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REPORTAGE

Européennes : Christiane Taubira au chevet d’une liste PS-Place publique en danger

Christiane Taubira, le 29 janvier 2016, sur le campus de NYU à New York.
Christiane Taubira, le 29 janvier 2016, sur le campus de NYU à New York. Jewel Samad, AFP

L’ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira a apporté son soutien, mercredi à Rouen, à la liste Place publique-Parti socialiste-Nouvelle Donne de Raphaël Glucksmann. Passée sous les 5 % dans certains sondages, celle-ci est en grand danger.

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L’aura d’une icône de la gauche suffira-t-elle pour créer un sursaut ? Mercredi 15 mai, dans la Halle aux Toiles de Rouen, Christiane Taubira a en tout cas offert un moment de campagne dont les socialistes avaient bien besoin. L’espace d’une soirée, on se serait cru revenu aux grandes heures du Parti socialiste. "La gueule de bois, c’est fini !", a d’ailleurs lancé au public l’ancienne garde des Sceaux. Et même si son discours tenait davantage de la méthode Coué que d’une analyse objective de l’état des forces politiques du pays, Christiane Taubira a au moins eu le mérite de remettre quelques étoiles dans les yeux d’un électorat en souffrance.

Il y a encore quelques semaines, Raphaël Glucksmann ambitionnait d’unifier la gauche pour les élections européennes. Désormais, sa liste Place publique-Parti socialiste-Nouvelle Donne n’est même plus certaine de passer la barre des 5 %, seuil minimum pour obtenir des élus au Parlement européen au soir du 26 mai.

Et l’essayiste le sait, il n’y aura pas de plan B pour sonner le rappel des troupes : impossible de trouver meilleur soutien que Christiane Taubira. À l’image de Koura, 34 ans, venue pour écouter une femme qu’elle admire pour "sa force, son courage, sa détermination et surtout son honnêteté", ils étaient nombreux à s’être déplacés pour voir cette égérie de la gauche en chair et en os.

"C’est quelqu’un de très important car c’est la ministre de la Justice qui a fait le mariage pour tous, d’une part, et puis c’est l’incarnation de la valeur morale, estime Marc, 33 ans. Elle a su partir au moment de la déchéance de nationalité. C’est quelque chose de très important. Ça a été une déchirure pour beaucoup et le fait qu’elle ait su prendre une position courageuse est important."

"Les campagnes sont des moments de grandes joies"

Mais le bonheur s’est fait attendre. Pendant plus de 90 minutes, Koura, Marc et tous les autres membres du fan-club de Christiane Taubira ont dû patienter et voir défiler de nombreux orateurs parler des thèmes chers à la gauche : lutte contre la corruption, féminisme, défense des libertés fondamentales, justice sociale, progrès humain, accueil digne des migrants, etc.

Puis l’ancienne ministre est montée sur scène pour prendre la parole, provoquant un tonnerre d’applaudissements. Dans un long discours d’une trentaine de minutes, entamé par des mots de Gabriel Garcia Marquez et conclu par une citation de René Char, Christiane Taubira a revisité l’histoire de la gauche et ses victoires sociales depuis 1789, enjoignant les militants à "faire face avec joie" aux "périls" du monde.

"Les campagnes sont des moments de grandes joies. Et cette joie habille aussi les réponses que nous construisons pour faire face à ces dangers", a-t-elle déclaré, assurant que "la convalescence" des socialistes était terminée.

"La gauche est tout sauf morte"

Son verbe, son charisme et sa force de persuasion ont alors fait illusion auprès du public qui a oublié pour un moment que cette campagne ne se déroulait pas en 1981, en 1988 ou en 2012, mais en 2019.

Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, peut regretter à raison que Christiane Taubira ait refusé de conduire sa liste pour les européennes. Avec elle, c’était l’union assurée. D’ailleurs, toute la gauche la convoitait : Yannick Jadot et Europe Écologie-Les Verts lui ont aussi proposé d’être tête de liste, tout comme Benoît Hamon et Génération.s. Mais Christiane Taubira a toujours refusé, préférant se tenir en retrait.

C’est donc Raphaël Glucksmann qui a pris la place. Quelqu’un qui "ne parle pas comme les autres mais qui sonne juste", a estimé Olivier Faure, sans que l’on sache si cette affirmation concernait aussi les propos de sa tête de liste sur le rôle de la France de François Mitterrand dans le génocide rwandais.

À onze jours du scrutin européen, et alors que le Parti socialiste court le risque de n’avoir aucun élu au Parlement européen, cette polémique est venue entacher la photo de famille. Mais pour le co-fondateur de Place publique, l’essentiel était ailleurs. Le meeting de Rouen a prouvé une chose, selon lui : "La gauche est tout sauf morte."

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