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Législatives en Australie : victoire "miracle" pour les conservateurs au pouvoir

Le Premier ministre Scott Morrison, sa femme Jenny et leurs enfants après la victoire des conservateurs aux élections législatives en Australie, le 18 mai 2019.
Le Premier ministre Scott Morrison, sa femme Jenny et leurs enfants après la victoire des conservateurs aux élections législatives en Australie, le 18 mai 2019. Saeed Khan, AFP

La coalition conservatrice du Premier ministre australien, Scott Morrison, a créé la surprise, samedi, en remportant la victoire aux législatives. Le leader travailliste Bill Shorten, donné favori, a reconnu sa défaite.

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Un "miracle" en Australie. Les conservateurs au pouvoir ont remporté, samedi 18 mai, une victoire aux élections législatives à la surprise générale. Le Premier ministre australien, Scott Morrison, s'est réjoui de ce résultat alors que les travaillistes, longtemps donnés favoris pour ce scrutin, ont reconnu leur défaite.

"J'ai toujours cru aux miracles. Comme l'Australie est formidable !", a lancé Scott Morrison à ses partisans réunis à Sydney, saluant les "Australiens silencieux".

On ignore toutefois si la coalition aura la majorité absolue, ou si elle devra aller courtiser des élus indépendants.

"Il est clair que le Parti travailliste ne sera pas en mesure de former le prochain gouvernement", a déclaré, quant à lui, le leader travailliste, Bill Shorten, devant ses partisans incrédules réunis à Melbourne. Il a annoncé qu'il démissionnerait de son poste de chef du parti et a appelé son rival "pour le féliciter".

"Le miracle de ScoMo"

Les dernières projections de la Commission électorale australienne indiquaient, dimanche, qu'il manquait cinq sièges à la coalition pour atteindre la barre des 76 nécessaires pour avoir la majorité absolue à la Chambre des représentants.

Selon les projections de la chaîne ABC, la coalition libérale-nationale obtiendrait 74 sièges, alors que cinq circonscriptions n'ont pas encore rendu leur verdict.

La tâche de Scott Morrison pourrait donc s'avérer compliquée car il se pourrait qu'il ait à demander le soutien des indépendants. Il devra probablement aussi marcher sur des œufs  au sein de son propre camp puisqu’il ne pourra se permettre aucune défection dans la coalition.

"Le miracle de ScoMo", titrait en "une" le Herald Sun en citant le surnom du Premier ministre de 51 ans, que certains qualifiaient déjà de "légende".

Désaveu retentissant pour les instituts de sondage

La coalition menée par le Premier ministre sortant, le libéral-conservateur et climatosceptique Scott Morrison, avait un peu plus tôt été donnée gagnante par la télévision publique ABC. La chaîne n'était toutefois pas en mesure de dire s'il serait en position de diriger un gouvernement majoritaire ou minoritaire.

Ces résultats sont une énorme surprise et un désaveu retentissant pour les instituts de sondage, qui avant le scrutin donnaient vainqueur, avec une légère avance, le travailliste Bill Shorten, sensible à la thématique environnementale.

Quelque 17 millions d'électeurs devaient choisir leurs représentants en Australie, où le vote est obligatoire.

Les premiers résultats montrent un électorat fracturé, avec de petits partis populistes et d'extrême droite en mesure de jouer un rôle. Comme celui de Clive Palmer, un millionnaire qui n'est pas sans rappeler Donald Trump avec son slogan "Make Australia Great", qui a dépensé sans compter et saturé l'espace médiatique.

Soutien des médias conservateurs de Rupert Murdoch

Le Premier ministre australien, qui avait pris le pouvoir en août après un "putsch" interne à son parti, revient de loin. Il s'est trouvé presque seul à défendre son bilan. Plusieurs de ses ministres ont refusé de s'impliquer quand d'autres ont été maintenus à distance pour ne pas desservir la cause.

Mais il a bénéficié du soutien des médias conservateurs du magnat Rupert Murdoch. Il s'est surtout adressé aux électeurs les plus âgés et aisés, inquiets des projets travaillistes de supprimer diverses niches fiscales pour financer des dépenses en faveur de l'éducation, de la santé et du climat.

Même si les derniers sondages laissaient entendre que son avance s'était réduite, Bill Shorten, un ancien syndicaliste, était donné favori pour devenir le sixième Premier ministre en une décennie. "Si le peuple australien votait pour arrêter le chaos et pour une action contre le changement climatique, nous serions prêts à nous mettre au travail dès demain", disait-il samedi matin en votant à Melbourne.

Quant à Scott Morrison, il s'était montré prudent, après avoir voté dans la banlieue de Sydney : "Je ne tiens pour acquis le soutien de personne dans ce pays."

Avec AFP

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