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Au Soudan, la mobilisation se poursuit après la suspension du dialogue

Des manifestants à Khartoum, le 16 mai 2019.
Des manifestants à Khartoum, le 16 mai 2019. Ashraf Shazly, AFP

Au Soudan, les militaires ont suspendu les négociations sur une transition politique. Si certains barrages routiers ont été levés, la mobilisation se poursuit dans le pays, notamment dans la capitale Khartoum.

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Les chefs du mouvement de contestation au Soudan ont qualifié jeudi 16 mai de "regrettable" la décision des militaires de suspendre pendant 72 heures les négociations sur une transition politique et affirmé leur intention de maintenir le sit-in de Khartoum.

Les deux parties devaient plancher mercredi soir sur la composition d'un Conseil souverain, organe clé de la transition vers un pouvoir civil.

Mais le Conseil militaire, au pouvoir depuis la destitution le 11 avril du président Omar el-Béchir, a décidé d'une pause, estimant qu'elle était nécessaire pour mettre fin à la dégradation de la situation sécuritaire dans la capitale, où les manifestants ont multiplié les barrages routiers.

Dans un discours diffusé à la télévision tôt jeudi, le chef du Conseil militaire, Abdel Fattah al-Burhan, a demandé le démantèlement des barrages routiers, l'ouverture de ponts et d'une ligne de chemin de fer ainsi que la fin des "provocations" à l'égard des forces de l'ordre.

Ces mesures sont essentielles pour préparer le terrain à un accord global sur la transition politique, a-t-il plaidé.

"Cette décision est regrettable", ont rétorqué les chefs de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, dans un communiqué jeudi.

Ils ont dit leur intention de maintenir "le sit-in face au QG des forces armées à Khartoum et à travers le pays".

L'armée s'est à plusieurs fois défendue de vouloir démanteler le principal sit-in de Khartoum, mais s'est plainte du fait que les manifestants bloquent également les routes environnantes.

Dès lundi, les généraux ont parlé de situation "inacceptable", dénonçant les entraves à la circulation qui favorise, selon eux, le chaos dans la capitale.

Routes rouvertes

Jeudi matin, plusieurs barrages ont été levés et la circulation a repris dans de nombreuses routes autour du sit-in principal de Khartoum, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les pourparlers ont permis des avancées majeures. Un accord a eu lieu sur la durée de la période de transition, fixée à trois ans, et sur une assemblée législative de 300 membres, dont les deux tiers seront contrôlés par l'ALC.

Mais les violences dans la capitale ont jeté une ombre sur ces progrès. Six personnes sont mortes lundi dans des heurts entre manifestants et forces de l'ordre, et huit autres ont été blessées mercredi dans les mêmes circonstances.

En quelques jours, l'armée a cessé d'afficher son optimisme et a montré son exaspération face à la pression de la rue.

Le général Burhane n'a toutefois pas fermé totalement la porte aux discussions, essentielles pour échafauder les institutions du Soudan de l'après Béchir, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant trois décennies.

Avec AFP

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