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En Algérie, étudiants et enseignants dans la rue contre "un État militaire"

Des étudiants face aux forces de l'ordre dans les rues d'Alger, mardi 21 mai.
Des étudiants face aux forces de l'ordre dans les rues d'Alger, mardi 21 mai. Ramzi Boudina, Reuters

Étudiants et enseignants ont manifesté mardi 21 mai en Algérie contre la tenue le 4 juillet de l'élection présidentielle, soutenue par le chef d'état-major de l'armée qui a mis en garde la contestation contre les auteurs de "plans pernicieux".

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"Pas d'élections, bande de mafieux", "un État civil, pas un État militaire". Étudiants et enseignants ont manifesté mardi 21 mai à Alger, Oran et Constantine pour s'opposer à la tenue le 4 juillet de l'élection présidentielle. Plusieurs slogans ont visé directement le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, appelé à "dégager" ou qualifié de "traître".

À Alger, un fort déploiement policier a empêché les manifestants de se rassembler sur le parvis de la Grande Poste, point de ralliement de la contestation dans le centre de la capitale, et de se diriger vers l'Assemblée nationale et le tribunal, étapes prévues du cortège. Les étudiants se sont donc rendus devant le Palais du gouvernement, siège des services du Premier ministre et du ministère de l'Intérieur, bouclé par les forces de l'ordre.

Devant le bâtiment, de brèves échauffourées ont éclaté entre étudiants et policiers, qui ont fait usage de matraques et gaz lacrymogène. Les manifestants ont finalement fait demi-tour et ont défilé jusqu'en milieu d'après-midi dans les rues du centre d'Alger, selon un journaliste de l'AFP.

12h45 un noyau d’étudiants reste présent rue Abdelkrim Khettabinon loin de la Grande Poste #Alger pic.twitter.com/hYlyDszUeC

  Khaled Drareni(@khaleddrareni) 21 mai 2019

Devenu de facto l'homme fort du pays depuis la démission le 2 avril du président Abdelaziz Bouteflika après 20 ans au pouvoir, sous les pressions de la rue et de l'armée, le général Gaïd Salah a appelé les Algériens à faire corps avec l'armée pour empêcher l'"infiltration" du mouvement de contestation dont l'Algérie est le théâtre depuis le 22 février.

Le peuple algérien se doit "de faire preuve d'une extrême vigilance, de s'unir avec son armée et de ne pas permettre aux instigateurs de plans pernicieux de s'infiltrer dans les rangs du peuple", a estimé le général Gaïd Salah dans ce deuxième discours prononcé en deux jours, lors d'une visite sur le terrain.

La veille, il avait à nouveau opposé une fin de non-recevoir aux deux principales revendications du mouvement de contestation, en demandant la tenue de la présidentielle le 4 juillet pour élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika et en estimant "irraisonnable" et "dangereux" la revendication d'un départ préalable des personnalités du "système" au pouvoir, dont il fait lui-même partie.

La tenue du scrutin empêchera un "vide constitutionnel" porteur de "dangers (...) aux conséquences désastreuses", avait-il estimé en mettant déjà en garde contre "l'infiltration" d'individus "ayant des plans suspects" et qui "utilisent les manifestations (...) pour transmettre certaines revendications irrationnelles" telles que le départ des "symboles du système".

Avec AFP

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