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REPORTAGE

François-Xavier Bellamy, la tête de liste qui redonne espoir aux Républicains

François-Xavier Bellamy le 15 mai 2019, lors d'un meeting à Paris.
François-Xavier Bellamy le 15 mai 2019, lors d'un meeting à Paris. Geoffroy Van der Hasselt, AFP

En meeting mardi soir à Lyon, le leader des Républicains pour les européennes a affirmé que sa famille politique avait "de grandes raisons d'espérer". À cinq jours du scrutin, la droite française semble ravivée par François-Xavier Bellamy.

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Qui l'eût cru ? Le choix de Laurent Wauquiez, en janvier dernier, de faire de François-Xavier Bellamy la tête de liste Les Républicains pour les élections européennes avait suscité des critiques, des interrogations et du scepticisme au sein de la droite. Quatre mois plus tard, le jeune professeur de philosophie de 33 ans a démontré que le patron de LR avait eu raison de lui confier cette mission.

La liste menée par François-Xavier Bellamy a peu de chances d'arriver en tête du scrutin européen au soir du 26 mai, les sondages lui prédisant plutôt une troisième place derrière La République en marche et le Rassemblement national. Mais pour Les Républicains, l'enjeu est ailleurs : s'approcher des 15 % aux européennes, deux ans après l'élimination de François Fillon au premier tour de l'élection présidentielle, serait en effet vécu comme un succès, ou en tout cas comme le signe que la droite française est toujours en vie.

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"L'espérance, c'est le travail de celui qui voit les difficultés mais qui va au bout de la nuit pour trouver une nouvelle aurore", a lancé François-Xavier Bellamy, mardi 21 mai, au public présent à l'Astroballe de Villeurbanne, dans la banlieue de Lyon. Une citation de l'écrivain Georges Bernanos qui lui va bien. Car en acceptant il y a quatre mois de porter les couleurs de LR aux européennes, le maire-adjoint de Versailles avait bien conscience de la tâche qui l'attendait.

Divisés par le ralliement, au printemps 2017, de plusieurs de ses cadres – Édouard Philippe, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu notamment – à Emmanuel Macron, affaiblis par les départs d'Alain Juppé ou de Xavier Bertrand, minés par les critiques internes visant Laurent Wauquiez, Les Républicains étaient alors en plein doute.

Un style qui dénote dans le paysage politique

"On a eu un grand trou d'air après la traîtrise de certains élus", reconnaît Thierry, un militant de 70 ans présent au meeting mardi soir, interrogé par France 24. "Aujourd'hui, Laurent Wauquiez reconstruit petit à petit le parti. Ce n'est pas facile. Au mois de janvier, tout le monde disait que François-Xavier Bellamy n'était pas assez connu. Aujourd'hui, il y a 2 000 personnes enthousiastes dans cette salle. C'est quelqu'un d'absolument formidable."

Une campagne de terrain et quelques meetings auront suffi à François-Xavier Bellamy pour changer la donne et faire oublier son image d'ultraconservateur opposé personnellement à l'avortement.

Il faut dire que son style dénote dans le paysage politique. En bon jeune homme issu d'une bonne famille, c'est d'abord quelqu'un de bien élevé et de respectueux. Cela s'est vu lors des débats télévisés : la tête de liste LR n'a jamais été dans l'invective face à ses adversaires politiques et s'est toujours placée sur le débat d'idées. Avec lui, pas de petites phrases.

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En meeting, François-Xavier Bellamy ne cherche pas à haranguer les foules. Il parle d'une voix calme, douce et a parfois des airs de prêcheur. Comme il a l'habitude de le faire lors de ses conférences philosophiques, le candidat aux européennes sait se montrer pédagogue. Mardi soir, pour critiquer les choix faits par l'Union européenne dans la mondialisation, il a pris le temps d'expliquer à son audience le principe de la réciprocité dans l'ouverture des marchés publics. Personne n'a semblé décrocher.

"C'est le futur de la droite"

Mais surtout, François-Xavier Bellamy colle parfaitement à cet électorat de droite attaché aux valeurs traditionnelles et à la transmission, qu'elle soit culturelle, religieuse ou identitaire. "L'Europe, c'est une civilisation, il faut redire qui nous sommes", a ainsi affirmé à Villeurbanne l'auteur de l'essai "Les déshérités" (éd. Plon).

Face à lui, le public, conquis, donne l'impression de vouloir le suivre. "C'est la première fois depuis longtemps qu'on a quelqu'un qui développe une vraie vision pour la France", témoigne Édouard, 46 ans, qui avoue être "sous le charme". "Ses mots, ce ne sont pas des slogans publicitaires. Il explique sa pensée de façon articulée, construite, on sent que c'est sincère. C'est le futur de la droite."

Une adhésion qui se traduit dans les sondages. Alors que les chiffres du début d'année n'accordaient à LR qu'environ 10 % des intentions de vote pour les européennes, celles-ci approchent désormais les 15 %. Petit à petit, Les Républicains récupèrent les électeurs qui avaient voté pour François Fillon en 2017. "Nous avons de grandes raisons d'espérer", a assuré François-Xavier Bellamy. Reste à savoir si le nouveau chouchou de la droite sera capable d'élargir ce socle dans l'avenir.

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