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Dans la presse

Etats-Unis : "25 hommes, blancs, mettent fin au droit à l'avortement en Alabama"

France 24

A la Une la presse, ce jeudi 16 mai, le vote, jugé très emblématique, des sénateurs de l’Alabama, d’adopter la législation la plus restrictive des États-Unis en matière d’avortement. Un droit dont sont toujours privées de nombreuses femmes dans le monde. Et des nouvelles (masculines) du Quai d’Orsay.

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On revient ce matin, dans la revue de presse, sur une décision jugée très emblématique, l’adoption, mardi, par le Sénat de l’Alabama de la loi sur l’avortement la plus restrictive des Etats-Unis.

Ce texte, qui criminalise l’avortement, quel que soit le stade de la grossesse et n’accepte pas d’exception en cas de viol ou d’inceste, prévoit que les médecins pratiquant l’avortement dans cet Etat du sud seront désormais passibles de 10 à 99 ans de prison, sauf en cas d’urgence vitale pour la mère ou d’anomalie létale du fœtus. Ainsi en ont décidé 25 sénateurs républicains de l’Alabama – des hommes, blancs, dans leur totalité, d’après The Guardian, qui annonce que cette loi va «toucher de façon disproportionnée, je cite, les femmes pauvres et noires, car elles ont davantage la probabilité de recourir à l’avortement et ont en revanche moins les moyens de pouvoir avorter dans un autre Etat». Au-delà de l’Alabama, rappelle The Washington Post, l’objectif du texte est de permettre aux anti-avortement de se retrouver devant la Cour suprême des Etats-Unis, pour que celle-ci mette enfin un terme à l’arrêt «Roe vs. Wade», un arrêt historique rendu en 1973, qui reconnaissait le droit des femmes américaines à avorter, tant que le fœtus n’est pas viable. Un enjeu considérable, donc, qui «galvanise» à la fois les anti-et les pro-avortement. Le quotidien annonce une «longue bataille» à venir, entre les deux camps.

Le vote des sénateurs de l’Alabama provoque un vrai mouvement de colère aux Etats-Unis. A l’image du mouvement «metoo», né dans le sillage de l’affaire Weinstein, cette interdiction de l’avortement en Alabama provoque une immense mobilisation sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter, où de nombreuses femmes, personnalités et anonymes se retrouvent sous le hashtag «YouKnowMe», «vous me connaissez», et témoignent de ce qu’a été pour elles leur avortement. D’après le Huffington Post, c’est l’actrice Busy Philipps, qui serait à l’origine du mot d’ordre – lancé dans un Tweet où la comédienne rappelait qu’une femme sur 4 a recours à l’avortement aux Etats-Unis et que, forcément, chaque citoyen américain connaît l’une d’entre elles.

C’est le principal argument des défenseurs du droit à l’avortement: son interdiction ne mettra pas un terme aux interruptions volontaires de grossesse. Non seulement leur interdiction ne stoppera pas les avortements, mais elle obligera les femmes à se mettre en danger pour interrompre leur grossesse, d’après Tom Toles, pour The Washington Post, qui dit aux femmes d’éviter, désormais, l’Alabama (dont les A sont remplacés par des cintres, symboles de l’avortements clandestin) - un Etat où les IVG se dérouleront désormais en toute illégalité. «Comme j’aimerais être n’importe où ailleurs», regrette la signataire de sa carte. Mais ailleurs aussi aux Etats-Unis, le droit à l’avortement recule, souligne Ann Taelnes, toujours pour The Washington Post, qui prend l’exemple du Mississipi, de l’Ohio et du Kentucky, trois Etats disposant également d’une législation extrêmement restrictive en la matière. Leurs nouvelles devises: «C’est comme au bon vieux temps», «là où les femmes sont des citoyennes de seconde zone», «l’Etat du patriarcat débridé».

Le droit à l’avortement, notent nos confrères de la RTBF, est loin d’être un acquis partout dans le monde. La télé belge rappelle que les Etats-Unis ne sont pas l’unique pays à restreindre les droits des femmes, loin de là – puisque de nombreuses nations, principalement en Afrique et en Amérique latine, restreignent fortement l’avortement, même si seuls une vingtaine d’entre eux dans le monde, l’interdisent totalement, selon l’OMS, qui confirme que «les lois restrictives en matière d’avortement n’en font pas baisser le nombre et le rendent dangereux». L’organisation mondiale de la santé cite notamment, pour ce qui est de son interdiction totale, le Nicaragua, Haïti, les Philippines, le Sénégal, le Gabon, le Congo, Madagascar et la Mauritanie. En Europe, recourir à l’avortement relève encore souvent du parcours de la combattante, comme en témoignent ces Nord-Irlandaises, qui choisissent de se rendre en Ecosse, où les interruptions de grossesse sont gratuites, plutôt que d’avorter chez elles. D’après The Times, la gratuité de l’avortement en Ecosse date de 2017 et a été mise en place par l’actuelle Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon.

Car les droits des femmes, c’est aussi leur représentation dans les sphères du pouvoir - et dans ce domaine, le ministère des Affaires étrangères français serait à la traîne. C’est ce qu’affirme Libération, qui en veut pour preuve la rotation des ambassadeurs. D’après le journal, plus d’un tiers des ambassades, 64 au total, vont changer de locataire avant l’été - un mercato historique, qui aurait pu servir de tremplin vers les postes les plus prestigieux pour les femmes. Hélas non, selon Libé, qui rapporte que la France ne comptait que 26% de femmes ambassadrices en 2018, et n’approchera que les 30% cette année. «Les femmes restent à quai», regrette le journal, en rappelant que le non-respect de la loi, qui impose 40% de femmes dans les primo-nominations, a valu au Quai d’Orsay d’énormes amendes en 2017 et 2018 - 1 million d’euros au total, que le ministère n’aurait toujours pas payé. Le portrait-robot de l’ambassadeur français en 2019? Vous l’aurez peut-être deviné: un homme, blanc, âgé de 55 ans… et énarque.

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