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Malgré les critiques, Viktor Orban reçu par son "icône" Donald Trump à Washington

Le président Donald Trump reçoit le Premier ministre Viktor Orban à la Maison Blanche, le 13 mai 2018.
Le président Donald Trump reçoit le Premier ministre Viktor Orban à la Maison Blanche, le 13 mai 2018. Mark Wilson, Getty images North america, AFP

Le Premier ministre de Hongrie Viktor Orban a rendu visite lundi au président américain Donald Trump. Une rencontre qui offre une tribune de choix au dirigeant hongrois, à moins de deux semaines des élections européennes.

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Le président américain Donald Trump a reçu, lundi 13 mai, à Washington, le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, l’un de ses rares soutiens revendiqués en Europe. En septembre, il était allé jusqu'à qualifier le locataire de la Maison Blanche d'"icône".

Donald Trump le lui rend bien. Il a salué à son tour le bilan du Premier ministre hongrois sur l'immigration. "Vous avez fait du bon travail et vous avez garanti la sécurité de votre pays", a déclaré le chef d'État américain. "Il est dur mais il est respecté", a poursuivi le locataire de la Maison Blanche à propos du dirigeant hongrois.

Une rupture avec les alliances traditionnelles

À moins de deux semaines d’élections européennes lors desquelles le camp populiste devrait réaliser une poussée, ce tête-à-tête avec le président des États-Unis, qui multiplie les piques contre l'Union européenne, peut servir de mégaphone au discours eurosceptique de Viktor Orban.

L'annonce de cette visite est intervenue le jour où le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, annulait à la dernière minute un déplacement à Berlin pour rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel.

Une ironie du calendrier que de nombreux observateurs ont vu comme emblématique de l'évolution des relations transatlantiques depuis l'élection du milliardaire républicain, accusé de préférer les hommes forts, voire les autocrates, aux dirigeants des démocraties occidentales, alliés traditionnels de Washington.

La proximité russe et "érosion" de la démocratie

Plusieurs voix se sont d'ailleurs élevées à Washington pour dénoncer la visite du chef du gouvernement hongrois, accusé de saper la démocratie dans son pays.

Il "n'a pas sa place dans le Bureau ovale", ont estimé Rob Berschinski, de l'organisation Human Rights First, et Hal Brands, de l'université Johns Hopkins. "Cela confirme une stratégie absolument menaçante pour la sécurité transatlantique", ont-ils ajouté dans une tribune publiée par le quotidien Washington Post.

En cause, notamment, la proximité croissante entre la Hongrie, membre de l'Otan, et la Russie. Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, avait d'ailleurs mis en garde Budapest contre ses liens avec Moscou lors d'une visite dans la capitale hongroise en février.

Plusieurs députés démocrates ont même appelé dans une lettre Donald Trump à renoncer à accueillir Viktor Orban, tant qu'il n'aura pas "remis son pays sur le chemin de la démocratie et des droits humains".

Un groupe d'influents sénateurs démocrates mais aussi républicains a exhorté l'hôte de la Maison Blanche, dans un autre courrier, à soulever lors de ses entretiens avec le dirigeant hongrois "l'érosion" de la démocratie dans son pays.

Prié de dire si la liberté de la presse et les droits humains seraient à l'ordre du jour de ce tête-à-tête, un haut responsable américain a éludé : "L'objet de cette rencontre est simplement de renforcer la relation stratégique entre pays alliés", "pas forcément de discuter de chaque sujet des relations bilatérales", a-t-il dit à des journalistes, assurant que ces dossiers avaient déjà été évoqués avec Budapest.

Avec AFP

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