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De la Californie à New York, des manifestations pour préserver le droit à l'avortement

Des manifestants défilant le 21 mai à New York pour s'opposer à l'interdiction d'avorter dans certains États américains.
Des manifestants défilant le 21 mai à New York pour s'opposer à l'interdiction d'avorter dans certains États américains. Jeenah Moon, Reuters

Dans plusieurs États américains, dont l'Alabama et la Géorgie, des citoyens ont manifesté mardi pour défendre le droit à l'avortement, interdit depuis peu dans plusieurs États conservateurs.

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Quarante-six ans ans après sa validation par la Cour suprême des États-Unis, des Américains ont manifesté, mardi 21 mai, pour défendre le droit à l'avortement. Celui-ci est attaqué frontalement par plusieurs États conservateurs.

Plus d'un millier de personnes se sont réunies devant le bâtiment de la Cour suprême à Washington pour dénoncer les lois d'une quinzaine d'États, dont l'Alabama et la Géorgie, interdisant ou limitant drastiquement l'accès aux interruptions volontaires de grossesse (IVG).

"Furieuse et déçue"

Critiquant "une guerre contre les femmes", les manifestants – dont de nombreux élus démocrates – ont imploré le temple du droit de ne pas céder à cette offensive inédite. "Il faut que la Cour suprême respecte Roe v. Wade", a déclaré Judy Gelber, 61 ans, en référence à l'arrêt historique de 1973 qui a légalisé le droit des femmes à avorter.

Mais "je suis très inquiète", a ajouté cette mère de deux enfants, confiant à l'AFP avoir avorté dans sa jeunesse. "Je ne sais pas comment j'aurais fait si cela n'avait pas été légal." C'est une "catastrophe", a renchéri Robin Pereira, 23 ans, "furieuse et déçue" mais "pas surprise". "Après l'élection de Donald Trump, on savait qu'ils grignoteraient nos libertés dans le domaine de la reproduction", a-t-elle poursuivi.

Pendant sa campagne, le milliardaire républicain a conquis la droite religieuse en promettant de nommer à la Cour suprême des juges hostiles aux IVG. Depuis son élection, il y a fait entrer deux magistrats. Galvanisés par la nouvelle majorité conservatrice de la Cour (cinq juges sur neuf), plusieurs États sont passés à l'offensive.

"Nous allons nous battre"

L'Alabama a ainsi promulgué une loi qui assimile l'avortement à un homicide et prévoit des peines pouvant aller jusqu'à 99 ans de prison pour les médecins, sans exception en cas de viol ou d'inceste.

Le Kentucky et le Mississippi, parmi d'autres, ont interdit l'avortement dès que les battements du cœur du fœtus peuvent être détectés, tandis que le Missouri a interdit cette semaine l'IVG à partir de huit semaines de grossesse.

Le sujet devrait occuper une place importante dans la campagne présidentielle de 2020. Deux tiers des Américains pensent que l'avortement doit être légal, selon une étude de l'institut Pew Center réalisée en 2018.

"Nous ne reviendrons pas en arrière"

Plusieurs candidats à la primaire démocrate, dont Amy Klobuchar, Cory Booker et Pete Buttigieg, sont montés sur l'estrade à Washington. "Nous allons nous battre" pour "ces droits humains de base", a promis l'une de ces prétendantes, la sénatrice Kirsten Gillibrand.

D'autres rassemblements ont eu lieu dans les États de Californie et de New York, en pointe pour l'accès à l'avortement. "Nous ne reviendrons pas en arrière", a déclaré Lindsey Horvath, maire par intérim de West Hollywood, lors d'une manifestation dans sa ville. La veille, son équipe a interdit tout contrat municipal avec des États ayant adopté des mesures anti-avortement.

À Atlanta, la principale ville de la Géorgie, environ 200 personnes ont protesté contre l'adoption d'une loi dite du "battement de cœur du fœtus", déployant une énorme banderole devant le capitole de l'État qui se concluait par les mots : "Nous allons gagner".

Avec AFP

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