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Les Pays-Bas remportent l'Eurovision à l'issue d'une finale ponctuée de messages politiques

Le candidat néerlandais Duncan Laurence, grand gagnant de la 64e édition de l'Eurovision, à Tel Aviv le 18 mai 2019.
Le candidat néerlandais Duncan Laurence, grand gagnant de la 64e édition de l'Eurovision, à Tel Aviv le 18 mai 2019. Jack Guez, AFP

La 64e édition de l’Eurovision, organisée samedi, à Tel Aviv, a été remportée par le chanteur néerlandais Duncan Laurence avec la ballade "Arcade". Une finale qui n'aura pas échappé à la politique et au conflit israélo-palestinien.

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La victoire revient cette année aux Pays-Bas. Âgé de 25 ans et favori des pronostics, Duncan Laurence est le grand gagnant de la 64e édition de l’Eurovision, organisée samedi 18 mai, en Israël. Il a apporté à son pays sa première victoire depuis 44 ans avec une ballade, intitulée "Arcade", inspirée de la disparition d’un être cher. Les Pays-Bas n’avaient plus remporté le concours depuis 1975. Bilal Hassani, représentant la France, n’est arrivé qu’à la 14e place.

Appel à la tolérance

Relativement peu connu aux Pays-Bas avant d’être sélectionné pour représenter le pays à l’Eurovision, Duncan Laurence, qui a révélé sa bisexualité en 2016, profite de sa nouvelle notoriété pour appeler à la tolérance. Il affirme que son amour de la musique lui a servi de refuge pour surmonter des moments difficiles lors de son enfance passée dans une petite ville et durant laquelle il était estampillé par certains comme le "mini-sosie d’Harry Potter."

"Mon rêve s’est réalisé, il s’est vraiment réalisé" a-t-il réagi à l’issue des résultats. "Je pense que le plus important est bien sûr de rester fidèle à soi-même (…), même si vous avez une sexualité différente (…), acceptez-vous les uns les autres au lieu de juger, c’est le plus important" a ajouté celui dont la prestation a été qualifiée de "sublime et puissante" par le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte.

Arrivé troisième du vote du jury de professionnels, le titre de Duncan Laurence a fait la différence grâce aux suffrages des téléspectateurs.

Controverses

La finale de la 64e édition du concours musical européen, qui s'est tenue à Tel Aviv, aura été rutilante et tapageuse, n’échappant pas à la politique et au conflit-israélien. En dépit des règles de la compétition – résolument apolitique – et dans la lignée des appels au boycott de la part des défenseurs des Palestiniens, l'événement n’a pas échappé à la controverse.

Appelée à boycotter la finale durant laquelle elle était invitée à se produire – ce qu’elle avait refusé -, la star de la pop, Madonna, âgée aujourd’hui de 60 ans, a présenté un medley de ses plus grands tubes au cours duquel deux de ses danseurs ont arboré, dans leur dos, des drapeaux israélien et palestinien dans ce qui ressemblait à un message de fraternité.

"Nous ne devons jamais sous-estimer le pouvoir qu’a la musique pour rassembler les gens" avait déclaré, avant de se produire, celle dont une grande partie de sa brève apparition est réglée, selon la presse locale, par le milliardaire israélo-canadien Sylvan Adams.

On ignore si elle était au courant du fait que certains de ses danseurs arboreraient ces drapeaux, mais selon l’Union européenne de Radio-télévision (UER), organisatrice, la référence politique faite par les danseurs de Madonna ne figurait pas dans les répétitions.

Message politique également du côté des candidats islandais. Le groupe Hatari, connu pour leur opposition déclarée à l’occupation des Territoires palestiniens, ont déployé leurs banderoles aux couleurs palestiniennes au moment des résultats, provoquant des sifflets dans le public.  Des agissements qui "contreviennent directement" aux règles du concours, et dont les "conséquences seront discutées" par la direction de la compétition, a réagi l’UER.

Nouvelle désillusion pour la France

La France, représentée par Bilal Hassani, devenu, dans l’Hexagone, une égérie queer avec sa perruque blonde et son look androgyne, n’arrive qu’à la 14e place du classement avec le titre "Roi".

Cet appel à l’acceptation de soi, interprétée sur scène aux côtés de deux danseuses victimes de discrimination – l’une pour ses formes, l’autre pour sa surdité – n’aura pas obtenu le succès escompté. La France n’a plus remporté l’Eurovision depuis "L’Oiseau et l’Enfant", interprété par Marie Myriam en 1977.

Profanation

Tel-Aviv, réputée pour sa vie nocturne animée, représentait une destination appropriée pour accueillir ce sommet d'extravagance musicale et télévisuelle, peut-être le plus grand évènement culturel profane jamais organisé dans le pays.

Après la victoire de sa candidate, Netta Barzilaï en 2018, le choix de la ville ne s'était pas imposé comme une évidence. Des personnalités politiques, comme la ministre de droite de la Culture Miri Regev préféraient Jérusalem, pour des raisons politiques.

D'éminents rabbins ultra-orthodoxes israéliens avaient appelé à prier pour dénoncer la "profanation" que constituait, selon eux, la tenue du concours de l'Eurovision durant shabbat, le jour sacré de repos hebdomadaire juif.

Avec AFP

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