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Face à Bolsonaro, le chef indigène Raoni cherche des soutiens en France

Raoni Metuktire reçu par le ministre français de l'Environnement, François de Rugy, à Paris, le 13 mai 2019.
Raoni Metuktire reçu par le ministre français de l'Environnement, François de Rugy, à Paris, le 13 mai 2019. Eric Feferberg, AFP

Plus de quatre mois après l’investiture de Jair Bolsonaro au Brésil, le chef indigène Raoni Metuktire a entamé, lundi, à Paris, une tournée européenne pour attirer l'attention sur la destruction de l’Amazonie. François de Rugy l'a accueilli.

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Le chef indigène brésilien, Raoni Metuktire, poursuit son combat. Mondialement connu pour son infatigable lutte contre la destruction de la forêt amazonienne, le chef indien a été reçu, lundi 13 mai, par le ministre français de l'Environnement, François de Rugy.

Cette série de rencontres pour le chef indien s'inscrit dans le cadre d'une tournée de trois semaines en Europe et intervient quelques mois à peine après l'arrivée à la présidence brésilienne en janvier 2019 de Jair Bolsonaro, fervent défenseur de l’exploitation de l’Amazonie au profit de l'industrie agroalimentaire et minière. Depuis son élection, les Indiens se sentent directement visés.

"Il nous compare à des animaux, mais pour qui se prend-t-il ? "

Ancien chef de la tribu Kayapo, Raoni Metuktire est un habitué des rencontres diplomatiques. En témoignent les nombreux clichés pris aux côtés de François Mitterrand, de Jacques Chirac, du prince Charles ou encore du pape Jean-Paul II, où on reconnait le célèbre chef à sa coiffe en plumes jaunes et son plateau labial. Il doit d'ailleurs s'entretenir avec Emmanuel Macron, jeudi.

Raoni Metuktire, aujourd’hui âgé de 87 ans, a acquis une notoriété internationale en effectuant dans les années 90 une tournée mondiale en compagnie du chanteur britannique Sting pour la protection de la réserve de Xingu. Situé au cœur de la forêt amazonienne, ce foyer de plusieurs communautés autochtones du Brésil est régulièrement menacé par l’exploitation forestière et les industries agroalimentaires.

Le chef indigène Raoni reçu par François Mitterrand à l'Élysée en 1989.
Le chef indigène Raoni reçu par François Mitterrand à l'Élysée en 1989. Yves Sieur, AFP

L’élection de Jair Bolsonaro n’a fait qu’accentuer ces inquiétudes. Pendant sa campagne et peu après son arrivée au pouvoir, le président d’extrême droite a déclaré qu'il reverrait la carte des réserves indigènes, les jugeant "surdimensionnées". "L'indigène ne peut pas rester confiné dans une zone délimitée comme s'il s'agissait d'un animal dans un zoo", avait-il alors estimé.

Une comparaison inacceptable aux yeux du chef Raoni, qui s’est exprimé peu avant son départ pour Paris au micro de France 2. "Il nous compare à des animaux, mais pour qui se prend-t-il ? Nous sommes des êtres humains, comme les Blancs. Le président Bolsonaro doit le comprendre. Si le Blanc continue à détruire l’Amazonie, le monde entier n’aura plus d’oxygène", alerte le symbole vivant des Kayapo.

La destruction de l’Amazonie repart à la hausse

La déforestation, qui avait pourtant baissé de manière spectaculaire en Amazonie de 2004 à 2012, est repartie à la hausse depuis et même de plus belle depuis 2019 avec 54 % de plus par rapport à l’année dernière, d'après l'ONG Imazon.

L’enjeu pour Raoni Metuktire est de protéger les limites de la réserve Xingu qui abrite les Raoni. Sachant que quelques heures à peine après son investiture, Jair Bolsonaro avait déjà fait publier un décret pour que le ministère de l’Agriculture reprenne la cartographie des terres autochtones brésiliennes, auparavant gérée par un organisme spécial.

Dans les années 90, la médiatisation de la tournée internationale du chef Raoni avait fait céder le président brésilien de l’époque José Sarney. Celui-ci avait fini par accepter un projet de démarcation du territoire des Kayapo, financé par les fonds récoltés par le chef indien durant son voyage aux côtés de Sting.

Cette fois encore, Raoni Metuktire cherche à récolter de l’argent qui servira à l'amélioration du marquage de la frontière de la vaste réserve de Xingu ainsi qu'à acheter des drones et d'autres équipements techniques pour en assurer la surveillance, a expliqué l'association Forêt Vierge dont le siège est à Paris et dont Raoni est le président honoraire.

Après son escale à Paris, il doit se rendre en Belgique, en Suisse, au Luxembourg, à Monaco et au festival de Cannes, mais aussi en Italie et au Vatican, où un entretien est prévu avec le pape, selon l’ONG. Médiatisation n’est toutefois pas synonyme de victoire. Il n’est pas certain que le président brésilien, élu notamment grâce au soutien du lobby agroalimentaire, soit sensible à la pression de l’opinion internationale, bien au contraire.

Avec AFP

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