celui des Horaces, un collectif de hauts fonctionnaires, chefs d'entreprise et anciens membres de cabinets ministériels qui conseillent anonymement le RN. Confirmant l'invitation lancée à Steve Bannon à les rencontrer, elle a indiqué que cette rencontre n'avait finalement jamais eu lieu.

"Il n'y a aucun financement américain", affirme Marine Le Pen

Une autre séquence tirée d'une réunion à Londres entre Steve Bannon, Louis Aliot et Jérôme Rivière montre le polémiste américain évoquer les besoins financiers du RN. Selon Marine Le Pen, "Bannon a proposé ses services pour tenter de trouver une banque européenne pour trouver un prêt [...] ce qu'il n'a d'ailleurs pas réussi à faire".

"Il n'y a aucun financement américain organisé par Steve Bannon pour le Rassemblement national", a ensuite précisé Marine Le Pen sur BFMTV, en rappelant que les financements de partis politiques issus de banques extérieures à l'UE étaient interdits par la loi : "En revanche, Steve Bannon est de très bon conseil pour faire des levées de fonds, qui sont nécessaires auprès des Français".

Selon Jean-Michel Mis, une commission d'enquête devrait "faire toute la lumière sur cette affaire, dont l'objet s'apparente à une conjuration internationale contre les intérêts de la France". Rachid Temal veut, pour sa part, vérifier la possible existence d'une, "intelligence avec une puissance étrangère" réprimée par le Code pénal.

Bannon, l'homme qui veut fédérer les nationalistes européens

Depuis l’accession de Donald Trump à la Maison Blanche, Steve Bannon rêve de voir ses idéaux nationalistes triompher en Europe. D’où ses nombreux séjours en Europe, à Bruxelles notamment, où il s’attache à répandre la "bonne parole" populiste via son organisation The Movement, créée en 2017. Entre 2017 et 2018, Steve Bannon a ainsi rencontré tout ce que l’extrême droite européenne compte de leaders, tels Nigel Farage au Royaume-Uni ou Matteo Salvini en Italie.

>> À lire aussi : Steve Bannon, futur grand ordonnateur des partis d’extrême droite européens ?

Mais comme le montre "The Brink", le parti avec lequel Steve Bannon entretient le plus de contacts semble être le Rassemblement national (RN), et notamment Louis Aliot et Jérôme Rivière. Néanmoins, Marine Le Pen avait émis en octobre 2018 quelques réserves sur la fédération européenne populiste que l'idéologue tente de bâtir.

"La force politique, c'est nous qui la structurerons", avait-elle déclaré soulignant que Steve " Bannon n'est pas issu d'un pays européen. Il est un américain".

"Il a suggéré la création d'une fondation qui vise à offrir aux partis souverainistes européens des études, des sondages, des analyses. Mais la force politique qui naîtra des élections en Europe, c'est nous, et nous seuls, qui la structurerons."

Pas de quoi cependant entacher sa bonne relation avec les cadres du RN. Une séquence de "The Brink" montre l’idéologue emmenant avec lui Louis Aliot et Jérôme Rivière jusqu’à Washington afin qu’ils assistent, ensemble, aux élections américaines de mi-mandat de novembre 2018. Selon Paris Match, les rencontres restent régulières.

La relation est faite de réciprocités. Le 10 mars 2018, Steve Bannon avait été l'invité d'honneur du congrès du RN (alors nommé FN) à Lille. Devant des adhérents frontistes enthousiastes, il avait promis : "L’Histoire est de notre côté et nous propulsera de victoire en victoire". Judiciaires ?

Avec AFP

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